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La deuxième ville du Portugal (après Lisbonne) est aussi agréable à vivre qu’à découvrir. Elle est à l’image de ses habitants, authentique et hospitalière, et continue de faire saliver les touristes avec sa gastronomie riche et son patrimoine historique, dont les principaux trésors sont concentrés dans le quartier emblématique de la Ribeira.

Il flotte comme une ambiance décalée à Porto. La deuxième ville du Portugal détend. C’est comme ça. Une habitude. Mieux : un art de vivre. L’hospitalité de ses habitants – les Portuenses – renforce cette agréable impression de légèreté. On se croirait un peu à la maison, ou chez des amis de longue date, d’autant qu’il n’est pas rare d’être accueilli ou renseigné dans la langue de Molière.

Porto ne laisse pas indifférent, et ce n’est pas sa gastronomie riche, aux fragrances marines très prononcées (ah, les sardines grillées !), qui écornera le sentiment affectif ressenti dans cette agglomération du Nord-Ouest. Quel que soit son budget, on trouvera matière à se pourlécher de plats divers, sans omettre de tremper ses lèvres dans un des excellents vins cultivés les long du fleuve Douro, qui serpente entre les vignobles de la région, ou du vinho verde bien frais. Un classique ! On pourra par exemple s’arrêter au restaurant Adega Mercearia Bebe Se Mal, réputé pour ses menus abordables et son ambiance typique et chaleureuse. Parmi les spécialités culinaires de la cité, il faut mentionner les tripes, ou encore les Francesinhas (petites françaises en portugais), que l’on trouve un peu partout, considérées comme une des références en matière de sandwichs. Une sorte de croque-monsieur amélioré constitué de plusieurs viandes et surmonté de fromage et d’un œuf sur le plat, le tout accompagné de frites et d’une sauce à base de tomate, de bière et de piment ! Un détour par le grand marché du Bolhão – condensé de terroir et d’authenticité – est aussi à conseiller, pour un apéro à base de charcuterie locale notamment.

Si l’on mange bien à Porto, on ne s’ennuie pas non plus. La ville fourmille d’activités pour se fondre dans le rythme. Entre autres une mini-croisière sur le Douro, à bord des pittoresques barcos rabelos, ces anciens bateaux qui transportaient le vin à Porto. Une façon de découvrir autrement les beautés de ce cours d’eau, ainsi que les nombreux ponts qui le traversent. Le plus célèbre d’entre eux, le pont Dom Luis I, permet de rallier Villa Nova de Gaia (à pied ou en bus), où sommeille le célèbre vin de Porto dans des caves que l’on peut visiter. En été, cet édifice imposant (300 mètres de long pour 70 de haut) est le théâtre de plongeons spectaculaires réalisés par de jeunes casse-cou, qui s’élancent du tablier inférieur.

Sur un plan architectural, Porto n’a pas à rougir, et il faut aller flâner dans les rues médiévales de son centre historique, la Ribeira (lire ci-dessous), pour s’en convaincre. Ce quartier phare concentre l’essentiel des joyaux de la ville, comme la gare São Bento, avec son immense fresque en céramique (20 000 azulejos au total) retraçant des scènes de la vie quotidienne et de l’histoire locale. Pour en prendre plein les yeux, on peut aussi monter les 240 marches de la tour des Clercs, synonyme de vue imprenable sur Porto, ou faire une halte dans la célèbre librairie Lello, une des plus belles de la planète. Nombreux sont les touristes à la prendre d’assaut pour immortaliser son majestueux décor, en particulier son escalier central, qui a inspiré l’auteure de la mythique saga Harry Potter. L’émerveillement sera également au rendez-vous au Café Majestic. Un des plus beaux du Portugal, qui a ouvert ses portes en 1921. Une fois à l’intérieur, il faut se rendre à l’évidence : rarement une pause café n’aura été aussi agréable et la tentation de faire durer le plaisir aussi grande !


La Ribeira cœur et âme de Porto

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Si vous voulez entendre battre le pouls de Porto, il n’y a pas meilleur endroit que la Ribeira. Ce quartier emblématique, où s’entremêlent petits commerces et restaurants pittoresques, a conservé le charme typique des lieux qui ont l’air d’avoir échappé au temps. Les ondulations du linge suspendu aux balcons appartiennent aux images de carte postale, de même que les hautes maisons colorées aux façades ornées d’azulejos (carreaux en céramique), caractéristiques du Portugal. Ou encore les conversations improvisées à l’ombre de ruelles médiévales débouchant sur le fleuve Douro, prétexte à de nombreuses balades en bateau.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996, ce centre historique perché sur une colline abrite la majeure partie des plus beaux monuments de la ville, dont le Palais de la Bourse (1842), très prisé des touristes. Mais aussi la gare São Bento, la tour des Clercs, la cathédrale, ou encore l’église de São Francisco, dont l’opulence intérieure, avec son bois sculpté recouvert d’or, est un vrai régal pour les yeux ! Il ne faut pas oublier le pont Dom Louis I, construit en 1886, dont la dentelle de fer n’est pas sans rappeler une célèbre dame de Paris. Rien d’étonnant quand on sait que son créateur, Théophile Seyrig, fut un disciple et un associé de Gustave Eiffel. Cet ouvrage d’orfèvre relie le centre historique à Villa Nova de Gaia, où vieillissent en caves les tonneaux du célèbre Porto, dont les vignes sont situées près de Peso da Régua, à une centaine de kilomètres de là.