Après son virevoltant et élégant duo avec le guitariste Nelson Veras sur le bien-nommé Prélude, la trompettiste jazz Airelle Besson forme un nouveau quartet avec Benjamin Moussay au piano, clavier et Fender Rhodes, Fabrice Moreau à la batterie et la chanteuse suédoise Isabel Sörling. Radio one est le prolongement, attendu par la jazzosphère, d’une année 2015 qui a tout de la consécration pour la jeune musicienne, avec le prix Django Reinhardt du meilleur musicien de l’année, et une Victoire du jazz catégorie révélation.

On retrouve le jeu aérien et subtil d’Airelle Besson, qui se garde bien, à l’inverse de nombreux trompettistes, d’éclater en première ligne. Elle fait de cet instrument physique, très masculin, un souffle délicat, pur, clair qui accompagne et se confond volontiers avec la voix d’Isabel Sörling, en un dialogue envoûtant. Véritable « soft leader », Airelle Besson privilégie une approche ludique et ouverte, laissant Benjamin Moussay habiller le son du groupe de mélodies multiples, et Fabrice Moreau rythmer cet album alternant entre nappes paisibles et instants plus enlevés, portés par les attaques incisives dont est capable notre trompettiste de luxe. L’excellent choix de la chanteuse scandinave, qui apporte sa sensibilité particulière, amène une nuance supplémentaire à ce projet instantanément séduisant.

Une bonne intelligence est à la barre de Radio one : harmonieux et homogène, plutôt sage tout en sachant s’autoriser quelques fantaisies, surtout vocales (Radio one, Candy parties), feeling indiscutable… L’excellente élève Airelle Besson a concrétisé les espoirs placés en elle avec toute l’aisance et la finesse propres à son jeu. Elle livre un album décisif, l’un des plus riches et des plus agréables en France en 2016.