Gravelotte © F.Doncourt

L’accès aux sites Passionnément Moselle gérés par le Département de la Moselle sera totalement gratuit durant tout l’été. L’occasion de (re)découvrir huit lieux emblématiques du patrimoine naturel et culturel du département.

Entre vie et conflit

Nuit des Musées à Gravelotte
photo : Guillaume Ramon / CG57

À Gravelotte, le Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion est le seul au monde consacré à cette période. Au fil de ses collections, on redécouvre la grande histoire à travers celles des hommes.

Sur le lieu-même d’une sanglante bataille ayant opposé, le 18 août 1870, soldats prussiens et français, le Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion est un lieu de mémoire collective au-delà des frontières. Élaboré dans une perspective franco-allemande, celui-ci présente des collections issues de dépôts de musées régionaux, de l’État et d’Allemagne. L’exposition permanente, répartie sur 900 m², aborde le sujet des combats en intégrant les points de vue de part et d’autre du conflit, mais aussi la vie quotidienne en Alsace-Moselle pendant l’annexion.

Plus de 600 objets dont de nombreuses collections militaires mais aussi des peintures, sculptures, éléments de monuments ou objets du quotidien sont visibles au fil d’une muséographie usant de cartes et de documents d’archives (articles de presse, caricatures, témoignages…) où la photographie est particulièrement représentée. La démarche du Musée de la guerre de 1870 et de l’Annexion est également de conter l’Histoire à travers celle des hommes via un parcours muséographique moderne : objets et documents sont mis en valeur par la présence de nombreux supports audiovisuels.

Lieu d’exploration et de découverte d’un conflit et d’une époque à la fois agitée et fondatrice, la structure s’est récemment enrichie d’un parcours numérique à suivre sur tablette et smartphone, retraçant la vie quotidienne authentique d’un jeune mosellan à l’aide de documents d’archives provenant des collections du Musée. Enfin, une salle numérique immersive recrée la terrible bataille de Saint-Privat en août 1870 : le film Les Moissons de la rage nous met dans les pas d’un jeune soldat prussien dont l’unité est décimée. Marquée par les effets visuels mais aussi par un grand travail de documentation, l’expérience nous fait revivre la bataille sur le terrain et auprès du commandement.

Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion – 11 rue de Metz à Gravelotte

L’Antiquité ressuscitée

Bliesbruck ©Louis Beckrich

Un univers de 52 hectares pour redécouvrir la culture gallo-romaine : c’est ce que propose le Parc archéologique de Bliesbruck-Reinheim. Ce site unique est né d’une volonté transfrontalière de développer des travaux archéologiques et de mettre à la disposition du public les ressources historiques du territoire avec une démarche pédagogique. Les vestiges et la restauration d’une petite ville gallo-romaine se déploient au cœur d’un pavillon muséal abritant les anciens thermes, des quartiers artisanaux et commerciaux ainsi qu’une boulangerie, une poterie et un potager. Valorisant de nombreux objets issus des fouilles opérées sur le site, Reinheim dévoile également une vaste villa gallo-romaine ainsi que la nécropole reconstituée de la Princesse de Reinheim. Depuis 2019, le numérique a fait son entrée au Parc : aux côtés de Lucius Toccius Flavinus, commerçant et pilier de sa communauté, plongez dans le quotidien des habitants de ce vicus de la fin du IIe siècle.

Parc Archéologique Européen de Bliesbruck-Reinheim – 1 rue Robert Schuman à Bliesbruck

Un voyage en tableaux

MuséeGDLT©CD57

Le Musée départemental Georges de La Tour présente dans ses collections un vaste panorama de l’œuvre du peintre lorrain mais aussi de la peinture européenne. Près de 200 œuvres sont réparties sur 960 m² et trois niveaux au sein de ce musée intimiste installé dans une ancienne maison de ville. En parcourant les espaces de la structure vicoise, on découvre la peinture du XVIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, les œuvres de Georges de la Tour dialoguant avec celles de nombreux autres peintres emblématiques de ces périodes. Suite au prêt de l’une des œuvres les plus fameuses du peintre vicois, Saint-Jean Baptiste dans le désert, au Palais Royal de Milan, le Musée départemental Georges de La Tour présente une œuvre prêtée en échange par la Galerie Corsini à Rome : Le Christ et les enfants du peintre Nicolas Tournier. Une œuvre née des mains d’un artiste influencé par Le Caravage, marquée par un travail remarquable entre ombres et lumière.

Musée départemental Georges de La Tour – Place Jeanne d’Arc à Vic-sur-Seille

 

 


Foyer d’un grand homme

Hologramme © CD57

Père fondateur de l’Europe, acteur incontournable de son temps, Robert Schuman s’est installé en 1926 à Scy-Chazelles, dont il fera son lieu de contemplation mais aussi de travail et de réflexion ; la maison qu’il y a acquis sera sa dernière demeure. Aujourd’hui, La Maison de Robert Schuman accueille un espace muséographique de 150 m² dédié à la vie de l’homme et à la construction européenne, ainsi qu’un potager et des jardins, dont l’un baptisé « Jardin des plantes de chez nous ». La maison elle-même a fait l’objet d’une reconstitution qui en fait un lieu presque encore habité, où le quotidien de Robert Schuman a été reproduit grâce à de minutieuses recherches et l’acquisition de mobilier d’époque ; des livres, des objets, des documents au sein de chaque pièce ayant conservé sa fonction d’origine instaurent une atmosphère particulière. Un lieu de mémoire, de sensibilisation mais aussi une demeure de charme et pleine de vie.

La Maison Robert Schuman – 8, rue Robert Schuman à Scy-Chazelles

 


Écrin de nature

DomaineLindre©FDoncourt

Le Domaine de Lindre est un vaste espace naturel préservé de 1 000 hectares qui présente une biodiversité exceptionnelle. L’étang de Lindre et ses 620 hectares, le plus vaste de France au sein d’un site qui en comprend douze, a été fondé au Moyen-Âge pour garantir l’activité piscicole du territoire. Le Domaine abrite 240 espèces d’oiseaux dont la moitié sont nicheuses, onze espèces d’amphibiens, plusieurs plantes protégées, un cortège immense d’insectes, de mollusques et de mammifères liés aux zones humides, ainsi qu’un gisement de poissons de qualité. Une richesse que les visiteurs peuvent observer à loisir au fil des chemins d’observation aménagés sur place, comprenant deux observatoires et une Maison des oiseaux. L’entrée sur le Domaine de Lindre se fait via le Pavillon des expositions, dont la scénographie a été repensée en 2015, et qui propose de découvrir la face cachée de l’étang de Lindre.

Domaine de Lindre – 67 rue principale à Lindre-Basse

Forteresse ouverte

Château de Malbrouck ©Nicolas. Jolivalt

Le Château de Malbrouck est le seul château du XVe siècle intégralement conservé existant encore aujourd’hui en Lorraine. Le Département de la Moselle a acquis cette forteresse en 1975 et y a engagé des travaux de restauration qui ont duré sept ans pour s’achever au cours de l’été 1998. Ses quatre tours d’angle sont visitables par le public, qui pourra profiter en parcourant les courtines qui les relient d’un superbe panorama. De la cour de logis au four en passant par l’auditorium surmonté d’une superbe charpente à son amphithéâtre de 146 places, le Château de Malbrouck fait revivre une riche histoire débutée en 1420 par les seigneurs de Sierck et de Manderen. Bénéficiez de la tranquillité et de la sérénité d’une terrasse surplombant la vallée de Manderen. Votre regard pourra se perdre sur les vallées entourant le site et vous apercevrez au loin le Luxembourg et l’Allemagne.

Château de Malbrouck à Manderen – www.chateau-malbrouck.com

 

 


Au pays de l’or blanc

Musee Marsal©CD57

Le Musée du Sel de Marsal met en lumière l’histoire d’une richesse qui a fait la prospérité du territoire pendant des siècles : l’or blanc du Saulnois. Son exploitation a donné naissance à une vie économique, sociale et culturelle foisonnante que le musée met en évidence à travers des vestiges archéologiques uniques. Les techniques ancestrales liées à l’exploitation du sel, mais aussi œuvres d’art et objets du quotidien sont exposés. En 2019, des travaux de réhabilitation ont donné naissance à un espace d’accueil repensé, lumineux, comprenant billetterie et espace pédagogique. Les collections ont également été augmentées au sein d’une nouvelle muséographie en quatre parties pour autant d’époques, de l’Âge du Fer à une découverte de la cité de Marsal à l’époque moderne. Le numérique a également fait son apparition : illustrations, frises chronologiques, cartes animées, extraits de documentaires apparaissent ainsi sur smartphone et tablette pour accompagner le visiteur au pays de l’or blanc.

Musée du sel – Porte de France à Marsal

 


Fruits de la passion

Jardins Laquenexy – Grainedejardinier©PascalGarbe

Les Jardins Fruitiers de Laquenexy proposent aux visiteurs de déambuler et d’apprendre parmi vingt espaces aux thématiques variées. Le dernier d’entre eux, inauguré en juin, est dédié à la découverte et à la transmission.

Les Jardins Fruitiers de Laquenexy étaient auparavant un centre départemental d’expérimentation  fruitière dévolu notamment à la sauvegarde des vignes et plus largement à la thématique des fruits. Son ouverture aux visiteurs en 2008 l’a fait changer de dimension : ce sont aujourd’hui 20 jardins aux thématiques diverses que peuvent parcourir les visiteurs. En plus d’un rôle dédié à la conservation, c’est un site dédié à la transmission comme à la contemplation. Sur plus de quatre hectares, où sont notamment conservées plus de 1 000 variétés d’arbres fruitiers, s’étendent le Jardin des fleurs à croquer, le Potager de l’épicurien, le Labyrinthe des formes fruitières ou encore le Jardin interdit. En 2010 et 2013, les Jardins fruitiers ont inauguré des jardins amérindiens et maoris, ou encore l’allée des Pivoines de Chine en 2014.

Accueillant curieux et promeneurs mais aussi jardiniers professionnels et amateurs pour des stages et des ateliers, Les Jardins Fruitiers ont encore développé leur démarche de transmission en ouvrant en 2020 l’espace Graine de jardinier. Ouvert à la simple déambulation, il est surtout un lieu dédié à la transmission de savoir-faire par l’équipe des Jardins fruitiers autour des nouvelles pratiques des jardiniers d’aujourd’hui. Nouvelles pratiques liées aux préoccupations sociales et environnementales mais aussi nouveaux outils et nouvelles technologies pour des amateurs en recherche d’efficacité sont au cœur de l’identité de ce nouveau jardin. Scindé en six parties, il comprend notamment un espace balcon, terrasse et petit jardin : autant de lieux où le jardinier urbain ou ne disposant que d’un petit périmètre pourra venir « cueillir » quelques idées.

4, rue Bourger et Perrin à Laquenexy – www.jardinsfruitiersdelaquenexy.com