SORTIE LE 3 JUILLET

Imaginez un monde sans les Beatles… C’est ce qui arrive dans le 13e long-métrage de Danny Boyle, Yesterday, dont l’histoire n’est pas sans rappeler le Jean-Philippe de Laurent Tuel. Un vide que le héros de cette comédie rock-n-roll, musicien embourbé dans l’anonymat, va mettre à profit pour devenir une star planétaire.

Recherche Beatles désespérément. Dans le nouveau film de Danny Boyle (Slumdog Millionaire, Steve Jobs, 127 heures), Paul McCartney et sa bande ont totalement disparu du paysage musical. Exit Let It Be, le singulier Yesterday (lire autre texte) – qui donne son titre à cette comédie dramatique -, All You Need Is Love et autres chansons iconiques qui ont jalonné l’histoire de ce groupe mythique découvert dans une taverne de Liverpool. Mythique, le mot n’est pas exagéré pour cette formation rock ayant vendu le plus de disques à travers le monde, avec plus d’un milliard de copies écoulées (si si c’est possible), au nez et à la barbe d’Elvis Presley, pas très loin derrière.

Donc les Beatles n’ont jamais existé. Dans le monde où se réveille Jack Malik, c’est d’une banalité à pleurer. Même Google a l’air démuni lorsque ce dernier, musicien tentant désespérément de se faire une place au soleil, tape le nom des célèbres Fab Four, avec pour seul résultat un « beetle » qui le laisse pantois. Il faut préciser que ce dernier, incarné à l’écran par Himesh Patel (vu dans la série Damned), a fait un joli vol plané après avoir été percuté sur son vélo par un autobus, à la suite d’une coupure d’électricité généralisée. Une fois revenu de son black-out, avec un sourire Les Beatles n’ont jamais existé. Dans le monde où se réveille Jack Malik, c’est d’une banalité à pleurer.portant les stigmates de son accident, ce looser absolu va vite se rendre compte qu’il est le seul à connaître l’existence des légendes anglaises, alors qu’il gratouille sa guitare en fredonnant Yesterday, devant la mine interdite de quelques amis, sous le charme de ce morceau qu’ils entendent pour la première fois. Ce postulat de départ n’est pas sans rappeler le monde parallèle dans lequel évoluait Fabrice Luchini, façonné par Laurent Tuel dans Jean-Philippe (2006), après un bourre-pif digne de Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs. Sauf qu’à la différence de la comédie fantastique française, le personnage filmé par Boyle ne va pas tenter de retrouver la trace de ses idoles, mais au contraire s’approprier leurs textes et leurs mélodies pour se forger un destin doré qui le fuyait jusqu’à présent, avec des répercussions sur sa relation avec Ellie, interprétée par Lily James (Mama Mia! He We Go Again), son amie d’enfance et premier soutien.

Véritable hommage au Beatles, Yesterday porte la griffe de Richard Curtis – un proche de Paul McCartney – à qui l’on doit les scénarios des so british Love Actually, Coup de foudre à Notting Hill et autre Good Morning England, qui surfait sur la musique irrévérencieuse des radios pirates dans une Angleterre très conservatrice. C’est aussi l’occasion d’apercevoir Ed Sheeran dans son propre rôle. L’artiste britannique, révélé avec l’album + (2011), avait déjà été vu dans Bridget Jones Baby (2016), mais aussi dans la saison 7 de Game of Thrones.


Inoxydable Yesterday

Dans la discographie des Beatles, le titre Yesterday occupe assurément une place à part. D’abord parce qu’il s’agissait, à sa sortie en 1965, du premier du titre du groupe mythique à être joué par un seul de ses membres, en l’occurrence Paul McCartney, qui est seulement accompagné d’un quatuor à cordes. Ensuite parce que ce morceau empreint de nostalgie, paru en 13e position sur l’album Help, finira par devenir une des pièces iconiques des Fab Four. On ne compte d’ailleurs plus les reprises (au moins 3 000 officiellement) de cette balade longtemps baptisée Scrambled Eggs (œufs brouillés en français, car son auteur l’aurait composée en prenant son petit-déjeuner, après l’avoir entendue durant son sommeil) avant de devenir Yesterday. Parmi les interprètes les plus connus qui ont prêté leur voix à cette chanson impérissable figurent Elvis Presley, Marvin Gaye, Ray Charles, Frank Sinatra ou encore Placido Domingo. Et même notre Hugues Aufray national, sous le titre Je croyais.