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Créé en 2011, le Pôle entrepreneuriat étudiant de Lorraine (PeeL) a pour objectif de développer la culture entrepreneuriale au sein de l’Université de Lorraine. Comment ? Pour qui ? Pour quoi ? Les explications de Christophe Schmitt, responsable du PeeL et professeur en entrepreneuriat à l’Université de Lorraine. 

Quelles sont les missions du PeeL ?

L’ambition est de développer la culture entrepreneuriale à l’Université de Lorraine. Pour ce faire, nous activons trois leviers. Le premier consiste à sensibiliser les étudiants à l’entrepreneuriat au travers de toute une palette de rendez-vous et événements : conférences, rencontres avec des chefs d’entreprise, tables rondes… La deuxième priorité est la formation. Là encore, cela prend différentes formes mais l’approche se veut très pratique et pragmatique. Nous privilégions la méthode IDéO © (développée par Christophe Schmitt) qui met les étudiants en situation. Ils sont notamment amenés à travailler en groupe sur une idée pour la transformer en opportunités d’affaires. Enfin, troisième axe : l’accompagnement. Cela se traduit par de la mise en relation ou du coaching avec pour ambition d’aider l’étudiant à se poser les bonnes questions pour avancer.

Quelle est l’ambition ? La création d’activités ?

Le PeeL a un rôle de facilitateur dans le sens où il permet à l’étudiant de, très rapidement, confronter son idée à la réalité. Nous sommes dans l’action.. Nous mettons des outils à la disposition de l’étudiant afin qu’il avance, qu’il expérimente, qu’il affine son projet et se construise son réseau. Les étudiants ont des idées mais personne ne les attend et ils le savent. Notre ambition est de leur donner confiance en eux pour oser et de les aider à avancer. Notre premier objectif n’est pas d’accumuler les business-plans ou les créations d’entreprise mais de donner l’envie d’entreprendre.

À qui s’adresse le PeeL?

Tous les étudiants sont les bienvenus. Mais porter un projet nécessite de pouvoir se libérer du temps, c’est généralement plus simple pour les étudiants qui ont obtenu le statut d’Étudiant-Entrepreneur. Cela leur permet de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, d’un accès à des espaces de coworking mais aussi de substituer leur projet à l’obligation de faire leur stage, donc de pouvoir s’y consacrer à temps plein sur certaines périodes. En ce qui concerne les projets, il n’y a pas de restrictions en termes d’activités ou de statuts. Start-up innovantes, commerces, artisanats ou reprises d’entreprise, tous les projets méritent d’être étudiés et accompagnés.

Vous avez précisé que la création d’entreprises n’était pas la priorité des priorités. Mais des start-up ont tout de même vu le jour ?

Depuis le lancement du PeeL, en 2011, une centaine d’entreprises ont effectivement été créées. Chaque année, nous accompagnons environ 150 étudiants et en touchons 14 000. Il y a une vraie dynamique. Il est également important de souligner qu’un étudiant qui se lance dans l’aventure de l’entrepreneuriat en tire toujours des bénéfices. Si son projet n’aboutit pas, pour de multiples raisons, cette expérience participe à augmenter son employabilité.

Vous pouvez nous donner quelques exemples de réussites ?

Spontanément, je pense à des entreprises comme Handisco qui développe des innovations permettant d’améliorer l’accessibilité des malvoyants et non voyants dans les villes. Je pense également à In’Bô une entreprise qui fabrique et commercialise des objets (vélos, lunettes…) en bois et en bambou ou bien encore à Noviatek spécialisée dans la conception et fabrication de produits électroniques. Mais ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

Comment se situe l’Université de Lorraine par rapport aux autres universités dans le domaine précis de l’entrepreneuriat ?

Elle est en excellente position puisque l’Université de Lorraine est aujourd’hui la première université de France en ce qui concerne la sensibilisation et le soutien aux étudiants dans ce domaine et ce, pour la deuxième année consécutive. 

Pour tout savoir : le-peel.fr


Christophe-Schmitt-(©-DR)SON PARCOURS

Responsable du PeeL, professeur en entrepreneuriat à l’Université de Lorraine, Christophe Schmitt est également professeur associé à la Louvain School of Management et à la Haute école de gestion de Fribourg. Mais il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur l’entrepreneuriat. Son dernier livre intitulé L’agir entrepreneurial, repenser l’action des entrepreneurs est paru aux Presses de l’Université du Québec. « Partant du constat que l’action est quasi absente du débat scientifique en entrepreneuriat, l’auteur entreprend d’en réhabiliter la place, en la mettant au cœur même de la réflexion actuelle. En effet, son ambition est de concevoir une théorie de l’action dans le domaine de l’entrepreneuriat, notamment par l’entremise d’une réconciliation de la connaissance et de l’action entrepreneuriale », peut-on lire en quatrième de couverture.


LA BPALC LES ACCOMPAGNE

CONVENTION-PEEL-BPALC-(©DR)Trois questions à Sabine Calba, directrice de la Région Lorraine de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, à propos de l’engagement de la Banque auprès de l’Université de Lorraine.

La BPALC est l’un des membres fondateurs de la Fondation NIT (Noyau d’Innovation Technologique), créée en 2010. Pourquoi cet engagement ?

La BPALC a choisi de devenir un membre fondateur de la Fondation NIT car il est fondamental à nos yeux que deux mondes qui avaient tendance à s’ignorer, en l’occurrence le monde économique et l’université, se rapprochent et collaborent dans la durée. C’est important pour les étudiants, pour les PME et pour l’avenir du territoire. La Lorraine dispose de véritables pépites parmi les entreprises. Il faut former les jeunes entrepreneurs qui, demain, seront susceptibles de reprendre ces entreprises et d’en créer de nouvelles, ici, dans notre région.

Comment se concrétise l’investissement de la BPALC, tout particulièrement dans le Pôle entrepreneuriat étudiant de Lorraine (PeeL)?

De différentes manières. Tout d’abord, nous nous investissons pour sensibiliser les étudiants à la création d’entreprise en mettant l’accent sur le fait, qu’au-delà de l’aspect financier, le succès d’une entreprise repose sur les épaules d’un Homme et sur un projet solide, qui fait sens. Nous accompagnons également les étudiants du PeeL engagé dans une démarche de création d’entreprise via un accompagnement personnalisé et du coaching visant à l’aider à avancer. Cela dit, si le projet ne nous semble pas solide ou si les motivations et les compétences du futur entrepreneur ne sont pas à la hauteur de l’ambition, nous n’hésitons pas non plus à le lui dire afin qu’il progresse en la matière et ne prenne pas de risques inutiles. La création d’entreprise est une magnifique aventure mais elle requiert aussi un gros investissement sur le plan personnel. Enfin, notre engagement se traduit aussi par un soutien financier et logistique. La BPALC a récemment signé une nouvelle convention de mécénat avec l’Université de Lorraine, via la fondation NIT qui s’accompagne d’une enveloppe de 100 000 euros.

Est-ce qu’un étudiant du PeeL multiplie ses chances d’obtenir un soutien financier de la banque pour créer et développer son entreprise ?

Si son projet est solide, il est certain que de passer par le PeeL est un atout dans la mesure où nous connaissons bien le projet et l’étudiant pour l’avoir accompagné des mois durant afin de l’aider à développer son projet de création d’entreprise. Une relation de confiance s’est donc nouée. Et la confiance est essentielle dans notre métier. Le Chargé de Clientèle qui va s’occuper de son dossier aura accès à toutes les informations et aura ainsi une idée très précise du projet. Cela dit, les étudiants sont libres de se tourner vers la banque de leur choix, il n’y a pas d’engagement en la matière.


UN STATUT POUR ENTREPRENDRE
PEEL-(©-123RF)

Lancé en juin 2014, le statut National Étudiant-Entrepreneur permet aux étudiants de construire leur projet entrepreneurial au sein d’un Pôle Étudiant pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat (PEPITE). Grâce à ce statut, le PeeL permet aux étudiants de travailler sur leur projet en leur proposant un accompagnement et un suivi personnalisés. Dans le cadre de son parcours universitaire, l’étudiant peut également substituer son projet entrepreneurial validé par le PeeL à l’obligation de faire un stage afin de se concentrer pleinement sur son projet. « Dès l’acceptation de votre candidature par le PeeL, un chargé de projet vous aide à transformer votre idée en opportunité d’affaires au travers de rendez-vous mensuels de suivi. Il vous donne accès à l’écosystème local d’innovation et d’entrepreneuriat. À Metz et à Nancy, des espaces de coworking vous accueillent pour travailler de manière efficace et conviviale avec les autres étudiants-entrepreneurs », précise le PeeL.

LE PARCOURS BUSINESS UNIT (BU)

Le BU est un parcours d’accélération destiné aux étudiants ayant déjà un projet en phase de maturation. Durant quatre mois, de début avril à fin juillet, les étudiants-entrepreneurs (il faut obligatoirement bénéficier de ce statut) ont droit à un soutien financier, au travers notamment d’un fond d’amorçage, afin de leur permettre de financer le démarrage de leur projet. Ce parcours de « formation-action » donne également accès à un ensemble de formations classiques directement applicables à la maturation du projet. « Le porteur de projet bénéficie également d’un triple accompagnement : par un chargé de projet du PeeL, par un expert-comptable, et par un coach, entrepreneur ou consultant confirmé. Ce suivi a pour objectif de mettre chaque porteur en situation de challenge », précise le PeeL. Les étudiants sélectionnés pour le parcours BU ont également l’occasion de participer à la Summer School de la HEG Fribourg (Suisse). Ce programme d’excellence de deux semaines permet à l’étudiant de confronter son idée à un environnement international.