© Christian DRESSE

Le ténor messin Florian Laconi s’est glissé dans la peau de quelques-uns des personnages les plus célèbres de l’opéra, leur prêtant sa voix et sa personnalité. Aujourd’hui, il présente Chiaro di Luna, un projet revisitant airs d’opéra et chants traditionnels auprès de deux guitaristes.

Florian Laconi est un amoureux de théâtre, de cinéma et de musique qui est pour ainsi dire passé des Beatles à Don José… avec quelques étapes intermédiaires tout de même. De ses jeunes années à Jarny, en Meurthe-et-Moselle, où ses parents écoutaient de la pop anglaise mais aussi Brassens et Jean Ferrat, il a conservé l’amour des mots et de la langue. « Je suis fier de défendre le répertoire français à l’étranger, surtout en tant que petit-fils d’immigré italien » déclare celui qui confie avec amusement qu’on lui a parfois dit « il y a du soleil et du cuivre dans ta voix » ! A 17 ans, après quelques années sur les planches au théâtre, il a l’occasion de faire de la figuration à l’Opéra de Metz pour une représentation de Carmen de Bizet : c’est la révélation. « L’opéra permettait d’allier théâtre et chant, j’ai pris des cours et on a vu en moi des prédispositions. Je me demandais encore : « y ai-je droit ? » car à l’époque c’était un univers qui me paraissait inaccessible. » Après un passage au Conservatoire de Metz il prend la direction de Paris et suit des cours de chant auprès de Michèle Command, Gabriel Bacquier et Christian Jean, professionnels reconnus et remarquables pédagogues.

Le lorrain fait ses débuts en tant que soliste en interprétant le rôle-titre du Faust de Gounod, un peu grisé par son impatience au risque même de se casser la voix avec « un rôle qui était alors trop lourd pour moi. » Il enchaîne les seconds et troisièmes rôles, une période « très instructive » où il apprend aux côtés de grands chanteurs et chefs d’orchestre. Puis viennent les premiers rôles et les  événements d’ampleur : Mireille de Gounod à l’Opéra de Toulon et aux Chorégies d’Orange, Manon de Massenet à l’Opéra d’Avignon et le Carmen de Bizet à l’Opéra de Massy où il interprète Don José, un personnage auquel il est particulièrement attaché. « Les ténors jouent souvent les jeunes premiers romantiques, or j’aime beaucoup Roméo mais je préfère les personnages torturés, car il y a davantage de matière à travailler sur ce type de rôles. » En bon comédien de formation, il tient à cœur à Florian Laconi d’habiter ses personnages et de ne pas se cantonner à n’être qu’une jolie voix ou « un perroquet ». « Une belle voix c’est bien mais ce n’est pas primordial, il existe de grands interprètes qui sont miraculeux même s’ils n’ont pas une voix parfaite. Il faut du sentiment, de la compréhension : l’importance du mot, de la situation est ce qui m’importe. Je vis mon rôle comme ma musique. »

Aujourd’hui, il s’investit dans un projet inédit : Chiaro di Luna, imaginé avec son épouse au sein de leur propre société de production. Florian Laconi s’associe à deux guitaristes classiques, Hany Heshmat et Josip Dragnic, pour revisiter airs d’opéra et mélodies méditerranéennes, chansons traditionnelles grecques, corses, napolitaines ou françaises. « Je voulais que le mélange entre opéra et chanson traditionnelle ne se voit pas. Je peux trouver des couleurs et des sonorités qui peuvent donner un coté intimiste aux airs d’opéra » explique celui qui, plus jeune, s’accompagnait à la guitare pour chanter les classiques de la chanson populaire. Après les premiers showcases en appartement arrive la première date officielle au Théâtre des Halles à Avignon, fin octobre. Puis ce sera la grande salle du NEC à Marly : une expérience pour Florian Laconi qui ne doute pas pouvoir transmettre avec Chiaro di Luna toute l’émotion et la passion qui le nourrissent depuis toujours.

Chiaro di Luna, le 23 novembre à 20h30 au NEC de Marly
www.lenecmarly.fr
www.florianlaconi.com