L’Âge d’or© DTR

La réduction dans la musique contemporaine servira d’engrais au prochain festival rainy days, programmé à la Philharmonie Luxembourg du 22 novembre au 1er décembre. Ou comment démontrer que la restriction peut se révéler fructueuse à travers 18 concerts, installations et performances qui nourriront la réflexion.

Il y aura matière à réflexion au mois de novembre à la Philharmonie Luxembourg. Pour la 18e année consécutive, le festival de musique nouvelle rainy days prendra ses quartiers sur les bords de l’Alzette. Après une édition 2018 dédiée aux traces du réel dans la musique contemporaine, 2019 sera placée sous le signe du minimalisme et de son potentiel artistique. C’est en tout cas la volonté affichée par l’institution luxembourgeoise, qui a concocté un programme mêlant concerts, performances et autres conférences… Durant 10 jours, l’essentiel mobilisera l’attention et les débats, sous plusieurs angles, pour faire valoir son utilité. Les projets mis de l’avant visent tous le même objectif : démontrer que la restriction peut se révéler fructueuse sur le plan créatif.

On pourra, par exemple, en avoir la preuve le 29 novembre (19h, Grand Auditorium), au cours d’une soirée où l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg [placé sous la direction de l’Israélien Ilan Volkov] et le percussionniste autrichien Christoph Sietzen donneront vie, en avant-première, à la nouvelle pièce du grand compositeur Georg Friedrich Hass, intitulée Konzert für Klangwerk und Orchester. Le même jour, dans le Salon PhilaPhil cette fois, les discussions iront bon train sur le thème du festival. Des musicologues apporteront leur éclairage via des conférences et des tables rondes où se succèderont les expériences les plus variées dans le domaine du minimalisme sonore, comme par exemple le silence dans la musique expérimentale.

Le lendemain, la sobriété se matérialisera avec un duo assez rare sur scène, dans le cadre d’un récital baptisé A Touche-Tout (15h, salle de musique de chambre ). Le piano de Florian Hölscher unira ses notes à celle de l’accordéon de son épouse Anne-Maria. Le couple allemand jouera deux œuvres composées par Fabien Lévy et Enno Poppe, qui se sont entièrement consacrés aux 136 touches et 3 claviers des deux instruments.

Mentionnons également le rendez-vous du 23 novembre (20h, Grand Auditorium), qui mariera musique et 7e art. Le ciné-concert prévu ce soir-là sera axé autour du film surréaliste L’Age d’or, qui avait provoqué un scandale à sa sortie en France en 1930. Les Percussions de Strasbourg, ainsi que le pianiste Dimitri Vassilakis, interprèteront la musique composée par Martin Matalon en 2002 pour accompagner cette œuvre anticléricale et antibourgeoise réalisée par Luis Buñuel et coscénarisée par Salvador Dali.

Le festival rainy days s’achèvera avec un bal contemporain, animé cette année par les musiciens et musiciennes de l’orchestre de chambre autrichien Klangforum Wien (19h30, Espace Découverte). On pourra l’entendre un peu plus tôt dans la journée, dans le cadre du projet Happiness Machine (lire ci-dessous).

Festival rainy days
du 22 novembre au 1er décembre
à la Philharmonie Luxembourg. 
www.philharmonie.lu

Regards de femmes

@DR

À quel point le modèle économique actuel affecte-t-il nos vies et notre droit au bonheur ? Cette question est au cœur du projet Happiness Machine, fruit d’une double collaboration autrichienne entre l’orchestre Klangforum Wien et le festival Tricky Women, le seul consacré à l’animation au féminin. Placé sous la direction de Konstantia Gourzi, ce programme de courts-métrages met en lumière le travail de 10 réalisatrices venues de toute l’Europe, dont les films d’animation sont mis en musique par autant de compositrices. Elles apportent leur regard sur l’économie de l’intérêt général, à travers des interprétations variées qui vont du documentaire au conte de fée, en passant par la satire. C’est à la fois drôle, poétique, ludique et plein de fantaisie. Assurément un rendez-vous qui invitera le public à la réflexion. Celle qui est proposée ici questionne le monde dans lequel on vit et l’appréhende sous un regard nouveau, en livrant quelques recettes propices à l’épanouissement.

Dimanche 1er décembre, à 17h, dans le Grand Auditorium