À LA PHILHARMONIE LUXEMBOURG


Pour prolonger l’étrangeté du Nosferatu, l’un des chef-d’œuvre du cinéma expressionniste allemand réalisé par F.W. Murnau en 1922, le pianiste Jean-François Zygel a imaginé une composition envoûtante, interprétée sous forme de ciné-concert.

Avant d’entamer la réalisation de ce qui restera comme son métrage le plus célèbre, F.W. Murnau souhaitait adapter le roman Dracula de Bram Stoker, mais il n’en obtient pas les droits. Il crée alors Nosferatu, un personnage dont l’apparence terrifiante le fera accéder à la postérité, tout comme la réalisation onirique, entre peinture, poésie et musique d’un film sous-titré « Une Symphonie de l’horreur ». Le pianiste Jean-François Zygel, grand improvisateur et passeur de la musique classique, entretient une réelle fascination pour le film : « Nosferatu m’a toujours beaucoup impressionné, il est plein de scènes marquantes comme celle du bateau, de personnages peu recommandables mais complexes, au sein d’un univers visuellement très poétique et onirique ».

Pour Jean-François Zygel, l’exercice du ciné-concert permet à la musique et à l’image de faire jeu égal, comme à l’époque du cinéma muet où l’orchestre jouait en plateau pendant le tournage. « Le ciné-concert permet la jeunesse éternelle du film muet : dès qu’un musicien s’en saisit, il en propose pour ainsi dire une nouvelle version » décrit le musicien, qui livre une composition aux confins du surnaturel, truffée d’effets saisissants à l’image de l’œuvre de Murnau. Pour composer une atmosphère unique, il utilise toutes les possibilités de son piano et du célesta, instrument de percussion hybride, entre le glockenspiel et le piano. « Je voulais produire des sons que le spectateur n’a pas l’habitude d’entendre, rendre plus intense la poésie de Nosferatu grâce à une musique à l’unisson de son étrangeté : un prolongement du cauchemar visuel offert par Murnau, où les aspects familiers se mêlent à l’anormalité ».

 

Le 12 décembre à 19h, Grand auditorium
www.philharmonie.lu