Viktor Orban©DR

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban peut légiférer par ordonnances dans le cadre d’un état d’urgence à durée… indéterminée. La démocratie est sérieusement écornée dénonce l’UE.

Le 17 avril dernier, la Hongrie comptait 1.500 cas confirmés et 81 décès. Dès le 11 mars, le gouvernement hongrois a déclaré l’état d’urgence pour combattre l’épidémie. À la clé, fermeture des universités, interdiction d’entrée des voyageurs en provenance des pays les plus affectés, mise en quarantaine, interdiction des rassemblements en intérieur de plus de 100 personnes… Bref, des dispositions ont été prises et la situation semble plutôt sous contrôle. Mais ce n’est pas l’avis du gouvernement qui a adopté, le 31 mars, une loi d’urgence pour encore mieux combattre la pandémie. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban a ainsi obtenu le feu vert du parlement pour légiférer par ordonnances dans le cadre d’un état d’urgence à durée… indéterminée ! Autrement dit, la démocratie déjà bien « bousculée » par le parti au pouvoir, Fidesz, voit ses principes fondamentaux sérieusement menacés. Viktor Orban peut ainsi décider de prolonger indéfiniment l’état d’urgence qui rend impossible la tenue d’élections. Le gouvernement hongrois peut aussi suspendre toute loi existante et en appliquer d’autres par décret. La loi d’urgence prévoit également de nouvelles sanctions pénales de cinq ans de prison pour la publication de faits dits « faux » ou « déformés », en sachant bien entendu que la grille de lecture gouvernementale est la seule à détenir la « vérité ». Ces « pleins pouvoirs » inquiètent d’autant plus que cela fait une dizaine d’années déjà que les ONG et autres observateurs de la démocratie, dénoncent des dérives « dictatoriales ». La majorité des pays membres de l’UE ont dénoncé cette loi et les ambitions d’Orban, reste à savoir si, au-delà des mots, Bruxelles va également appliquer des sanctions. Le 15 avril, la Hongrie a annoncé l’expulsion de 14 Iraniens accusés d’avoir violé les règles sanitaires d’endiguement du coronavirus.