Les nouvelles guerres, ce sont les cyberguerres qui secouent la planète. Des attaques d’autant plus efficaces qu’elles sont invisibles.

Dans Les nouvelles guerres, sur la piste des hackers russes, les journalistes Boris Razon et Étienne Huver racontent leurs deux années d’enquête au cœur des réseaux de hackers russes et ukrainiens à qui l’on prête de multiples cyberattaques, notamment lors des dernières élections américaines. Qui sont-ils ? Comment interviennent-ils ? Qu’est-ce qui fait que la Russie compte autant de hackers ? Quelles sont leurs motivations ? Sur ce dernier point, l’enquête revient notamment sur le fait que les cyberattaques d’envergure ont une dimension géopolitique. Parce qu’elles ne coûtent pas grand-chose et ne font pas les gros titres des médias (ou alors pour focaliser uniquement sur leur impact économique), elles permettent à des états d’afficher une certaine puissance et de peser sur les équilibres du monde. C’est le cas de la Russie mais aussi de la Chine, de l’Iran, de la Corée du Nord ou bien d’Israël, qui, selon les auteurs, est l’un des pays qui comptent les meilleurs hackers au monde. Ces guerres qui ne font pas de morts (mais elles pourraient en faire en attaquant des usines, des centrales nucléaires, des aéroports…), ont pour armes le sabotage, l’influence et la manipulation. « L’opération lors des élections présidentielles américaines, menée très probablement par des hackers et trolls russes, a eu des conséquences qu’on ne sait pas aujourd’hui définir. L’enjeu n’est pas tant que ces opérations aient permis l’élection de Trump ou pas. C’est qu’elles ont provoqué un doute très fort sur la capacité de la plus grande démocratie au monde à mener une élection juste », expliquent les auteurs. Ce qui est inquiétant avec ces cyberattaques, c’est qu’elles semblent impossibles à réguler ou à contrôler. Ces guerres existent mais sont invisibles.

Les nouvelles guerres. Sur la piste des hackers russes
par Boris Razon et Étienne Huver. Éd. Stock, 2019