notre-enfance-en-lorraine (© 123RF)Européenne avant l’Union, la Lorraine a toujours cumulé plusieurs identités. Tantôt française, tantôt germanique ou allemande, puis accueillant des Italiens et des Polonais, des Maghrébins… C’est de cette diversité que s’enrichissent la culture et l’identité de la région. Dans Notre enfance en Lorraine, Robert Jung raconte ses jeunes années tandis que sa nièce Nina del Tragheto couche ses mots sur le papier pour partager le quotidien des enfants lorrains de la guerre et du baby-boom. Un voyage dans le temps qui commence par les jours sombres de la deuxième guerre mondiale. Les petits lorrains, français depuis 1918, jouent innocemment avec les enfants de familles SS. « Les enfants ne s’intéressent pas à la politique ». Les adultes, eux, sont déchirés. Certains choisissent l’exil. D’autres deviennent des « malgré-nous » enrôlés de force dans la Wehrmacht. Et puis il y a ceux qui entrent en « résistance ». L’ouvrage se poursuit avec la fin de la guerre qui voit le retour des cigognes, des schwowebretle (des petits gâteaux !) préparés pour la Saint Nicolas. Au fil des mois et des années, le quotidien s’améliore tandis que les enfants deviennent des adolescents. C’est le temps du cinéma que l’on découvre dans les années 50. Le livre se referme sur 1968, alors que « la chape moralisante qui pèse sur notre jeunesse bouillonnante vole en éclats ». Une belle histoire, richement illustrée avec des photographies et documents d’époque.