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Nicolas Pieron sourit : « Il y a tellement de choses qui se ressentent dans un vin ». Vigneron à Marieulles-Vezon, il décrit le breuvage non seulement comme une alliance de la terre et du soleil, un assemblage, le fruit d’une technique, mais comme un mystère, un miracle, une diablerie fantastique suscitée par l’énergie du vigneron, sa sensibilité, son humanisme. Il aime sa terre et son histoire.

Nicolas Pieron est le dernier en date à entrer dans la confrérie, talentueuse et désormais reconnue nationalement, des producteurs de vins de Moselle. En janvier 2020, il reprend le domaine Jaspard, deux hectares de vignes plantés entre 1950 et 1975 sur les hauteurs du village, trois cépages, « 80 % d’auxerrois et un peu de pinot noir et pinot meunier ». Il le nomme Domaine Enivrance et crée six nouvelles cuvées (en plus des trois initiales) après avoir « vendangé parcelle par parcelle pour mieux appréhender les particularités de chacune et leurs richesses pour le futur. Il y a des particularités de maturité. J’ai par exemple constaté deux qualités différentes de raisin sur le pinot noir, j’ai donc séparé les récoltes et cela donne deux cuvées ». « J’ai tendance à être un éternel optimisme », sourit-il encore (il sourit beaucoup et probablement on le ressent aussi dans son vin), envisageant d’autres évolutions sur son domaine dont l’une des cuvées, Andrée, rend hommage à l’une des pionnières des lieux.

Très vite, le succès l’attrape. Pas grand-chose, pourtant, reliait ce jeune homme natif de Flirey en Meurthe-et-Moselle (commune également natale du célèbre Rintintin !), à l’univers de la vigne. Il y entre, non par effraction, mais par amour. L’audace et la curiosité complètent la sauce. Et puis le Portugal ! Alors qu’il se consacrait à la photo et au vélo, sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle au milieu des années 2010, il laisse courir son imagination sur d’autres chemins, d’autres destins. Arrive la vallée du Douro, les vendanges et le bruit des sécateurs, agissant comme un appel du grand large. Retour en Moselle, début de l’aventure, déjà vieille de trois ans et toujours pleine de promesses d’aurores.