Jean-Pascal Boffo © Patrick Secco / DR

Sur son douzième album Le Jardin des rêves, le guitariste lorrain Jean-Pascal Boffo nous enchante une nouvelle fois avec sa musique rêveuse, qui se rapproche toujours plus de l’esprit du jazz actuel : composite et sans frontières.

En cette période trouble, rien de tel que la musique cristalline, voyageuse et inspirante de Jean-Pascal Boffo. Tous les deux ans, le bon génie du studio Amper à Clouange passe derrière la vitre pour nous offrir un album où s’expriment le talent et la douceur que de nombreux musiciens lorrains connaissent bien. Lorsque l’on retrouve Jean-Pascal Boffo et ses apaisantes lignes de guitare en cascades, on retrouve aussi la même bande… et une partie du plaisir est là. Au service des compositions du guitariste sur Le Jardin des rêves, le souffle envoûtant des saxophones de Pierre Cocq-Amann, la rythmique à la fois franche et soyeuse du batteur Hervé Rouyer et du contrebassiste Laurent Payfert, le timbre unique de Jo Cimatti. Comme à chaque album ou presque, Jean-Pascal ne résiste pas à l’envie d’agrandir la liste des invités, ici avec les luxembourgeois Niels Engel (batteur de l’épatante Pol Belardi’s Force) et Claire Parsons (chanteuse vue auprès de David Linx). « Cette scène jazz luxembourgeoise est incroyable, commente Jean-Pascal. Niels, j’ai craqué sur le jeu et sur le personnage ; je l’ai emmené vers un registre plus swing, plus souple qu’avec Pol Belardi. Quant à Claire, je suis resté scotché lorsque je l’ai vue aux NJP, j’ai même retardé la sortie de l’album pour qu’elle soit présente ». Et lorsque Jean-Pascal enregistre pour un ensemble à Hagondange, il tombe sous le charme de la violoniste Stéphanie Grevedon, dont l’instrument deviendra le cœur véritable de deux titres de l’album.

Le mandala/fleur de la pochette était un signe : les influences orientales sont encore une fois très présentes, une constante depuis l’album Nomades en 1993, période rock progressif. Jean-Pascal pense que le déclic vient d’une lointaine tournée en Algérie avec Antoine Thomé… « Mes influences sont nombreuses, il y a aussi du jazz, de la folk, du rock, explique le guitariste. Cela ne se remarque pas forcément, je crois que ça s’intègre de manière fluide. Je laisse à chaque musicien le soin d’apporter ses couleurs ». Si Le Jardin des rêves s’affranchit volontiers des étiquettes, à son écoute on songe parfois à ce jazz moderne, ouvert à tous les horizons. Une sensibilité de plus en plus prononcée dans la musique de Jean-Pascal, qui s’entoure d’ailleurs essentiellement de jazzmen.« Je comprends que l’on me rapproche de cette scène, c’est plus juste en tout cas que celle du rock progressif… aujourd’hui il n’y a plus de synthé dans ma musique ! » Album empli de chaleur et de lumière, Le Jardin des rêves est garanti 100 % acoustique, ce qui lui donne cette touche organique tout en rondeurs. Un son qui émerge le plus souvent à la nuit tombée, lorsque les portes du studio sont fermées et les derniers musiciens partis ; le moment pour Jean-Pascal, improvisateur avant tout, de se retrouver seul avec sa guitare « dans un espace à moi, où des choses apparaissent, se dessinent ».

En autoproduction, Jean-Pascal a pour la première fois fait appel au financement participatif pour la sortie de son Jardin des Rêves : une centaine de CDs pressés, déjà tous acquis par ses adeptes, une large diffusion en streaming et pour la première fois depuis 1988, un pressage vinyle. Il a fait appel pour son mastering au messin Sam Berdah du studio The Wall, qui fait déjà autorité à Metz quelques années à peine après son ouverture. Dépêchez-vous, il reste encore quelques galettes : profitez de la beauté de l’objet en plus d’une musique toute en harmonie, que l’on retrouve à chaque fois comme un petit coin de paradis.

Disponible sur www.jeanpascalboffo.com et en streaming