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De sa naissance en Algérie à son entrée au parlement, Belkhir Belhaddad s’est construit une vie de défis. Le député de La République en Marche (LREM) de Moselle poursuit sur un même élan, en marathonien. Il ne sera pas sur la ligne de départ de la course à la succession de Dominique Gros, à la mairie de Metz. « Je m’attache pleinement à ma fonction, car l’attente est forte. Si on se loupe, c’est le Front National qui arrivera ». 

Élu de la vague Macron, Belkhir Belhaddad ? Oui et non. Il a pris le bon couloir, certes, celui des vents favorables. Mais son nom, son parcours et ses réseaux ont aussi construit sa victoire. Au second tour des élections de juin 2017, les émissaires des « classiques » balayés (dont la sortante Aurélie Filipetti, avec 12% des voix), l’adjoint aux Sports de Metz se trouve face au Front National. 60% des électeurs glissent son bulletin dans l’urne et voilà le gamin de Timgad, arrivé en France à l’âge de 8 ans, ne parlant pas un mot de français, envoyé à l’Assemblée Nationale. Lorsqu’il arrive avec sa famille à Hagondange, en 1977, son premier défi sera celui de l’apprentissage de la langue. Un défi qu’il relève avec une puissance exceptionnelle, digne du marathonien qu’il est. Le sport est un fil rouge de sa vie, une ressource perpétuelle, physique et intellectuelle : « j’ai beaucoup appris dans le sport, et d’abord l’humilité ». Brillamment, il achèvera son parcours universitaire à la fac de droit de Metz, avec un Master de management international. Plus tard, Belkhir Belhaddad fondera son entreprise, spécialisée dans le developpement durable et employant dix salariés. Quelques marathons mis à part, et des courses régulières, il se concentre aujourd’hui sur son mandat de député, avec quelques domaines de prédilection, dont l’emploi et la solidarité. Son combat contre le racisme et les discriminations est transversal, ancien, tenace, indiscutable. Si le député de la 1ère circonscription de Moselle dit condenser son action autour de ses activités parlementaires, il le fait en réponse à une question sur les prochaines élections municipales à Metz, qui agitent déjà le microcosme, y compris celui de LREM. « Je ne suis pas candidat. Je m’attache pleinement à ma fonction de député car je sais que l’attente est forte. Si on se loupe,« Je n’aime pas cette idée des anciens contre les modernes. »c’est le Front National qui arrivera. Cela dit, je continue d’avoir un regard très attentif sur la situation locale », dit Belkhir Belhaddad, adjoint aux Sports de Metz jusqu’à son élection de député, désormais conseiller municipal de base. C’est sur la méthode qu’il assoit d’abord sa différence avec ce qu’on pourrait appeler (parfois injustement) « l’ancien monde », une formule qu’il n’aime pas : « je n’aime pas cette idée des anciens contre les modernes. Pour moi, il y ceux qui sont actifs, acteurs, et ceux qui ne le sont pas, il y a ceux qui sont sur le terrain, connectés, et ceux qui ne le sont pas ». En tête de gondole de la méthode Belhaddad : fabrique d’idées et ateliers. « La politique ne doit pas être la seule affaire des experts et des spécialistes. Par exemple, dans l’un des ateliers que j’ai créés, celui sur la santé, se côtoient le président des hôpitaux de Metz et la maman d’un jeune autiste. Il faut rendre le débat utile. Je me sers des idées que je reçois, par exemple, pour formaliser une proposition de loi. Ce sera le cas également avec l’ouverture d’une plate-forme numérique destinée à recevoir les idées des citoyens ». Sur le fond, il est également au front et défend le bilan des neuf premiers mois de la présidence Macron, expédiant au passage quelques tacles à ses anciens camarades socialistes : « Je suis un homme de gauche et je suis très à l’aise à LREM, je n’ai aucun état d’âme. J’en ai assez d’entendre dire : cette mesure, elle est de gauche, et celle-ci est de droite. Quand une mesure est bonne pour le pays, il faut la prendre, il faut cesser les dogmatismes. Ce que reprochent les citoyens aux politiques, c’est de ne pas prendre de décisions. Nous, on avance ! On peut discuter du rythme ou des méthodes, mais on avance… ». Il est tout aussi droit dans ses bottes, et se veut pédagogue, lorsqu’il évoque un sujet qui déchire la gauche (les gauches), la réforme des services publics : « la puissance publique ne peut pas tout, il faut regarder les choses autrement, parler en termes de missions, envisager clairement le fait que les centres de décision ont changé. L’État, par exemple, est moins aménageur qu’avant, les collectivités ont pris le relais. Il faut également prendre en compte les équilibres, qui ont été bouleversés, entre les espaces urbains et ruraux ».