rendez-vous-avec-l'heure- qui-blesse (© DR)

Professeur de philosophie en Lorraine et chroniqueur littéraire, Gaston-Paul Effa est un écrivain prolixe, il est l’auteur de quatorze romans. Contrairement à ses précédents livres, il a choisi de ne pas parler de lui mais de se glisser dans la peau de Raphaël Elizé. Un nom qui évoque peut-être quelque chose à certains. Et pour cause, Raphaël Elizé est un homme politique français. Petit-fils d’esclaves de Martinique, il a été l’un des premiers maires noirs d’une commune de la France métropolitaine (de Sablé-sur-Sarthe plus exactement). Le roman historique ne commence pas au Lamentin en Martinique où est né Raphaël Elizé mais le jour de son arrestation par la Gestapo en automne 1943. La narration prend la forme d’un journal intime aux accents dramatiques. Lui qui a fui la Martinique avec sa famille, la veille de l’éruption de la montagne Pelé, débarque à Paris. La vie est dure. Mais il poursuit ses études à Lyon et devient finalement vétérinaire. Il s’installe alors à Sablé-sur-Sarthe. Avec son épouse, ils sont la seule et unique famille noire de la ville. A force d’audace et de discernement, il parvient à se faire accepter par la population. Les habitants lui ouvrent leurs portes, jusqu’à le porter à la tête de la ville. Mais la guerre arrive et le gouvernement de Vichy le révoque de ses fonctions. Il entre alors en résistance. Résistant, il le sera jusqu’à sa mort le 9 février 1945 à Buchenwald, jour du bombardement du camp par les alliés. « Bon Dieu, qu’ils nous tuent tous et que la terre soit débarrassée de ces sauvages ».