Du 4 mars au 5 octobre, en partenariat avec divers lieux messins, le Centre Pompidou-Metz présente une rétrospective de l’œuvre de Tania Mouraud. L’objectif étant de présenter une artiste iconoclaste désireuse d’extraire l’art de ses carcans. Cette exposition inédite se déploiera, dès le 27 juin, dans toute la ville.
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Tania Mouraud, De la décoration à la décoration (France) (détail), 1994-1995. Installation composée de 26 + 12 éléments dissociables. Acrylique sur bois sur mur peint. Collection CNAP Collection de l’artiste © Adagp. Paris 2015 © Pompidou-Metz / Droits réservés

Il s’agit là de la première exposition monographique de l’artiste française, qui s’affranchit depuis maintenant plus de 50 ans de tout dogme en explorant tous les médiums artistiques possibles entre peinture, installation, photographie, performance, vidéo et son. Tania Mouraud, depuis les années 60, n’a de cesse d’interroger les liens entre art et société. Autodidacte au génie foisonnant, l’artiste présente sa première exposition personnelle en 1966 à Paris. Trois ans plus tard, elle brûle l’intégralité de ses toiles lors d’un autodafé rendu public. Dans les années 70, Tania Mouraud créait des environnements propices à la méditation : les Initiation Rooms, espaces blancs laqués dans lesquels tout est censé concourir à l’introspection et qui seront le creuset de l’inspiration d’autres artistes tels Ann et Terry Riley ou Marian Zazeela qui y pratiqueront des performances. L’artiste poursuit avec des installations in situ où elle explore le graphisme et le champ des possibles de la perception visuelle. La typographie, sa lisibilité ou non, comme les mots qu’elle inscrit sur les murs font tous sens, délivrant différents niveaux de lecture, jouant avec la lucidité sensorielle ou intellectuelle du public. À la fois fascinée par la publicité et horrifiée par un consumérisme outrancier qui glorifie l’avoir aux dépends de l’être, elle investit également l’espace public, à Paris puis à New York, utilisant le traditionnel format promotionnel 4×3 pour y jeter un NI aussi insolent que troublant. Depuis la fin des années 90, elle explore l’Histoire et le vivant via la photographie, la vidéo et le son.
C’est ce parcours radical que met en exergue l’exposition messine dans laquelle de nombreuses œuvres pivots de Tania Mouraud sont réactivées depuis le Centre Pompidou jusqu’aux vitrines des Galeries Lafayette en passant par l’Arsenal, la chapelle des Templiers, l’église Saint-Pierre-aux-Nonnains, le centre d’art Faux Mouvement, le Frac, la Cour d’Or et les galeries Toutouchic et Octave Cowbell.