Les éditions Monsieur Toussaint Louverture exhument Ce que cela coûte, roman du journaliste W.C. Heinz sur un boxeur en lice pour le titre mondial. Une fresque à la fois sobre et épique sur la quête d’accomplissement, l’abnégation et la beauté du geste face à la médiocrité.

Écrit en 1958, Ce que cela coûte nous place aux côtés de Frank Hugues, alter ego de l’auteur W.C. Heinz, journaliste sportif et pionnier du Nouveau journalisme, un style croisant journalisme et réalité, fiction et procédés littéraires popularisé par Guy Talese ou Hunter S.Thompson. Pendant neuf semaines, Hugues va suivre la préparation d’Eddie Brown, jeune boxeur s’apprêtant à disputer le titre mondial des poids moyens. Dans l’atmosphère monacale d’une résidence isolée nous sont décrits les entraînements quotidiens, la routine, les relations entre le boxeur et son entraîneur, l’intraitable et protecteur Doc Carroll. Connaisseur et témoin discret, Hugues tentera de révéler la personnalité du sportif et de son mentor et la nature profonde d’un sport qui lui a valu le surnom de « noble art ».

Au fil du roman, on croisera d’autres boxeurs et entraîneurs, des proches, des amateurs de boxe qui ajoutent par leurs histoires et leurs personnalités une matière bienvenue face au taiseux Eddie Brown et au sévère Doc Carroll. Avant le combat final, décrit sur à peine quelques pages, la beauté du roman, construit à coup de dialogues et de phrases courtes et sèches, réside surtout dans sa capacité à nous approcher au plus près d’une vérité. Celle de la discipline extrême du corps, de l’esprit et du geste exigées par un sport souvent déconsidéré, mais aussi celle d’un rêve en marche où la seule gloire recherchée est celle de l’accomplissement, après une vie de sacrifices. Par la précision de sa plume, saluée par Ernest Hemingway, W.C. Heinz parvient à nous placer au plus près de l’athlète, de ses doutes et de ses espoirs, tout en offrant un roman à l’intensité dramatique insoupçonnée.