© Nic Aluf, Sophie Taeuber-Arp avec tête Dada, Zurich, 1920

Le Centre Pompidou-Metz propose avec Couples modernes une exposition riche et ambitieuse, qui nous entraîne au cœur du catalyseur créatif que constitue le couple dans l’histoire de l’art moderne.

Relecture de l’art par le prisme du couple, conventionnel ou subversif, Couples modernes est aussi un véritable panorama de l’art dans la première moitié du XXsiècle : peintres, sculpteurs, photographes, poètes, musiciens, danseurs, architectes et designers peuplent une exposition qui se déploie sur deux niveaux.

Dès la première partie, Rythme et liberté, une œuvre et une époque se réinventent : celles de Dada, où Hannah Höch et Raoul Haussmann inventent le photomontage, tandis que Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, sculpteuse de Têtes Dada, signent le double-portrait La Symétrie Pathétique. Quant à Natalia Gontcharova et Mikhaïl Larionov, ils fondent le rayonnisme, qui préfigurera l’abstraction en Russie. Dans la partie Espace partagé, maisons et ateliers deviennent autant de foyers propices à l’épanouissement : la Villa E1027 de Jean Badovici et Eileen Gray, le cottage du Bloomsbury group, la boutique d’Emilie Flöge, compagne de Klimt, produiront de nouvelles façons de penser les espaces et les surfaces.

« L’amour est à réinventer » clamait Rimbaud : c’est le credo de la troisième partie de Couples modernes. Picasso expérimente via la photographie et l’image de Dora Maar, Claude Cahun et Marcel Moore brouillent les pistes entre masculin et féminin, les compagnes d’André Breton s’invitent dans la naissance du surréalisme, Man Ray et Lee Miller se mêlent dans des collages et photomontages sulfureux… Les réinterprétations bucoliques de Kandinsky et Gabriele Münter, nées de leurs voyages, ou l’influence de la peinture, du corps, de l’identité de Georgia O’Keefe pour le photographe Alfred Stieglitz viennent illustrer Nature illuminée, dernière partie contemplative et introspective.

Ici, l’art du couple moderne est une succession d’utopies en partie réalisées : des espaces mixtes en réinvention permanente où naissent des idées passionnées et sans concessions.

Jusqu’au 20 août au Centre Pompidou-Metz
www.centrepompidou-metz.fr