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À Remiremont et ses alentours, l’année sera ponctuée d’événements festifs et historiques qui célébreront dans un esprit populaire le 14e centenaire de la fondation de l’abbaye du Saint-Mont, acte de naissance de la Belle des Vosges.

Il contemple la cité romarimontaine de ses 672 mètres de hauteur, mais aussi de ses 1400 ans d’histoire : le Saint-Mont, davantage qu’un symbole religieux avec la présence de son ancien monastère, est celui de la fondation de la ville en 620. L’Office de Tourisme Remiremont-Plombières-les-Bains et la Communauté de Communes de la Porte des Vosges méridionales ont choisi de célébrer son 14e centenaire en imaginant, durant toute l’année 2020, une cinquantaine de rendez-vous. L’objectif : rassembler les passionnés d’histoire et de culture mais aussi le grand public. « Nous sommes très sensibles à l’histoire du territoire mais aussi et surtout à l’envie d’organiser des événements festifs et fédérateurs » explique Bernard Visse, coordinateur de la manifestation.

La valeur historique et archéologique du Saint-Mont, où ont eu lieu de nombreuses fouilles, sera mise en avant par des conférences et des expositions. Des ateliers, des concerts de toutes esthétiques, des moments religieux ou encore des marches sont prévus, ainsi qu’une grande journée festive le 1er juin, dans l’esprit de la fête des Kyriolès, avec l’idée d’y associer la population (voir page ci-contre). « Les associations, les communes et leurs habitants sont conviés à être partie prenante de ces moments, note Bernard Visse. Nous souhaitons nous adresser à tous tout en étant ambitieux ». Une création théâtrale ou encore un Salon du livre font partie des grands projets de cette année.

Associant histoire et territoire, l’événement sera aussi une célébration de l’identité féminine. Celle des chanoinesses, premières résidentes des lieux, mais aussi plus largement lors de la Journée Internationale de la Femme le 8 mars à Saint-Amé. Celle-ci se tiendra sous la figure tutélaire de la sociologue Evelyne Sullerot, généreuse donatrice qui a permis à la commune d’acquérir le site du Saint-Mont, et proposera un concert d’un ensemble féminin issu de l’École Intercommunale de Musique. Cette année, exceptionnelle pour Remiremont et une dizaine de communes avoisinantes, est amenée à s’enrichir de nouvelles dates et collaborations sous le signe du plaisir, de l’échange et de la découverte.

Sur toute l’année 2020 à Remiremont et alentour
www.saint-mont-1400ans.fr

De 620 à nos jours…

Le Saint-Mont, nommé mont Habend (du nom du pays d’Habend, littéralement « pays de l’eau ») jusqu’au XIIIe siècle, a vraisemblablement abrité un noyau de population avant le VIIe siècle. Mais c’est à cette période, aux environs de 620, qu’il accueille un monastère qui mènera à la naissance de la ville de Remiremont. Fondé par les moines Amé, originaire de Saint-Maurice à Agaune en Suisse, et Romaric, noble à la cour de Metz, c’est un monastère de jeunes filles, les chanoinesses, chapeautées par une petite communauté de clercs. C’est lorsqu’il est transféré en 818 au bas du promontoire, au lieu occupé désormais par la ville de Remiremont, que débute le peuplement du territoire.

Refuge lors d’invasions pour protéger religieuses et reliques, le Saint-Mont accueillera en 1060 des chanoines pour devenir prieuré. Pendant toute la période du XIIe au XVIIIe siècle, de nombreux pèlerins viennent prier sur le tombeau de Sainte-Claire, troisième abbesse du monastère. Après la suppression des ordres religieux en 1790, le lieu est laissé à l’abandon avant qu’une chapelle y soit à nouveau édifiée en 1850. Dès 1965 débutent des fouilles archéologiques menées par des passionnés du territoire, dont les résultats éveilleront l’intérêt des universitaires. Depuis 1983, un programme de recherche sur les bâtiments monastiques y a été mis en place par le Ministère de la Culture.