LE LIVRE SUR LA PLACE LES 11, 12 & 13 SEPTEMBRE 2015

Daniel Picouly est le 37ème Président du Livre sur la Place de Nancy, premier salon national de la rentrée littéraire. Du 11 au 13 septembre 2015, cet auteur, conteur, animateur, rayonnera sur la place de la Carrière, et sur ses environs proches et lointains. Son actualité littéraire est belle, mais c’est surtout pour son engagement dans la lutte pour le livre et la lecture que l’écrivain se reconnait dans ce salon littéraire cher à son combat.
D-PICOULY-(©-Ville-de-Nancy)

(© Ville de Nancy)

« Quel honneur ! Je suis très flatté de présider le Livre sur la Place. Après l’académicien Dany Laferrière en 2014, la barre est haute ! ». Plein d’enthousiasme, Daniel Picouly avoue : « Je suis un vieux de Nancy, un de ces invités du temps du parking place Stanislas… Que de chemin parcouru depuis par l’équipe municipale pour mettre « un coup de jeune » en ces lieux ! »

Daniel Picouly, c’est l’auteur du Champ de personne, désormais au programme des classes de collège. C’est l’animateur de Café Picouly puis de Page 19 sur France O. Le créateur de la tortue Lulu Vroumette pour les enfants. Mais pas seulement. Lui parler de son nouveau roman, Le cri muet de l’iguane, qui raconte avec ces digressions dont il a le secret, l’histoire de ce grand-père incroyable dont la mémoire familiale a inventé une vie de héros, vous expose très vite à une passion débordante. Pas pour son livre, mais pour LE livre. « Ce festival est bien implanté. On pourrait lui reprocher son côté centre ville, mais ce n’est pas ça. Il s’agit de parler du livre en dehors du cœur de la ville. » Le Livre sur la Place rayonne hors de son écrin du 18ème siècle. Du café dédicace du samedi matin dans le parking souterrain à l’entretien du président dans l’Opéra National de Lorraine, en passant par une masterclass dans le quartier du Haut du Lièvre, Daniel Picouly sera partout. Parce que « moi, gamin de cité, dans mon lycée technique ou mon collège, je n’ai pas eu la chance de savoir que des choses existent et qu’on peut exister dedans ». Dans les émissions littéraires, « les convaincus parlent aux convaincus, il n’y a pas d’entreprise de conquête ! »Ces choses, ce sont tous les métiers de la télévision, du cinéma, du livre, ces métiers passions. « Je veux montrer à ces jeunes que ces métiers existent et sont proches d’eux ». Son émission, Page 19, sera tournée sur place, afin qu’ils puissent profiter des coulisses et secrets de tournage. Le tout assorti d’une masterclass par l’animateur. « Ce tournage permet de relier symboliquement ces deux parties de Nancy que tout semble opposer ». « Je suis très content de l’action des associations dans ce quartier, avec par exemple les beaux jardins ouvriers. Ce sont des partis-pris politiques que je partage avec M. et Mme Rossinot et avec la Municipalité : aller au devant, créer des conditions pour tous. C’est ce qui fait mon adhésion pleine et entière au Livre sur le Place ». D’autant que les temps sont graves. « On est en bagarre, en reconquête pour le livre. Il faut avoir conscience que le livre va mal et le dire ! » Daniel Picouly est un passionné, un engagé. Auprès des jeunes, par les ateliers d’écriture qu’il anime, par son métier d’enseignant en communication, mais aussi par ses émissions, ses discours. Pour lui, la télévision, l’école, Internet, le prix du livre… sont des lieux de lutte. Pour « allumer la flamme de la lecture, désacraliser l’écriture à l’école. Pour vivre avec son temps car les jeunes ne sont plus devant la télé, ils ne lisent plus les quotidiens, ils sont sur Internet. Pourtant, on continue sans se battre ». Dans les émissions littéraires, « les convaincus parlent aux convaincus, il n’y a pas d’entreprise de conquête ! ». Les séries TV remplacent le temps consacré à lire, même dans les domaines culturels.

Tout s’accélère, même le mode de narration. Or Daniel Picouly « exerce une suspicion sur cette « linéarité pour ne pas perdre le lecteur », dans une trouille du zapping ». Que ce soit pour une émission soumise à l’Audimat, ou pour un roman. Pour lui, les digressions sont « les floraisons baroques posées sur une structure classique ». Pour ne pas perdre le lecteur, tout en conservant une distance raisonnable avec lui. Le cri muet de l’iguane révèle un secret, « de ceux qui doivent sortir avant qu’on en crève ». L’écriture est une nécessité parfois, plus que la création d’une œuvre, pour l’auteur, « ça rend la vie plus grande, plus intéressante, pour soi et pour les autres. Quand on vit dans le monde des idées, ça gonfle les plumes, et on rayonne ! »


3 QUESTIONS À… FRANÇOISE ROSSINOT, Commissaire générale du Livre sur la Place

FRANÇOISE-ROSSINOT-(©DR)

(©DR)

Françoise Rossinot, vous êtes commissaire générale du Livre sur le Place, comment est né ce salon ?

Ma collègue de l’Est Républicain Mia Roméro a proposé aux libraires de sortir les livres de leurs boutiques, en 1978. Proche d’académiciens, elle a obtenu le parrainage Goncourt pour un salon qui suit la première sélection du prix et ouvre la saison littéraire. Celles et ceux qui font la rentrée littéraire veulent être présents, ils seront 600 cette année !

Qu’est-ce qui fait le succès de cette manifestation littéraire ?

D’abord, la fidélité de l’Académie Goncourt qui a rapatrié ses archives à Nancy et s’investit pleinement. Ensuite, le cadre classé au patrimoine mondial de l’UNESCO fait que les auteurs s’y sentent bien et se retrouvent aussi aux terrasses de la place Stanislas. Le public, (près de 170 000 visiteurs) qui vient de Paris, Belgique, Lyon, Franche Comté…Enfin, une programmation gratuite et qui respecte tous les publics.

Quelle est la mission du Livre sur la Place ?

Nous voulons que le livre soit vecteur de cohésion sociale. Nos écrivains se rendent dans les établissements scolaires, les médiathèques de quartiers, mais aussi auprès des publics empêchés (maisons de retraite, hôpitaux, maisons d’arrêt…). Cette année, une dizaine de salles accueillent des rencontres, de l’Opéra au Petit Théâtre de la Grand rue. La programmation s’ouvre davantage, Jonathan Coe dialogue avec Muriel Barbery, Fluide Glacial expose ses 40 ans… Nous voulons donner envie de lire, d’entrer dans une librairie. Et nous partageons nos écrivains dans une fête la plus large possible !