La pandémie s’accompagne d’une crise économique et financière qui ne fait que commencer. Les seigneurs de l’argent n’ont jamais manqué d’imagination pour se réinventer…

L’argent n’a pas d’odeur mais il a des visages. Dans ce livre, Guillaume Maujean qui a été journaliste pendant vingt ans, notamment au journal Les Échos où il était rédacteur en chef pour la finance et les marchés, lève le voile sur une vingtaine de figures de l’argent, sur ses seigneurs qui le sont pour de bonnes comme de mauvaises raisons. On y apprend que John Pierpont Morgan a arrêté la première grande crise financière en enfermant les banquiers de Wall Street dans sa bibliothèque. On y croise Jacob Fugger, un financier allemand qui porta Charles Quint au pouvoir en faisant livrer des brouettes remplies d’or et qui est considéré comme ayant été l’homme le plus riche du monde. On y découvre Blythe Masters, la femme qui inventa les « armes de destruction financière » qui ont joué un grand rôle dans la crise des subprimes. À l’heure où l’économie mondiale tourne au ralenti et que certains experts prédisent déjà une catastrophe financière, cet ouvrage rappelle que la finance mondiale n’est pas qu’une affaire de data et d’algorithmes. Alors que l’économie de demain devrait se réinventer, pour être sociale et écologique, il souligne aussi (même si ce n’est pas la priorité de l’auteur), que tous les « banquiers » ne sont pas forcément des adeptes d’un capitalisme sans foi ni loi. Muhammad Yunus, l’économiste et Prix Nobel de la paix 2006, fait notamment partie de ces seigneurs racontés par Guillaume Maujean.

Les seigneurs de l’argent, Des Médicis au bitcoin
par Guillaume Maujean. Éd. Tallandier