L’ancienne ministre de la Culture et députée de Moselle, Aurélie Filippetti, provoque quelques remous dans la sphère socialiste lorraine. Si elle n’est pas seule à jouer les frondeuses dans les rangs roses, nombreux sont les socialistes locaux qui cherchent à s’en démarquer autant que possible.
Dominique Gros

Dominique Gros, maire de Metz : « Lorsqu’on est dans une majorité, on la suit » (© DR)

En Lorraine, où les échecs aux dernières élections européennes et municipales des socialistes ont été cuisants, les divisions médiatisées au sein du parti commencent à irriter quelques édiles. L’abstention de l’ex-ministre et d’Hervé Féron, député-maire de Tomblaine, lors du vote du volet recettes du budget 2015, et leur rapprochement avec Laurent Kalinowski, député-maire de Forbach et Paola Zanetti, députée de Moselle, ont provoqué un regain de tension. Ainsi, Michel Liebgott, député-maire de Fameck, tance-t-il vertement l’élue quant à son absence de ligne politique et émet de sérieuses critiques à l’encontre de son manifeste « besoin de publicité ». Dominique Gros, maire de Metz où Aurélie Filippetti dispose d’un siège au conseil municipal, estime que « lorsqu’on est dans une majorité, on la suit » (source : Républicain Lorrain). Jean-Pierre Liouville, secrétaire de la fédération du Parti Socialiste de Moselle, se demande, pour sa part, si la frondeuse a encore sa place au sein du parti. Dans un communiqué du PS mosellan, la fédération précise que « si un parlementaire a, par nature, des comptes à rendre à ses électeurs, il en doit également aux militants qui l’ont désigné pour porter les couleurs et les valeurs de ce Parti ». La Mosellane Aurélie Filippetti et le Meurthe-et-Mosellan Hervé Féron paraissent donc bien isolés. Ce d’autant plus qu’ils se sont de nouveau distingués de leurs confrères socialistes lorrains en s’abstenant tous deux de voter le 28 octobre en faveur du budget 2015 de la Sécurité sociale. Le maire de Tomblaine estime que ce budget ne correspond pas à une politique de gauche. La ministre démissionnaire quant à elle, répète à l’envi qu’elle n’a « de leçons à recevoir de personne » sauf de ses électeurs.