La profession de l’industrie routière s’est récemment réunie à Pont-à-Mousson à l’occasion d’un Point-Rencontre Routes de Lorraine, organisé par Routes de France – Délégation Lorraine. L’occasion pour son président Nicolas Vallone d’évoquer la route de demain et les chemins qui y mènent…

De nombreux professionnels de l’industrie routière ont assisté, le 19 novembre dernier, à la journée d’échange organisée par Routes de France-Délégation Lorraine qui fédère une quarantaine de sociétés représentant 5000 salariés. De nombreux intervenants étaient également au rendez-vous : les donneurs d’ordres des 4 Départements lorrains, des élus (notamment Pierre Cuny, Maire de Thionville et Président de la Communauté d’Agglomération Portes de France-Thionville), Thierry Ledrich (Président de la Fédération des Travaux Publics de Lorraine) ainsi que Roland Fox, le Directeur des Ponts-et-Chaussées du Luxembourg, représentant François Bausch, ministre de la Mobilité et des Travaux Publics. Jean-Baptiste de Prémare, Délégué Général de Routes de France, avait également fait le déplacement. 

Différentes tables rondes ainsi qu’un point sur la situation de la filière et sur ses difficultés, notamment liées au manque de main-d’œuvre (voir angle ci-contre), figuraient au programme de la journée. 

Il a surtout beaucoup été question d’avenir et des enjeux sur lesquels la profession se doit de focaliser ses efforts que ce soit en matière de sécurité, de mobilité ou d’environnement. Même si, en ce qui concerne le volet écologique, Nicolas Vallone, président de Routes de France -Délégation Lorraine n’a pas manqué de rappeler, lors de son discours introductif, que « c’est bien l’usage des infrastructures et non l’acte de construire celles-ci qui est responsable de 50 % des émissions de CO2 ». Les activités de construction et de maintenance des entreprises de TP génèrent 3,5% des émissions carbone françaises. 

Pour relever ces défis, mille projets sont activés par les professionnels qui injectent beaucoup d’argent dans l’innovation et la recherche et développement, pour imaginer de nouveaux produits, des matériels innovants et des solutions de mobilité nouvelles. Des projets ambitieux puisqu’au registre des pistes étudiées, il y a celles liées à la création de routes non plus passives mais intelligentes, lumineuses, solaires et thermiques. Mais plutôt que d’en dresser la liste, Nicolas Vallone a choisi de souligner les qualités ou l’état d’esprit qui permettront à la profession de relever les défis à venir. 

L’agilité en tant que vivacité intellectuelle est l’une de ces qualités car comme indiqué supra, il importe pour la profession de continuer à s’adapter aux multiples évolutions qui agitent son écosystème tout en conservant en ligne de mire son objectif : transporter efficacement un nombre accru de passagers dans un délai réduit, sans interruption jusqu’au dernier kilomètre. Ce qui implique fréquence, pertinence, fluidité et rapidité. Pour rappel, ce sont 9 déplacements sur 10 qui se font toujours via la route. 

L’adaptabilité et l’engagement en sont deux autres, car il importe pour la profession de se réinventer. « Face à la malbouffe, on a opposé la slow food. À nous de construire ensemble un nouveau modèle, à la fois confortable et adapté aux usagers, innovant et permettant de retrouver les fondamentaux », a indiqué le président de Routes de France -Délégation Lorraine. Enfin, la profession doit faire preuve d’inventivité car il est nécessaire d’aller au-delà encore de l’intermodalité et de la multimodalité afin d’imaginer des voies atypiques et intégrées dans le paysage, des routes qui réinventent les villes et les villages, partout dans le monde. 

« J’imagine par exemple des tunnels qui permettent de jouer au caméléon avec la route : sans tain, végétalisés, transparents, opacifiables, mais toujours équipés d’une technologie permettant l’extraction et le traitement de la pollution générée par la circulation », a indiqué Nicolas Vallone pour qui « l’alter-modalité » est un formidable territoire d’exploration. Et cela alors « qu’aucun pays, aucun territoire, aucun citoyen ne pourra se passer de l’universalité de la route », pour reprendre les termes de Jean-Baptiste de Prémare qui a conclu cette journée riche en échanges.


« Nous devons travailler les leviers d’attractivité de notre profession »

Nicolas Vallone

© Beinat

Avec la reprise, la profession de l’industrie routière, qui recoupe un grand nombre de secteurs et de métiers, doit composer avec un manque de main d’œuvre qui se fait de plus en plus criant. « Les démissions, comme dans d’autres secteurs, sont en hausse. Le renouvellement des générations n’est pas assuré. La fidélité à une entreprise, n’est plus une valeur refuge pour les nouvelles générations. Désormais le ‘zapping’ devient la règle. Nous recherchons du personnel formé, opérationnel ; mais la force de nos métiers est aussi de former et de rendre opérationnelles les bonnes volontés », précise Nicolas Vallone. Les métiers transverses tels que conducteur d’engins de TP, chef de chantier ou conducteur de travaux ainsi que les constructeurs de routes sont en forte tension. « Il est indéniable que nous devons travailler les leviers d’attractivité de notre profession et développer nos cultures d’entreprise. Il nous faut aussi séduire la plus que moitié de l’humanité qui pense encore trop rarement à nos métiers : les femmes », précise le président de Routes de France – Délégation Lorraine.