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En octroyant à la culture une enveloppe de 2 milliards d’euros et se montrant rassurant quant à la mise en œuvre rapide des aides financières, Jean Castex, le Premier ministre, a rassuré les acteurs culturels. Après des mois d’incertitudes et parfois d’inactivité totale, une majorité de structures peuvent à nouveau accueillir du public. Mais sous certaines conditions, la Covid-19 donnant le tempo. Précisions et réactions d’acteurs culturels lorrains.

La culture se relance. L’État débloque plus de 600 millions d’euros en aides directes pour soutenir les acteurs culturels. Il faut que l’argent soit rapidement disponible car bon nombre de structures sont en grosses difficultés. Pour les acteurs comme pour le public, le retour à la « normale », n’est pas pour tout de suite.

« Je dis aux Françaises et aux Français d’aller au cinéma, au théâtre. On va rendre le port du masque systématique. Dans le plan de relance, la culture bénéficiera d’une dotation exceptionnelle de deux milliards d’euros. » En faisant cette annonce, le 26 août dernier, Jean Castex, a quelque peu rassuré les professionnels du spectacle en grosse difficulté après des mois de fermeture, de fonctionnement au ralenti et d’incertitudes. Deux jours plus tard, le Premier ministre a reçu les professionnels du spectacle vivant (concert, théâtre, cabaret, danse…) pour les écouter et leur apporter des précisions.

Et s’il reste encore des points à éclaircir et des questions sans réponses, bien entendu, force est de constater que les nouvelles sont bonnes. Pour le spectacle vivant, la perte de chiffre d’affaires est estimée à 2,3 milliards d’euros, depuis mars 2020. De nombreuses salles sont au bord de la faillite d’où l’importance d’aller vite.432 millions d’euros sont attribués au secteur, privé et public confondu ainsi que 165 millions destinés plus spécifiquement au cinéma. S’y ajoutent encore 100 millions d’euros destinée à un fonds de compensation. Il pourra être sollicité par les salles qui enregistreraient une fréquentation trop faible et joueraient à perte. Ces sommes composent une aide directe. Autrement dit, elle vient s’ajouter à l’ensemble des mesures d’aides déjà mobilisées comme les exonérations de charges, les prêts de l’État ou le chômage partiel, par exemple. « Après des mois d’inquiétudes et d’incertitudes, nous avons enfin entendu des choses positives », confirme Malika Séguineau, la responsable du Syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacles (Prodiss).

Dans le détail, le spectacle vivant public, autrement dit les structures bénéficiant des aides financières de l’État, des Régions ou bien encore des collectivités locales, s’est vu accorder une enveloppe de 200 millions d’euros. En ce qui concerne le privé, c’est 220 millions d’euros dont 210 pour la musique, via le Centre National de la Musique (CNM) et 10 millions pour le théâtre. Une aide spécifique de 12 millions est également débloquée pour l’emploi et la création. Jean Castex a aussi demandé aux professionnels de créer, dès début septembre, un comité avec la direction du Centre National de la Musique (CMN) afin que l’argent soit distribué au plus vite aux entreprises en difficulté.

Elles sont nombreuses. Les différents professionnels ont fait leur compte. Les cinémas auraient ainsi perdu près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires au cours des derniers mois. Pour le spectacle vivant, la perte de chiffre d’affaires est estimée à 2,3 milliards d’euros, depuis mars 2020. De nombreuses salles sont au bord de la faillite d’où l’importance d’aller vite. Il faut comprendre que certaines structures, notamment les petites salles de concerts ou le public est debout, sont à l’arrêt total depuis des mois. Il importe de permettre aux professionnels d’alléger leurs dettes mais également de leur donner des moyens de renflouer leur trésorerie afin d’investir dans leur programmation pour recommencer à travailler, après des mois de reports, d’annulations et d’incertitudes qui font que bon nombre de manifestations envisagées dans les prochains mois, sont toujours en « suspens ».

D’oxygène et de visibilité, les artistes et les techniciens en ont eux-aussi besoin. Le report de leurs droits d’intermittents Les Préfets conservent la possibilité d’interdire certains événements avec moins de 5 000 personnes s’ils le jugent nécessaire.jusqu’en 2021 leur permet de tenir le coup, plus ou moins bien, mais la précarité est lancinante. Sans compter le fait que le contact avec le public manque. Bonne nouvelle en la matière, les artistes comme les lieux de spectacles manquent aussi au public. « Aller voir son artiste ou son groupe favori en concert, partager un moment unique en festival, vivre l’émotion d’une pièce de théâtre ou se divertir à un spectacle de cabaret. L’absence des spectacles, partout en France, se traduit par un manque pour 8 Français sur 10 », soulignait le Prodiss dans son « baromètre » de juillet.

Pour se faire plaisir, le public devra « systématiquement » porter un masque dans les théâtres et autres salles de spectacle, au cinéma, y compris durant le film, la représentation ou le concert. En contrepartie, les mesures de distanciation sociale sont abandonnées (les sièges vides), sauf dans les zones où la circulation du virus est active. Dans ces zones, le port du masque s’ajoute à la distanciation. La jauge des 5 000 personnes restera également en vigueur jusqu’à la fin du mois d’octobre. Mais Jean Castex a précisé qu’il ne sera plus possible à l’autorité préfectorale d’y déroger dans les départements rouges, autrement dit dans les territoires où il y a une forte circulation virale. Fin août une vingtaine de départements étaient concernés et leur nombre avait tendance à augmenter. Les Préfets conservent la possibilité d’interdire certains événements avec moins de 5 000 personnes s’ils le jugent nécessaire. Comprendre que le retour à la « normale » n’est pas pour tout de suite et ce, tout particulièrement pour les festivals et les concerts « debout ». Le festival Mécleuves Terre de blues qui devait se tenir les 4 et 5 septembre a ainsi été annulé par la préfecture de la Moselle pour non-respect du protocole sanitaire alors que les organisateurs avaient pris des précautions. Bref, la crise sanitaire n’est pas terminée et c’est elle qui donne le tempo.


Patrick Thil, Adjoint à la Culture de la Ville de Metz : « J’invite tout le monde à se rendre au théâtre, à visiter les expos. »

« Il faudra patienter un peu pour organiser de grands concerts sur nos belles grandes places mais mon ambition est d’impulser des évènements culturels qui s’adressent à tous. Il y en aura pour tous les goûts. Dans l’immédiat, les grands sites culturels de la ville et de la Métropole recommencent tout doucement à s’animer, je pense notamment au Centre Pompidou-Metz qui accueille l’exposition consacrée à Yves Klein ou bien encore au Conservatoire et l’Ecole de musique du Sablon qui s’apprêtent à faire une belle rentrée avec 3 000 élèves accueillis. Au sein de ces deux établissements, je suis également ravi de l’évolution du dispositif Démos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale) qui consiste à créer un orchestre constitué d’enfants âgés de 7 à 12 ans ne disposant pas, pour des raisons économiques, sociales et culturelles, d’un accès aisé à la pratique de la musique ‘classique’.

De nombreux projets sont lancés ou prévus. Nous allons nous attacher à rénover et réorganiser la Basilique Sant-Vincent, désacralisée depuis 2012, afin de la transformer en un site qui pourra accueillir des concerts ou bien encore des expositions. Des investissements sont également envisagés pour l’Opéra-Théâtre dont la rénovation a commencé, afin de réhabiliter les loges, la fosse et même la grande salle pour lui redonner son cachet 18e.

Dans des registres différents, comme le maire de Metz François Grosdidier l’a promis, nous planchons sur la gratuité du Musée de la Cour d’or afin que les Messins se réapproprient l’endroit. La gratuité pourrait permettre de multiplier la fréquentation par 5 ou 10, c’est en tout cas ce que démontrent les expérimentations réalisées dans d’autres musées, en Europe. L’ambition est de parvenir à ce que le public ait le réflexe de visiter régulièrement la Cour d’or, pour profiter des lieux, même s’il ne dispose que d’une petite heure.

Nous accompagnons également les compagnies de théâtre et de danse pour faire en sorte qu’elles gagnent en confort de travail et en visibilité, à Metz, mais également à l’échelon du territoire de la Métropole. L’ambition est d’initier un ‘théâtre de tréteaux’ pour que ces compagnies puissent aller à la rencontre du public.

Comme je l’indiquais précédemment, les projets sont multiples mais il nous faut, bien entendu, composer avec la crise sanitaire. Sanitaire et économique, également, car, pour avancer sur tous ces sujets, nous aurons besoin du soutien de la Région et de l’État. Si ce dernier se veut rassurant, avec l’annonce du Premier ministre concernant l’enveloppe dédiée à la culture, il est certain que si le PIB recule de 8 à 10%, cela aura un impact sur les recettes fiscales et donc les budgets 2021, notamment dédiés à la Culture et au Patrimoine. Le public a son rôle à jouer pour supporter la culture. J’invite tout le monde à se rendre au théâtre, à visiter les expos. »


Emmanuelle Duchesne, Secrétaire générale du CDN – La Manufacture, à Nancy (54) : « Nous sommes confiants  »

« Tout au long de l’été, nous avons continué à accueillir du public en respectant, bien évidemment, les règles sanitaires. Certains de nos spectacles ont également tourné, d’autres ont été annulés, ou décalés ce qui fait que la saison à venir s’annonce très dense. La billetterie a ouvert ses portes mi-août, le public est au rendez-vous et les abonnements se vendent. Un peu moins que l’an dernier à la même époque, mais nous avons sorti notre brochure papier plus tardivement qu’à l’accoutumée, faute de visibilité. Nous sommes donc confiants surtout que les annonces du Premier ministre concernant la culture vont dans le bon sens. Nous devrions pouvoir respirer un peu. Nous avions composé avec des jauges réduites, si nous disposons finalement de plus de places, c’est assurément un gros plus. Surtout que sur certains spectacles, nous avons beaucoup de demandes. Nous allons pouvoir accueillir davantage de public, mais également les élèves et les collégiens, les compagnies et les artistes, dans de bonnes conditions sanitaires. La convivialité qui fait partie à part entière d’une soirée au spectacle, va également pouvoir à nouveau s’exprimer plus largement. Cette saison est aussi toute particulière car, après dix ans passés à la tête du CDN – La Manufacture, Michel Didym va quitter ses fonctions dans quelques mois. Il avait à cœur de terminer différents projets avant son départ. Si la situation sanitaire ne se dégrade pas, il en aura l’opportunité. »


Jean Deloche, Directeur de L’ACB Scène Nationale à Bar-le-Duc (55) : « On voudrait revivre  »

« Nous avons eu un été très actif consacré à de l’administratif, du rangement mais également à l’organisation de spectacles et rendez-vous comme les « clins d’œil d’été », trois spectacles en un, au parc de l’hôtel de ville de Bar-le-Duc, le 19 juillet. Nous avons également accueilli des compagnies pour leur permettre de répéter. Le théâtre a servi. Bien entendu, nous avons aussi consacré du temps à la préparation de la nouvelle saison qui débutera le 22 septembre avec la pièce On voudrait revivre, tout un symbole surtout que ce spectacle était initialement programmé le 13 mars et a dû être annulée à la dernière minute. Sur le plan financier, on devrait s’en sortir. Nous avons remboursé certaines compagnies mais de nombreux spectacles ont été tout simplement reportés. Le public a également joué le jeu en la matière. La saison à venir s’annonce donc bien. Il y a des incertitudes, bien évidemment, nous ne sommes pas à l’abri de passer en zone rouge, par exemple, mais le fait de pouvoir compter sur une jauge complète, est positif. Tous les spectateurs devront être masqués et nous prendrons des dispositions pour la sécurité de tous mais nous ferons en sorte que cela reste convivial et confortable. Je ne suis pas inquiet sur ce point, les gens sont informés et ont pris des habitudes. Au registre des petites nouveautés, nous avons fait évoluer nos abonnements pour plus de souplesse et de facilité. Ceux qui le désirent ont notamment la possibilité de prendre des places sans forcément préciser, tout de suite, pour quels spectacles. »


Emmanuel Paysant, Directeur de La Souris Verte, Scène de Musiques Actuelles à Épinal (88) : « Il faut nous réinventer »

«  Ces derniers mois ont été éprouvants compte tenu des décisions prises en direction des établissements comme le nôtre mais aussi, et surtout, sur l’absence d’information quant à l’avenir. Depuis peu, un cadre s’est précisé. Il a l’avantage de préciser les choses même si pour les petites structures accueillant du public debout, cela reste compliqué. Nous devons revoir notre programmation. Nous nous activons afin d’organiser des concerts en extérieur durant l’automne ainsi que quelques concerts assis, quand la musique le permet, en partenariat avec des salles qui s’y prêtent. Le contexte n’est pas reluisant mais nous continuons à aller de l’avant. Nous allons mettre à profit le temps libéré par la réduction du nombre de nos concerts pour nous concentrer sur les autres projets que nous avons initié avant même la crise sanitaire : développer notre offre numérique, notamment en ce qui concerne la captation d’évènements à la Souris Verte et ailleurs, conforter notre position de centre de ressources pour la musique, développer notre accompagnement des pratiques amateurs, réactiver le mécénat… Il faut nous réinventer. Nous n’avons pas le choix. Ces derniers mois ont également été compliquées sur le plan financier avec des recettes en baisse. Et comme nous sommes une structure publique, nous n’avons pas accès à différentes aides. Nous espérons que la commune sera en mesure de continuer à nous aider, les collectivités devant elles aussi composer avec des recettes en baisse. Quant aux deux milliards destinés à la culture, c’est une bonne nouvelle mais attendons de voir comment les choses évoluent et, surtout, mises en œuvre. »


Emmanuelle Cuttitta, Directrice et programmatrice du Gueulard Plus, Scène de Musiques Actuelles à Nilvange (57) : « La période du confinement a révélé combien l’Homme a besoin de sociabilité et de culture »

« Notre activité a été à l’arrêt total de mi-mars à mi-juin. Depuis le 15 juin, nous proposons des répétitions à raison d’un groupe par jour par studio et des résidences artistiques afin, entre autres, d’aider les groupes à se remettre en route après plusieurs mois sans concerts ou encore à adapter leur scénographie. Les jauges en debout étant toujours interdites, nous ne pouvons mener notre activité de concerts, notre programmation est à majorité rock, musiques du monde, reggae… Elle est donc incompatible avec le Coronavirus.

Sur le plan financier, notre lieu ne perçoit aucune recettes (ou quasi) depuis le 6 mars 2020, date de notre dernier concert. Nous avons pu maintenir les emplois grâce aux subventions. Le Gueulard Plus a soutenu les intermittents de spectacles, les auto-entrepreneurs et les productions artistiques en versant les salaires et en payant les prestations non réalisées de mi-mars à juin, grâce notamment à la levée de la clause du service fait. Il était essentiel pour nous de ne pas laisser fermer le lieu mais bien au contraire, de mettre en œuvre des actions culturelles et une programmation pour permettre au public de renouer avec les rencontres artistiques et générer du lien social si nécessaire pour le bien-être de tous. Le 23 juin, l’émotion était à son comble entre des artistes très émus de jouer devant un public, le public nous remerciant chaleureusement d’avoir organisé ce concert et notre équipe, fébrile, en réouvrant les portes de notre salle de concert. Cela a conforté notre idée de travailler sur de nouvelles formes de diffusion et de soutenir les artistes émergents.

Nous mettons en œuvre, dès cet automne, une expérimentation de diffusion numérique en complément de notre programmation en présentiel. Malgré les difficultés et la crainte de devoir composer avec la surabondance de propositions artistiques et des programmes culturels très denses (embouteillages artistiques) nous nous activons pour trouver des solutions pour maintenir l’ouverture de notre lieu, faire vivre les équipes artistiques et continuer à vibrer ensemble. Bref, pour retrouver l’ambiance d’une salle de concert ! La période du confinement a révélé combien l’Homme a besoin de sociabilité et de culture. Je suis ravie de voir que la culture soit prise en compte par le Gouvernement mais il faut que les aides soient vite débloquées. »


Chiara Parisi, Directrice du Centre Pompidou-Metz (57) : « La programmation conçue pour l’année 2020 a été maintenue. »

« Fermé le 13 mars en raison de la pandémie, le Centre Pompidou-Metz a été l’une des toutes premières institutions nationales à rouvrir ses portes dès le 12 juin dernier. Dans cette logique, nous avons construit et mis en œuvre un protocole de retour des publics – et en amont des équipes – dans le respect des nouvelles manières d’être ensemble afin d’assurer une vie collective garantissant la sécurité de tous (circulation des espaces, réservation de billets horodatés, jauges limitées et contrôlées…). Les visiteurs ont d’ailleurs témoigné un véritable désir du Centre, de ses expositions, de son architecture, de son idée de médiation et transmission, ainsi que de ses ateliers créatifs. Nous avons enregistré une augmentation de la fréquentation tout au long de l’été : 300 visiteurs par jour se rendaient dans les galeries d’exposition à sa réouverture, 800 en fin juin pour atteindre entre 900 et 1000 visiteurs quotidiens ces dernières semaines. Nous en sommes très heureux. La programmation conçue pour l’année 2020 a été maintenue. Les expositions en cours reçoivent un très bel accueil, notamment Le ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains visible jusqu’au 1er février 2021 qui donne à voir ou à redécouvrir une constellation d’artistes, européens et japonais, et les liens qu’ils ont entretenus avec la figure incontournable d’Yves Klein. La prochaine exposition Chagall. Le passeur de lumière ouvrira ses portes le 21 novembre 2020 et explorera l’importance de la lumière et du vitrail dans l’œuvre de l’artiste Marc Chagall. Aerodream. Architecture, design et structures gonflables, 1950-2020, une exposition surprenante qui aborde l’histoire méconnue des gonflables dans l’architecture et le design, est quant à elle décalée au 30 janvier 2021. Rien n’a été annulé, tout a pu être maintenu. Nous travaillons, dans le temps, sur l’année 2021 et l’avenir à moyen et court terme. Le futur sera tendu mais le public est là et l’importance du Centre une réalité. Nous remercions sincèrement nos publics pour la confiance qu’ils nous ont accordée dans cette période singulière, mais également nos partenaires, nos adhérents et amis d’avoir été les premiers à nous soutenir par leur présence dès la réouverture. Nous sommes fiers de pouvoir proposer à nos visiteurs lorrains, à nos voisins et amis frontaliers un lieu convivial, accueillant, ouvert à tous. Le Centre Pompidou-Metz a accueilli dimanche 9 août dernier son 4 millionième visiteur depuis son ouverture le 12 mai 2010. »