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Jean-François Hein de la Société de l’abattoir du pays de Sarrebourg (SAPS) :

« Nous avons fait un véritable bond en avant »

La Société de l’abattoir du pays de Sarrebourg (SAPS) affiche sa confiance en l’avenir. L’entreprise qui compte de nombreux éleveurs et artisans locaux parmi sa clientèle profite pleinement du retour en grâce des produits du terroir. Cela tombe bien, ses racines mosellanes, la SAPS les revendique volontiers. 

Ces derniers mois, nous avons fait un véritable bon en avant. Le confinement et la crise sanitaire se sont accompagnés d’une forte demande. Les modes de consommation ont évolué, les consommateurs sont en quête de produits sains, de produits locaux. Bien entendu, ça nous profite directement. Et j’espère que cette tendance sera durable », confie Jean-François Hein, le directeur de la Société de l’abattoir du pays de Sarrebourg (SAPS). 

L’entreprise qui emploie, en tout, une quarantaine de salariés, s’avère bien positionnée pour tirer son épingle du jeu malgré la crise. Cela tient à différents atouts et spécificités. Créée en 1993, la SAPS qui exploite l’abattoir qui lui a vu le jour en 1974, est l’une des rares entreprises de ce secteur d’activité, à assurer l’abattage de bovins, de porcins et d’ovins, dans la région. Une « polyvalence » et un savoir-faire qui lui permettent de diversifier ses approvisionnements et ses débouchés locaux. Outre l’abattage des animaux, elle assure également des prestations à valeur ajoutée comme le ramassage, la découpe et la transformation (viandes hachées, émincés, saucisses…). Deux entités Cheville Est et Helal Est, également installées au sein de l’abattoir, complètent l’offre en produits en proposant du gros et demi-gros et de la viande halal.

Cette belle palette de services séduit tout particulièrement les petits artisans locaux ainsi que les éleveurs de la région qui misent, notamment, sur le circuit-court pour diversifier et développer leurs sources de revenus. « Le fait d’offrir un service qui va du ramassage du bétail à la livraison des produits finis, nous permet un suivi personnalisé de chacun de nos clients. Les éleveurs sont de plus en plus nombreux à nous accorder leur confiance puisque nous les accompagnons dans leur désir de commercialiser leurs produits en direct, tout en générant de la valeur ajoutée. Nous travaillons en étroite collaboration avec les magasins fermiers qui essaiment un peu partout. Rien qu’autour de Sarrebourg, on en compte quatre », précise le directeur « nous intervenons dans un rayon de 150/200 kilomètres, essentiellement en Moselle et en Alsace ».

Pour répondre aux attentes de ses clients, la SAPS veille en permanence à étoffer sa gamme de produits viande, à former son personnel aux nouvelles normes et techniques et à faire évoluer son outil de production. Un important investissement est d’ores et déjà programmé pour la fin de cette année. « Nous investissons dans de nouvelles installations dédiées à la production de froid, ce qui est bien évidemment très important compte tenu de nos métiers. L’ambition est de gagner en performance, de réaliser des économies en énergie et de limiter encore notre impact sur l’environnement en réduisant le recours à des gaz carbonés au bénéfice de solutions naturelles », précise Jean-François Hein.

Si l’entreprise mosellane affiche sa confiance en l’avenir, son futur, elle l’envisage en Moselle et nulle part ailleurs. « Notre capital est détenu à 94 % par le comice agricole de Sarrebourg, les 6% restants étant entre les mains de la corporation des bouchers et des agriculteurs. Tous ces acteurs sont très attachés à cet outil et à leur territoire. Nos racines sont locales et nous sommes non-délocalisables », conclut le dirigeant.

Société de l’abattoir du pays de Sarrebourg (SAPS)
Rue de Bellevue – 57400 Sarrebourg / 03 87 03 37 03
http://www.abattoir-pays-sarrebourg.fr

Fabien Prud’homme de la société Charpalor à Créhange :

« Une augmentation des ventes des produits locaux »

Charpalor – DR

Pâtés lorrains, tourtes lorraines, quiches lorraines… La production de l’entreprise Charpalor fleure bon le terroir. Cela tombe bien, les consommateurs en redemandent.

« La société Charpalor a été créée en 1992. Nous fabriquons des charcuteries pâtissières comme des pâtés lorrains, tourtes lorraines, quiches lorraines, pizza et leurs dérivés », explique Fabien Prud’homme, le gérant de cette PME sise à Créhange en 1996. Comme bon nombre d’entreprises de l’agroalimentaire, elle a enregistré un recul de son chiffre d’affaires d’environ 20% durant le confinement. Pas une surprise puisque la restauration scolaire qui a été stoppée nette, est l’un de ses marchés. Heureusement pas le plus important, l’essentiel de sa clientèle étant composé d’acteurs de la grande et moyenne distribution. Ce marché pèse pour plus des 3/4 dans le chiffre d’affaire.

Si la baisse d’activité a été ressentie, il y a aussi des indicateurs positifs et des raisons d’aborder les mois à venir avec un peu plus de confiance. « Étant producteur local, on constate une augmentation des ventes des produits locaux, et donc de nos produits, depuis la fin du confinement. Il est difficile de dire, aujourd’hui, si c’est une tendance éphémère ou non. Surtout que la fermeture des restaurants a contraint les consommateurs à davantage consommer à la maison. Ce qui nous a d’ailleurs permis de minimiser les pertes de CA. La réouverture des restaurants va-t-elle inverser la tendance ? L’avenir nous le dira », souligne le dirigeant.

Face au manque de visibilité et à l’incertitude, CHARPALOR ne joue donc pas la carte du repli mais celle de la prudence. « Les nouveaux produits ont été mis en stand-by. Pour l’heure, les projets d’investissements ont aussi été reportés à l’année prochaine voire au second trimestre 2021. Nous avons également un nouveau marché qui a été retardé du fait du confinement », ajoute Fabien Prud’homme qui confie, néanmoins, avoir l’intention de recruter dès le mois de septembre. Du personnel féminin peut-être, histoire de se rapprocher d’une parité exemplaire, la PME employant 38 personnes : 20 hommes et 18 femmes.

L’entreprise est donc prête à rebondir très vite, dès lors que le ciel se dégage. CHARPALOR a fait preuve de tout son dynamisme au cours de ces dernières années. La PME a déjà investi à trois reprises (2007, 2008 et 2013) afin d’agrandir ses bâtiments et d’accompagner sa croissance.

Société CHARPALOR
9 rue Denis Papin 57690 Créhange / 03 87 90 76 76
www.charpalor.com

Frédéric Toussaint de la société HCL Maître Pierre à Sarrebourg :

« Réactivité et adaptabilité »

HCL Maître Pierree ©DR

Spécialisée dans les produits alimentaires surgelés tels que Flammekueche, tartes et autres quiches, la société HCL Maître Pierre compte s’appuyer sur le dynamisme de son équipe et l’appétence des consommateurs pour les produits de qualité, afin de rebondir au plus vite.

Le HCL Maître Pierre est une entreprise agroalimentaire créée par des professionnels issus de la restauration et implantée à Sarrebourg depuis 1985. La société produit et commercialise des produits alimentaires surgelés dont la fameuse Flammekueche, ainsi que des tartes, des fonds et des quiches. La PME possède 2 sites de production inaugurés en 1988 et 1998, certifiés IFS (International Food Standard), gage de la maîtrise de la sécurité et de l’hygiène des produits.

« Cela nous a permis d’accéder au marché de la MDD (Marque De Distributeur) », précise Frédéric Toussaint, le président de l’entreprise. « Nos principaux clients sont la GMS (les Grandes et Moyennes Surfaces), la RHF (la Restauration Hors Foyer), les grossistes et, dans une moindre mesure, les restaurateurs. Chaque année, nos 180 collaborateurs fabriquent 18 millions de pièces à destination des marchés français, européen et américain ». Les exportations pèsent d’ailleurs lourd dans le chiffre d’affaires, plus de 70%.

En cette période de crise, HCL Maître Pierre doit composer avec des relations avec les fournisseurs et les clients qui se tendent surtout sur les prix, les délais de livraison qui se réduisent, les règles à respecter s’intensifient et les modifications de commandes deviennent monnaie courante.

« Les mots d’ordre sont désormais réactivité et adaptabilité », souligne le dirigeant « notre préoccupation première est de sortir sereinement de cette crise sanitaire, en consolidant notre positionnement auprès de nos clients grâce à l’engagement de chacun ». Pour rebondir, Frédéric Toussaint, outre le savoir-faire et l’implication de ses équipes et la qualité de sa gamme de produits, compte également profiter de l’évolution des attentes des consommateurs en matière de consommation alimentaire. « Le confinement a conforté un retour aux sources, au local, déjà perceptible depuis l’automne dernier. Nos clients sont de plus en plus demandeurs de produits fabriqués avec des matières premières d’origine France. L’origine et la traçabilité de nos matières sont à mettre en exergue », confie le dirigeant.

Société HCL Maître Pierre
Rue de l’Artisanat – 57400 Sarrebourg / 03 87 03 24 16
www.maitrepierre.com

Yannick Fosse de la société Petit Veganne à Sarralbe :

« Des produits irréprochables »

Petit Véganne ©DR

« Nous avons créé une micro-entreprise en avril 2017, dans un garage aménagé de moins de 40 m2. Depuis, nous avons grandi. Aujourd’hui, Petit Veganne emploie 8 personnes et nous avons récemment investi dans notre outil de production », explique Yannick Fosse, cofondateur, avec Anne Guth, de cette PME mosellane installée à Sarralbe. Petit Veganne est spécialisée dans la fabrication de fromages végan bio. La gamme compte 7 spécialités et un nouveau produit sera lancé en fin d’année, en l’occurrence un petit cendré. « Nous sommes en permanence en train de travailler sur de nouvelles saveurs. Mais l’objectif n’est pas de sortir une nouvelle spécialité tous les 6 mois. Ce n’est pas ainsi que nous travaillons. Nous voulons que nos produits soient irréprochables en termes de qualité et de saveurs », précise le jeune dirigeant « cette quête d’excellence vaut pour nos produits comme pour nos services ». L’approche est la bonne. Les clients apprécient et les ventes décollent. « Nous avons deux réseaux de ventes. Nous travaillons en direct avec les particuliers via notre boutique en ligne. Et d’autres part, nous développons un réseau de distributeurs actuellement composé d’une centaine de boutiques et magasins bio, en France mais également dans les pays frontaliers », explique Yannick Fosse « les ventes en direct représentent environ 30 % du chiffres d’affaires et le B2B, 70% ». Ce positionnement a d’ailleurs permis à Petit Veganne de ne pas trop être impactée par la crise sanitaire et le confinement, l’activité du magasin en ligne ayant compensée, en partie, la fermeture de nombreux points de vente physiques. Le dirigeant appréhende l’avenir avec confiance. « Nous sommes sur un marché porteur. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se préoccuper de leur santé et à vouloir manger plus sainement. C’est notamment le cas de la nouvelle génération. Les personnes ayant des intolérances et des allergies alimentaires sont également nombreuses. Avec nos produits, elles prennent du plaisir à renouer avec des saveurs dont elles ont parfois été longtemps privées », souligne Yannick Fosse. Cette confiance en l’avenir se confirme également par de l’investissement. En 2021, Petit Veganne a prévu d’investir dans de nouveaux locaux, encore plus vastes.

Société Petit Veganne
3 Rue du Colonel Blondel – 57430 Sarralbe
petit-veganne.com