Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle © DR

La crise sanitaire et économique fait des ravages parmi les Mosellans les plus fragiles. Lors de la 4e réunion trimestrielle du Conseil départemental, Patrick Weiten n’a pas caché ses inquiétudes. Face à l’accumulation des difficultés, le président du Département de la Moselle se montre offensif et pragmatique à travers un plan d’actions spécifique.

Patrick Weiten, le président du Conseil départemental de la Moselle l’a redit à la presse à l’issue de la 4e Réunion trimestrielle de l’Assemblée départementale qui s’est tenue fin novembre/début décembre : il n’a pas encore pris de décisions quant à savoir s’il se représentera, ou pas, aux prochaines élections départementales. « Nous sommes en pleine pandémie, et moi, je réfléchirai à ma campagne ? Je ne pense pas que ce soit la préoccupation actuelle des gens », a-t-il notamment précisé. 

La priorité du président Weiten, pour l’heure, c’est d’agir pour aider les acteurs économiques, les territoires du département ainsi que tous les Mosellans, alors que la crise sanitaire fait des dégâts. Un plan baptisé Moselle Espoir est en cours de préparation. Sur le plan humain, de plus en plus de personnes, notamment les jeunes, sont dans la précarité ou en passe de basculer. Le nombre de bénéficiaires du RSA augmente. Sur le plan économique, les confinements ont laminé les comptes des entreprises. 

Le Département n’a pas attendu pour réagir. La 4e réunion trimestrielle a d’ailleurs permis de faire le point sur l’impact du plan d’urgence (42,8 millions d’euros) et du plan de relance de 342 millions d’euros (2020-2025) qui ont été déployés depuis le début de l’automne (en complément des actions et investissements déjà programmés). 

Les dépenses sociales ont progressé afin d’éviter une dégradation des situations sociales individuelles (aide à l’enfance, aux bénéficiaires du RSA, aux seniors et aux personnes en situation de handicap). Elles ont atteint 486 millions d’euros. C’est le 1er budget du Département en 2020. 

Dans le cadre du dispositif Ambition Moselle qui vise à soutenir les collectivités, sur l’ensemble des territoires, dans leurs projets d’aménagement au bénéfice de tous les Mosellans, 32 dossiers ont été financés et ce, rien que depuis le 5 octobre. 25 communes de moins de 2 000 habitants ont ainsi bénéficié de subventions à hauteur de 2,44 millions d’euros pour un montant de travaux de plus de 14 millions d’euros. 

En ce qui concerne l’éducation, le dispositif Fus@é  (Faciliter les Usages E-Éducatifs), co-construit avec le Rectorat de l’Académie Nancy-Metz vise à mettre le numérique au service des écoles dès le primaire pour faciliter la continuité des apprentissages CM1/CM2 puis 6e au collège; Il a notablement progressé en termes de communes adhérentes. En matière de collèges, 23,62 M€ sont mobilisés afin de poursuivre et d’achever les opérations engagées précédemment et de lancer des opérations nouvelles. Dix établissements mosellans vont également bénéficier d’une reconstruction ou d’une restructuration afin de les adapter aux nouvelles normes énergétiques et environnementales et de les doter d’équipements pédagogiques modernes. Pour ces 10 chantiers, ce sont 162 millions d’euros qui sont injectés dans la durée. Dans le cadre du plan de relance, l’objectif affiché est de livrer 5 nouveaux collèges dans les 5 ans à venir. 

À destination de l’agriculture, toute une panoplie d’aides financières nouvelles a été déployée afin de permettre à ce secteur de se développer, d’innover, de produire mieux tout en préservant la biodiversité…

Les investissements pluriels dédiés à la relance, initiés par le Département, portent déjà leurs fruits même si c’est dans la durée que s’exprimeront leur plein potentiel.

Mais il faut faire plus encore. Lors de la réunion trimestrielle du Département, Patrick Weiten a demandé aux communes de déclencher au plus vite de nouveaux chantiers pour soutenir les entreprises locales et l’emploi. Il a précisé vouloir initier le plan Moselle Espoir afin de renforcer encore les dispositifs déployés en direction des publics fragiles (seniors, personnes handicapées, enfants…). La prise en charge des bénéficiaires du RSA doit être renforcée. 

Les enveloppes financières débloquées dans le cadre des plans sont conséquentes. Faire plus requiert donc davantage d’argent encore. Dans les chiffres, cette politique volontariste et pragmatique s’accompagne d’un budget (primitif) 2021 en progression : 953,80 M€, contre 922,3 M€ en 2020 soit 3,41 % de hausse, auxquels s’ajoutent 51,92 M€ d’opérations revolving, soit une prévision globale de plus de 1 milliard d’euros. Pas question de jouer « petits bras ».

Et cela même si le Département doit absorber l’impact de ses plans. Mais aussi composer avec la perte de son autonomie fiscale et la disparition du produit de la taxe foncière sur les propriétés bâties, remplacée par une fraction du produit de la TVA qui ne compensera pas l’intégralité des pertes. 

Et demeurer également très attentif, à compter du 1er janvier prochain, à la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin dans une collectivité européenne d’Alsace (CEA) qui interroge forcément quant à l’évolution des politiques régionales dans bien des domaines : tourisme, sport, relations transfrontalières…  

Malgré les tempêtes, les flous et les incertitudes qui vont bousculer la collectivité, Patrick Weiten affiche sa détermination à maintenir le cap fixé. Cela impliquera de faire preuve d’agilité, de focaliser sur les priorités mais aussi de poursuivre la gestion rigoureuse qui a permis au Département de la Moselle de ramener son endettement de 730 à 612 millions et de conforter ainsi ses capacités d’emprunt pour, aujourd’hui, être en capacité d’investir.