natacha-atlasOmniprésent dans l’actualité discographique, Ibrahim Maalouf poursuit en quelque sorte, aux côtés de la chanteuse Natacha Atlas, son hommage à la femme entamé avec Red and black light et Kalthoum, sortis en septembre dernier, avec ce disque où il fait office de producteur, arrangeur et compositeur. Il y emmène l’anglo-égyptienne sur les chemins croisés du jazz et de la musique orientale, un crossover qu’elle a déjà expérimenté avec son précédent essai Expressions, enregistré en live avec l’orchestre de chambre de l’Orchestre National de Toulouse. L’approche moderne du trompettiste franco-libanais, l’instrumentation de haute volée d’un quintet qui réunit autour du batteur André Ceccarelli le violoncelliste Vincent Ségal ou le tromboniste Robinson Khoury, et la performance vocale irréprochable de Natacha Atlas se rejoignent ici sur un Myriam road parfaitement produit. Une démarche dans laquelle Maalouf excelle, capable de tirer le meilleur des univers qu’il revisite et marie avec subtilité, tout en sachant mettre en valeur les grandes voix. « Loin des clichés orientaux ou orientalistes, j’ai rencontré une femme consciente du monde qui nous entoure, multiculturelle, ouverte à la fois aux cultures anglophones, francophones et arabes, raconte-t-il. Mais surtout, je reconnais une voix unique, peut-être la seule voix arabe d’Occident et d’aujourd’hui qui peut encore se revendiquer authentique, à la fois contemporaine et moderne. » Les envolées du piano de Frank Woeste ou de la clarinette d’Ismaël Lumanovski donnent le ton tout au long de cet album enchanteur, presque lyrique par instants. Un écrin rêvé pour le retour en grâce d’une chanteuse qui change de dimension, se défaussant de son image de diva en donnant de la voix sur ce disque soigné et intense célébrant le multiculturalisme avec grand talent.