L’enfance est au cœur d’une exposition qui débutera le 4 mai aux Archives départementales de la Meuse à Bar-le-Duc. De l’évolution de la place de l’enfant dans la société à son apprentissage de la vie en famille ou en collectivité, en passant par sa protection, cette exposition revient sur les progrès accomplis au fil du temps.

Expo-Enfance-Meuse (© DR)L’enfance n’a pas toujours été un rouage essentiel de notre société. C’est le message transmis par l’exposition programmée du 4 mai au 6 août aux Archives départementales de la Meuse.

L’exposition aborde différents aspects liés à cette thématique, que ce ce soit le rapport de l’adulte à l’enfant, les conditions de sa venue au monde, ou encore sa protection à travers ses droits et l’assistance institutionnelle. Vaste et intéressant programme donc que celui proposé par l’établissement de la rue d’Aulnois à Bar-le-Duc. Sur place, des panneaux explicatifs, Longtemps considéré comme une ressource économique, l’enfant devra son salut à l’apparition de l’école obligatoire. mais aussi de nombreux documents d’archives, ou encore des objets et des œuvres de toutes sortes, permettent de replonger dans différentes périodes comme l’Ancien Régime par exemple, où l’on quittait l’enfance vers 7 ans, parfois 14, pour entrer dans le monde des adultes ! Un cocktail d’animations et d’activités (conférences, ateliers et visites) a été concocté en parallèle pour s’amuser, apprendre, mais aussi réfléchir. Des sujets comme la place des enfants dans l’industrie, l’abandon (une pratique courante jusqu’au début du 20ème siècle), ou encore les droits qui lui sont accordés en France et dans le monde, seront abordés.

La première partie de l’expo gravite autour de la question « qu’est-ce qu’un enfant ? » Elle mérite d’autant plus d’être posée qu’il faudra attendre le début du 20ème siècle pour que la sensibilité envers lui se généralise dans toutes les couches de la société. On commencera alors à l’idéaliser et le sacraliser, à travers notamment la publicité et les valeurs patriotiques.

Parmi les thèmes abordés par cette exposition fort instructive, il y a la naissance, cantonnée au domicile jusqu’aux années 1950, avec pour corollaire un taux de mortalité plus élevé que de nos jours au moment de l’accouchement, faute d’hygiène et malgré un enseignement théorique et clinique en progrès constant depuis le 18ème siècle. On apprend aussi que la cellule familiale n’a servi de terreau à l’éducation qu’à partir du 18ème siècle. La religion a elle aussi joué un rôle important dans ce domaine, grâce à l’enseignement, à la catéchèse et les différents sacrements qui jalonnent la vie de l’enfant.

Autre chapitre évoqué, et non des moindres : la protection infantile et maternelle. Longtemps considéré comme une ressource économique, l’enfant devra son salut à l’apparition de l’école obligatoire, qui permettra de lutter contre le travail précoce. Des mesures judiciaires seront également adoptées pour protéger les mineurs contre la violence psychologique ou physique, tandis que dans le secteur médical, la vaccination et l’apparition de la puériculture, entre autres, apporteront leur écot à l’amélioration du bien-être des plus petits.

Du 4 mai au 6 août
Aux Archives départementales de la Meuse à Bar-le-Duc / Entrée libre
Renseignements et réservations au 03 29 79 01 89


AUTOUR DE L’EXPOSITION

Différentes animations auront lieu en marge de cette exposition prévue pour durer trois mois. Parmi elles, une conférence portant sur la colonie de Naumoncel. Le jeudi 4 juin, à 18h30, Daniel Labarthe ramènera ses auditeurs dans les années 1850, plus précisément dans les colonies agricoles pénitentiaires, qui avaient une vocation éducative et répressive. Dans la Meuse, la maison de rééducation basée à Senon a accueilli des délinquants de 1856 à 1882.
Dans un registre plus léger, des visites contées et musicales ont été programmées plusieurs dimanches. Ces rendez-vous réunissant une conteuse, un musicien et un guide permettront de découvrir des éléments de l’exposition sous un autre angle. Mapie Caburet sera accompagnée d’une violoncelliste-altiste le 31 mai et d’un guitariste multi-instrumentiste le 26 juillet. Des visites commentées pour les groupes sont également offertes (minimum de 10 personnes), sur réservation. Une activité originale et à la carte. Avis aux amateurs !