Quand Au service de la France et Le Bureau des Légendes rencontrent X-Files, ça donne une pépite inspirée de faits réels, aussi loufoque qu’intrigante. Nouvelle création originale de Canal+, OVNI(S) explore les phénomènes paranormaux en France, à la fin des années 70.

Connaissez-vous le GEPAN ? En 1977, un Français sur cinq croit en l’existence des extraterrestres. Partant de ce constat, Valéry Giscard d’Estaing donne son aval pour la création du Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non-identifiés, dépendant du CNES (Centre national d’études spatiales). En coordonnant les rapports de la Gendarmerie nationale, de l’Aviation civile, de l’Armée de l’air et de Météo-France, cet organisme étudie donc les objets volants non-identifiés, appelés plus communément « ovnis ». L’organisme a connu quelques années fastes, avant un déclin progressif et sa disparition en 2004. Un an plus tard, il ressuscite sous le nom de GEIPAN : de nos jours, le service a une visée informative.

Dans OVNI(S), c’est au GEPAN en 1978 que Didier Mathure (Melville Poupaud) se retrouve placardisé contre son gré : cet ingénieur aérospatial renommé vient de voir sa fusée explosée en plein vol, et avec elle dix années de travail partir en fumée. Son patron décide alors de le muter à la tête du GEPAN, avec pour seul et unique objectif de démontrer l’inutilité de l’organisme et de le faire fermer. En arrivant au bureau du groupe, l’ingénieur dépité fait la rencontre de ses trois nouveaux collègues. Pour le moins atypiques, ces derniers sont peu enclins à la rigueur scientifique : Marcel (Michel Vuillermoz), chargé d’enquêter, ne croit pas aux ovnis mais plutôt à une large conspiration militaire, Remy (Quentin Dolmaire), geek de la première heure, se révèle être un petit génie informatique passionné d’ufologie, et Véra (Daphnée Patakia), standardiste lunaire et rêveuse, reçoit avec enthousiasme les signalements de phénomènes paranormaux.

Sceptique jusqu’à l’os, Didier est bien décidé à insuffler un peu de son cartésianisme à ce bureau d’investigation cocasse. Car bien souvent, en y regardant de plus près, les objets volants dits non-identifiés sont tout à fait identifiables : il s’agit en fait de la lune, d’un avion lumineux, d’un parapluie envolé dans le ciel par un coup de vent, d’une lanterne asiatique… Sous l’impulsion de l’ingénieur, l’équipe du GEPAN s’applique à trouver des explications logiques à des phénomènes perçus comme surnaturels. Mais Didier va progressivement se rendre compte que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Et parfois on ne comprend même pas ce qu’elles sont censées être. De Descartes, il ne garde bientôt plus que le doute : comment expliquer ces montres qui s’affolent ? L’apparition soudaine de flamands roses au milieu de la campagne française ? Ces radios qui changent brusquement de fréquence ? Les certitudes rationnelles de l’ingénieur sont ébranlées : difficile en effet d’expliquer l’inexplicable. À la recherche de la vérité (peut-être venue d’ailleurs), Didier et sa fine équipe se débattent alors, échecs après échecs, sans jamais s’avouer vaincus.

Drôle mais jamais ridicule, la série trouve le bon équilibre entre humour et mystère : les dialogues sont débités à la manière d’un cartoon par des personnages touchants dans leurs excentricités. L’intrigue, quant à elle, oscille entre scepticisme et crédulité, et nous mène aux frontières du réel. Finalement, une certaine poésie se dégage des situations loufoques dans lesquelles se retrouvent les protagonistes. Côté ambiance, OVNI(S) fleure bon la France des années 70 : moustache portée fièrement, pantalons taille haute et pattes d’eph, chemises roses et pulls orange pétant, canapés en velours côtelés et papiers peints aux motifs psychédéliques. Une esthétique qui s’accorde parfaitement avec le ton excentrique de la série. Rappelons aussi qu’à l’époque, la conquête spatiale passionne autant les états et les scientifiques que la pop culture : en 1977, Rencontre du troisième type et le premier volet de la saga Star Wars sortent en salle et électrisent des millions de personnes. Une atmosphère avec laquelle OVNI(S) s’amuse tout en finesse. Une deuxième saison est d’ores et déjà prévue, et on se réjouit de retrouver Didier Mathure et ses collègues du GEPAN. 

Retrouvez la saison 1 d’OVNI(S) sur myCanal et www.canalplus.com