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Après six mois de travaux, le Musée Départemental du Sel à Marsal rouvre ses portes avec des collections augmentées, de nouveaux espaces ainsi que de nombreux dispositifs interactifs et numériques qui viennent enrichir un voyage à travers les âges au pays de l’or blanc.

Le Musée Départemental du Sel à Marsal met en lumière l’exploitation du sel dans la vallée de la Seille, économie florissante et enjeu politique majeur du VIIIe siècle avant notre ère jusqu’au XVIIIe siècle. Entre 2001 et 2012, de vastes chantiers de fouilles sont venus enrichir le fonds du musée et confirmer le statut de Marsal dans l’Histoire. En 2020, c’est à travers d’importants travaux et une expérience muséographique renouvelée que cette institution sous la gestion du Département de la Moselle connaît une nouvelle renaissance : 692 000 € ont été consacrés à des travaux de réhabilitation et de rénovation.

Les changements débutent dès l’entrée : en remplacement de la caserne N, c’est désormais directement au sein de la Porte de France, qui abrite les espaces d’exposition, que se fait l’accueil des visiteurs. La verrière créée offre un espace lumineux regroupant billetterie, commodités, une salle pédagogique ainsi qu’une borne interactive présentant un plan en 3D de la ville de Marsal et de ses points d’intérêt, y compris ceux disparus à nos jours. Un parking et un cheminement pour les Personnes à Mobilité Réduite viennent améliorer l’accès au musée, dont les parements en pierre de taille, les sols et les menuiseries ont été rénovés.

L’exposition se divise en quatre parties chronologiques : l’âge du Fer, qui expose de nombreux vestiges ayant trait à la production du sel ainsi que des bijoux, poteries et objets du quotidien, L’époque romaine et sa collection de monnaies enrichie de nouveaux prêts, et le Moyen Âge prospère de Marsal et de ses puissants ecclésiastiques, favorables à la création ou à l’acquisition d’œuvres d’art sacré comme le reliquaire de la collégiale de Saint-Léger ou la Vierge ouvrante de Marsal. La période moderne avec la Cité de Marsal achève le parcours avec le récit de la conquête de la ville par Louis XIV en 1663. Tout au long de la visite, l’Odyssée de l’or blanc, parcours interactif sur tablette, vient enrichir l’expérience du visiteur : l’empreinte du four de l’âge du Fer laisse à voir son fonctionnement en réalité augmentée, tandis que la stèle de Marsal, où apparaît pour la première fois le nom de la ville, dévoile son aspect d’origine. Des dispositifs numériques complets et originaux, notamment en réalité virtuelle, s’ajoutent également à la visite (voir ci-contre).

Des contenus supplémentaires sont consultables dans chaque salle via smartphone ou tablette : vidéos, documents ou cartes animées sur la géographie et le contexte historique de chaque époque. Une véritable narration est assurée par la voix de Louis de Jaucourt, encyclopédiste et guide virtuel. « Il s’agit d’un musée de civilisation qui lève le voile sur toute une histoire autour des salines de Marsal, note Laurent Steichen, Vice-Président du Département de la Moselle. Le numérique apporte un récit qui n’existait auparavant que sur des cartels et des panneaux, permet de faire des focus sur certains objets et de montrer beaucoup d’images d’œuvres en dehors de nos collections. C’est une véritable plus-value. »

Les collections sont d’ailleurs enrichies par des prêts et dépôts du Musée de la Cour d’or à Metz, du Musée Lorrain à Nancy, du Musée départemental Georges de La Tour ainsi que du Musée de Tessé au Mans ou encore du Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye, qui a apporté son assistance à la création de la nouvelle muséographie. Autant de partenariats qui, associés à des espaces rénovés et repensés et aux nouvelles technologies, permettent d’offrir une expérience renouvelée du Musée Départemental du Sel et de l’histoire de tout un territoire.

Porte de France à Marsal
Du mardi au dimanche
du 8 février au 13 décembre  de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h
03 87 35 01 50
www.mosellepassion.fr

De l’autre côté de l’Histoire

Le numérique investit le Musée Départemental du Sel à Marsal par la réalité augmentée et une documentation inédite, mais aussi via des créations à l’intérêt aussi bien culturel que ludique.

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Si L’Odyssée de l’or blanc, parcours numérique sur tablette proposant documents, cartes animées et réalité augmentée, constitue le fil rouge de la visite, l’accès à une cinquième salle immersive la clôture par une expérience inédite. Intitulée Marsal à l’ère du numérique, elle invite le visiteur à revêtir un casque de réalité virtuelle qui le replongera à l’âge du Fer. Le récit se penche sur les Médiomatriques de Marsal, les squelettes de huit ouvriers retrouvés lors des fouilles archéologiques de 2012 et 2013. Reconstitués grâce à la technologie 3D, ceux-ci apparaissent dans leur allure de l’époque. On redécouvre leur travail, leur histoire ainsi que leur fin tragique et mystérieuse en assistant à un rite funéraire : l’histoire n’a pas révélé si leur disparition était due à un accident ou à un sacrifice rituel… « La réalité virtuelle crée un effet certain chez le visiteur, l’immersion accentue l’intérêt pour le sujet, indique Jimmy Fischer de 3WG, la société créatrice du parcours numérique. Son effet magique, qui fascine enfants comme adultes, c’est la moitié de l’expérience : tout le travail historique le complète. »

Juste avant de plonger dans ce dernier espace, le Couloir du temps est ponctué de dispositifs à capteurs de mouvements qui attireront le visiteur dans des échanges avec des personnages historiques. Des tableaux de D’Artagnan, Jean de la Fontaine (qui a écrit sur la prise de Marsal par Louis XIV) et de Vauban (qui a contribué à la fortification de la cité) prennent également la parole et s’animent grâce à la réalité augmentée. Le visiteur pourra également plonger sa main dans une boîte virtuelle pour manipuler d’anciennes monnaies de l’époque romaine. « La numérisation muséale telle qu’elle est visible à Marsal a atteint aujourd’hui un niveau très intéressant, autant ludique qu’enrichissant » note Jimmy Fischer.


Un musée animé

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De février à décembre, de nombreux ateliers destinés au jeune public se tiendront au Musée Départemental du Sel, à travers différentes thématiques. Histoire et architecture seront à l’honneur avec À la recherche de Vauban, qui aborde le travail de l’architecte militaire de Louis XIV sur la Porte de France, qui aura aussi droit à une visite dédiée. Des ateliers sur l’écriture celtique, la création d’une fibule ou d’une poterie sont également au programme de la saison. Un stage d’été baptisé Le Sel dans tous ses états abordera tous les secrets de la précieuse ressource ; de même que les gargouilles de la collégiale de Marsal. Chaque événement festif du calendrier aura droit à des animations spéciales : Pâques sera l’occasion d’un atelier créatif et d’une chasse aux oeufs dans le parc du musée, et les festivités de la Saint-Nicolas et de Noël seront à préparer lors d’ateliers, qui seront également organisés dans le cadre des Journées de l’Archéologie ou de la Semaine du goût.

Programme détaillé sur www.mosellepassion.fr

Il était une fois Marsal

À l’occasion de la réouverture du Musée Départemental du Sel, Patrick Basso de la société Cerigo Films a réalisé L’Épopée de l’or blanc, un docu-fiction mêlant reportage, interviews et scènes reconstituant l’histoire de Marsal de l’Age du fer à l’époque moderne. Six mois de tournage ont mobilisé acteurs professionnels, figurants campés par les habitants de Marsal ainsi que plusieurs intervenants comme Laurent Olivier, directeur du Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, Jean-Paul Petit, ex-directeur du Parc Archéologique Européen de Bliesbruck-Reinheim ou Michel Rémillon, président des Amis du Musée du Sel. Pour élargir le contexte de la production de sel en France, le tournage, qui comprend des prises de vue par drone, s’est aventuré en Franche-Comté ou dans la mine de sel de Varangéville. Sélectionné au festival du film archéologique d’Amiens, L’Épopée de l’or blanc est projeté dans son intégralité dans le nouvel espace d’accueil du musée, et des extraits émaillent chacun des espaces muséographiques.

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