© Droits réservés

Cette pittoresque localité du littoral slovène impose sa cadence alanguie aux visiteurs sous le charme, entre calme et relaxation. Ici, le bonheur tient à peu de choses : une promenade dans ses ruelles ombragées, ou une halte à la terrasse d’un café, bière ou glace à portée de main. Piran, ou l’éloge d’un certain art de vivre…

Il flotte comme un parfum d’Italie à Piran. Il y a d’abord cette influence perceptible dans l’architecture, colorée et élégante, qui rappelle que cette ville située à l’extrême sud-ouest de la Slovénie fut sous la domination de la République de Venise durant 5 siècles. Et puis cette langue chantante qui se mêle au parler local et confère à cette cité pittoresque et rayonnante son caractère bilingue. Piran est souvent présenté comme un des plus beaux villages de l’Adriatique. Difficile de trouver à y redire. Un bref séjour dans cette presqu’île plongeant dans la mer confirme son statut de joyau de l’ancienne République yougoslave. Un joyau préservé du tourisme de masse, ce qui ne fait qu’ajouter au charme de cette localité située à 5 km au sud de la station balnéaire de Portorož.

Avec son climat méditerranéen, son centre-ville très bien conservé et ses paysages de carte postale, celle dont l’histoire remonte à l’Antiquité est une destination parfaite pour relaxer. Pour bien en profiter, « il faut ralentir », conseille ce Français vivant en Slovénie depuis une quinzaine d’années. Ralentir, et même s’arrêter à la terrasse d’un café sur le bord de mer, comme au Teater, une des adresses incontournables. Les restaurants abondent aussi dans ce secteur. Côté menu, le calamar fait partie des valeurs sûres. Il ne faut pas oublier les fameux cevapcici, constitués de viande hachée épicée, autre grand classique de la cuisine des Balkans, au même titre que le burek, chausson feuilleté fourré au fromage, qui se déguste à toute heure et pour trois fois rien.

Difficile de résister à la douceur de vivre locale qui se répand dans les ruelles étroites de la vieille ville – synonyme de fraîcheur quand le soleil cogne comme un boxeur – et sur les places, à commencer par la plus grande, la magnifique Tartini, de forme ovale, dont le marbre éblouit le regard par beau temps. En son centre se dresse la statue du violoniste et enfant du pays Giuseppe Tartini, dont on peut visiter la maison natale à quelques pas de là. L’endroit abrite également une superbe maison vénitienne, teintée de rouge, qui date du 15e siècle (ce qui en fait la plus ancienne de la place), avec ses balcons et ses fenêtres finement ouvragées. Une photo s’impose.

Pour dominer ce havre de paix et ses toits ocres, il faut grimper les marches du campanile de l’église Saint-Georges, juchée sur les hauteurs. Impossible de ne pas voir ce beffroi inspiré de celui de la place Saint-Marc à Venise, dont le style Renaissance tranche avec le reste de l’édifice religieux. Parvenu au sommet, on jouit d’une vue imprenable sur Piran et ses environs. Un autre endroit mérite le détour pour en prendre plein les yeux. Rendez-vous au parking Arze, non loin des anciens remparts. Fortement conseillé si vous voulez capturer LA photo de la perle slovène. Résultat et plaisir garantis !

Dommage que les plages de sable soient inexistantes dans ce petit paradis où les vacanciers se prélassent sur du béton ou des galets. On a connu plus confortable. Mais qu’importe au final, car le bonheur est ailleurs. À Piran, il se contente de peu de choses. Une promenade le long du port de pêche par exemple, ou la dégustation d’une bière ou d’une glace face à la mer et son écran bleu haute définition. Mieux que la 3D.


Le goût salé du passé

Piran © DR

Ne soyez pas surpris si Piran vous laisse un arrière-goût salé. L’ancienne ville portuaire fut autrefois un important producteur d’or blanc, fournissant même la République de Venise à l’époque de sa domination, dès le 13e siècle. Le parc naturel des salines de Sečovlje, présent sur le territoire de la commune et divisé en deux sections (Lera et Fontanigge), permet de remonter le temps, à une époque où le sel faisait la prospérité de la magnétique Piran. On peut visiter une partie de cette vaste zone de 750 hectares environ, notamment un petit sentier pédagogique de 2 km qui permet d’observer de nombreuses maisons d’ouvriers saliniers laissées à l’abandon. Vieux de plusieurs siècles, ces marais salants sillonnés de canaux et de digues sont toujours en activité. De juin à septembre, la récolte des cristaux respecte une tradition qui remonte au Moyen Age. À découvrir également sur place, un musée dédié à cette culture ancestrale qui donne lieu chaque année à Piran à la Fête des sauniers. Organisée au mois d’avril, cette manifestation fait revivre les célébrations qui marquaient autrefois le début de la saison des sauniers, quand toutes les familles partaient dans les marais salants. Cette réserve naturelle, située à 130 kilomètres de la capitale Ljubljana, est aussi un véritable paradis pour les oiseaux avec près de 300 espèces recensées, dont des échassiers. De quoi faire le bonheur des ornithologues.