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Au Grand-duché une pétition visant à faire de la langue luxembourgeoise, la première langue du pays, fait un carton.

13,406. C’est le nombre de signatures qu’avait récolté, au 23 septembre, une pétition qui circule actuellement au Luxembourg. Un record pour une pétition qui n’affichait, alors, qu’une dizaine de jours de « mise en ligne ». La pétition 698, c’est son « nom », fait, il est vrai, couler beaucoup d’encre et chauffer les claviers. Elle consiste à demander à ce que la langue luxembourgeoise devienne la langue officielle du pays et non plus la langue nationale. Les dépositaires demandent donc à ce que l’ensemble des documents administratifs, les décisions de justices ou bien encore toutes les communications du gouvernement, se fassent en langue luxembourgeoise (et non plus en français ou en allemand qui seraient les langues de « soutien »).

« Sauver la langue luxembourgeoise avant qu’elle ne disparaisse », c’est l’ambition de Lucien Welter qui est à l’origine du texte. Un sujet dont va se saisir la Chambre des députés puisque la pétition, en une semaine à peine, avait atteint le nombre de voix nécessaires (4 500 signatures) pour l’ouverture d’un débat. L’intention n’est pas forcément mauvaise. L’un des arguments des signataires est de souligner, qu’en 2060, le Luxembourg comptera 1 million d’habitants, ce qui fragilisera leur langue.

Mais, dans l’immédiat, elle a pour conséquence d’aviver les réflexes nationalistes de quelques-uns. En tout cas, cela ne va véritablement dans le sens de l’intégration et du « bien vivre » ensemble. Et puis, la démarche, si elle aboutissait (on en est encore loin), se heurterait à un autre gros problème. La langue luxembourgeoise n’est pas suffisamment riche pour mettre en évidence toutes les nuances d’un texte législatif. Il faudrait, dès lors, inventer de nouveaux mots et s’entendre, au passage, sur l’orthographe de certains autres. Les signatures sont acceptées jusqu’au 24 octobre, sur le site de la Chambre des députés.