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Ville sous-estimée, Plovdiv a pourtant beaucoup à offrir à ses visiteurs. La capitale européenne de la culture 2019 (titre qu’elle partage avec l’Italienne Matera) illustre à elle seule le brassage millénaire qu’a connu la Bulgarie. Un véritable voyage dans le temps que promet cette cité bâtie sur les rives de la Maritsa.

Plovdiv. Au premier abord, ça ne dit pas grand-chose. Pour faire plus ample connaissance avec cette ville de 380 000 habitants, il faut se rendre en Bulgarie, à l’est de Sofia, la capitale de ce pays indépendant depuis 1878 qui fut longtemps un satellite de Moscou, avant de rallier l’Union européenne en 2007. Cette année, celle que l’on surnomme « la ville aux 7 collines » (même s’il n’en reste plus que 6) a été mise sous le feu des projecteurs en étant désignée capitale européenne de la culture, titre qu’elle partage avec Matera en Italie. Les deux villes ont pour point commun d’être sous-estimées, mais surtout de figurer parmi les plus anciennes du Vieux Continent. Dans le cas de la cité bulgare, bâtie sur les rives du fleuve Maritsa, elle est habitée depuis au moins 6 000 ans. Construite par les Thraces, elle fut également grecque, romaine, byzantine ou encore ottomane. On peut, en empruntant les rues pavées de sa vieille ville, mesurer la richesse de son histoire métissée. Visiter Plovdiv, c’est avoir l’impression de pénétrer un musée à ciel ouvert. Ici des maisons bourgeoises évoquant la Renaissance dans une large gamme de couleurs – transformées pour certaines d’entre elles en musée, comme la maison Kouyoumdjioglu, qui abrite le musée d’ethnographie -, là un théâtre antique ressuscitant l’empire de Rome (lire ci-dessous), ou une mosquée imposante (Djoumaya) rappelant son passé turc. On l’aura compris : les amateurs d’histoire seront aux anges ! Au registre des curiosités, il faut citer la maison Lamartine. Le poète y a fait escale en 1833 lors de l’écriture de son Voyage en Orient. Un petit musée lui est d’ailleurs consacré.

La 2e agglomération de Bulgarie dévoile également un visage plus moderne, notamment dans la basse ville, où les amateurs de shopping trouveront de quoi dépenser. Sa scène nocturne s’avère dynamique et sa communauté artistique active. On peut en avoir un aperçu dans l’incontournable quartier de Kapana, surnommé « le piège », car il est facile de s’y perdre tant les rues se ressemblent. Emblème du renouveau de Plovdiv, ce centre d’art et d’artisanat abrite de nombreux cafés, restaurants et petites boutiques, mais aussi une belle panoplie d’œuvres de street art qui se révèlent au badaud au gré du hasard. Cette cité en pleine croissance mérite aussi le détour pour sa gastronomie, mélange de saveurs méditerranéennes, turques et slaves, la nourriture étant principalement constituée de ragoûts de viande, de soupes, de salades fraîches, de fromages et de vins. Le vin, parlons-en. Contrairement à Sofia, Plovdiv et sa région a le cœur viticole, avec des cépages français (Merlot, Cabernet-Sauvignon, Chardonnay) qui côtoient des raisins locaux comme le Pamid.

Visiter Plovdiv, c’est aussi partir en randonnée. Les amateurs ont accès à un vaste réseau de sentiers qui permet de découvrir la campagne environnante, notamment les 7 monts qui servent de socle à cette cité étonnante, à l’instar de Rome. Le plus haut d’entre eux, le Nebet Tepet, offre une vue imprenable sur cette ville « ancienne et éternelle » pour reprendre sa devise. Un trésor caché de Bulgarie très couru des Européens en raison de ses prix attractifs, le lev demeurant la monnaie nationale. Raison de plus pour en profiter.


Quand Plovdiv s’appelait Trimontium

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Traversée par différentes cultures, Plovdiv a conservé de nombreuses traces de sa période romaine. Une époque florissante sur le plan économique pour la cité bulgare, qui se traduira par la construction de nombreux ouvrages, entre autres des routes, des canalisations et des édifices publics. Le plus illustre de ces vestiges est sans conteste le Théâtre antique. Restauré il y a 50 ans, ce monument datant du 2e siècle prête aujourd’hui son cadre unique à des spectacles culturels de toutes sortes – le festival Verdi par exemple – qui profitent de son acoustique remarquable.

Il faut aussi mentionner le Stade romain, un des 12 stades antiques construits dans le monde sur le modèle de Delphes en Grèce, dont une toute petite partie est visible sur la place Djoumaya, sous un centre commercial. Au moment de sa splendeur, ce site de 250 mètres de long (pour 74 de large) pouvait accueillir jusqu’à 30 000 personnes, qui s’y pressaient pour assister à des combats de gladiateurs et des courses de chevaux.

Ajoutons à cette liste d’attractions romaines le Forum (1er siècle) et son Odéon, ancien siège des élus locaux, situé à proximité de la Poste centrale, qui sert lui aussi de décor à diverses manifestations comme le festival antique ou le festival du livre.

Enfin, n’oublions pas la résidence Irini, que l’on découvre en empruntant le passage souterrain dit archéologique, sur le boulevard Tsar Boris III. Un endroit réputé pour la richesse de ses mosaïques, dont celle d’une femme qui porte le nom d’Irini.