© FM Logistic
Sans rougir, le territoire mosellan peut se targuer de bénéficier d’une haute qualité de ses infrastructures de transport doublée d’une position centrale au cœur d’un bassin de consommateurs. Il ne semble pas étonnant, dès lors, que s’y soient implantées les bases logistiques du vendeur de meubles Ikea, du distributeur Lidl, du fabricant de machines agricoles AGCO… Par ailleurs, avec des transporteurs tels que Tramosa, STEF, Altrans, Transalliance, Di Egidio ainsi que des leaders de la prestation logistique comme FM Logistic, ce sont plus de 17 000 emplois que ce secteur génère en Moselle. Chiffre encadré par 850 hectares de zones logistiques, 1,4 millions de m² d’entrepôts construits en 20 ans, une situation logistique pan-européenne et la présence de plus de 1 000 transporteurs nationaux et internationaux…

Le groupe FM Logistic, dont le siège est à Phalsbourg, connaît un développement continu depuis sa fondation en 1967. Implantée en Inde, en Asie, en Europe centrale et de l’est ou encore au Brésil, cette entreprise familiale continue de s’adapter et d’innover face aux changements des modes de consommation et de distribution.

En 1967, le mariage de Claude Faure avec Mireille Machet en provoque un autre : celui de l’entreprise de transport de bois créée par Claude et Edmond avec la société de transport routier de Jean-Marie Machet. Faure & Machet compte alors 12 collaborateurs et 7 véhicules. Moins de dix ans plus tard, elle réunit 90 collaborateurs et 75 véhicules, et aujourd’hui plus de 27 000 salariés à travers le monde travaillent pour le groupe FM Logistic, dont 6 000 en France, pour un chiffre d’affaires s’élevant à 1,3 milliard d’euros pour l’exercice 2018-19, en progression de 12 %. Le siège social du groupe, lui, n’a pas changé : situé à Phalsbourg, il accueille 300 employés œuvrant à l’administration et à la stratégie du groupe, notamment dans le domaine du digital et de l’ingénierie pour la création des plates-formes de stockage.

Olivier Faure, administrateur familial, PDG de FM Holding Corporate et fils d’Edmond Faure, a à cœur de souligner l’identité familiale et « patrimoniale » de l’entreprise. « Les dix enfants des trois fondateurs sont tous actionnaires, plusieurs sont impliqués dans le conseil d’administration et le comité exécutif. Il est important pour nous d’avoir un actionnariat stable, avec des gens qui connaissent le métier et surtout ont un lien particulier avec l’entreprise. Les résultats à court terme ne font pas tout : notre souci, c’est la pérennisation de l’entreprise. » Olivier Faure est entré au sein de FM Logistic en 1991 par le biais de l’informatique, son domaine d’études, encore peu présent à l’époque. Aujourd’hui, le groupe met en avant ses outils en ligne de gestion des ressources humaines et de partage des informations. « On pense même aux exosquelettes qui pourront équiper les préparateurs dans les entrepôts » indique Olivier Faure.

Les maîtres-mots : s’adapter, bouger, évoluer « avec les clients », parmi lesquels Mars, Mondelez, Nestlé, Unilever, Carrefour, Bosch, Samsung ou encore Dior ou l’Oréal. Du Brésil au Vietnam, FM Logistic privilégie la logistique au sein des frontières de chaque pays, distribuant les produits de ses clients fabriqués sur place. Et fait face à des cultures d’entreprise diverses : « En ce qui nous concerne, notre culture d’entreprise est la même partout, mais il faut parfois faire évoluer les choses sans brusquer. En Inde, où nous employons 4 500 personnes, il s’agit d’intégrer davantage de femmes, de sensibiliser à la santé au travail, d’investir dans la scolarisation et de tisser des liens avec les universités sur place. »

L’avenir impliquera de faire face à des mutations en termes de modes de consommation et donc de stratégies pour les clients de FM Logistic. Le groupe met notamment en avant Citylogin, réseau de sites logistiques de proximité et de véhicules légers de livraison, à cent lieues de la tendance d’une logistique à grande échelle et sans frontières qui a prévalu ces dernières décennies. Une transformation du modèle économique est en cours et la flexibilité est de mise. « Demain nous travaillerons différemment mais il faut avoir des compétences à tous les niveaux : aller dans des magasins de proximité, dans les grands magasins qui proposeront un modèle différent, et directement chez les particuliers » résume Olivier Faure. Les besoins de FM Logistic en termes humains sont également au cœur de son évolution : avec 2 300 embauches en 2018-19, le groupe investit dans la formation à tous les niveaux, et se soumet à « une croissance sélective » pour continuer à satisfaire ses clients au mieux. « Nous entretenons une vision à long terme avec une exigence en matière de valeurs humaines et de proximité : c’est ce qui fait toute l’identité d’une entreprise familiale comme la nôtre. »                


Continuer la route

© Di Egidio

© Di Egidio

Les transports Di Egidio réalisent chaque jour quelque 1000 livraisons avec leur flotte de 250 véhicules parcourant la France et l’Europe. Fin 2017, la société fait l’acquisition de l’ancienne usine de France Transfo à Marange-Silvange pour la réhabiliter en plate-forme logistique de 10 000 m², qui viennent s’ajouter aux 6200 m² qu’elle possédait déjà entre Ennery et Marange-Silvange, où se situe son siège social. Un investissement de 3 millions d’euros a été nécessaire pour mettre le site en conformité avec l’activité logistique, un domaine en plein développement pour l’entreprise ces dernières années. « C’est une évolution naturelle dans le métier du transport, explique Frédéric Di Egidio, le dirigeant. La logistique comporte beaucoup de procédures, mais ces quinze dernière années nous avons accumulé une expérience certaine en la matière. »

L’industrie, l’automobile, les travaux publics et la grande distribution font partie des principaux clients de l’entreprise, également basée à Foetz au Luxembourg, où elle possède des ateliers. « Notre positionnement géographique est indéniablement favorable pour nous développer, note Frédéric Di Egidio. Mon seul objectif étant de continuer notre route avec une entreprise viable et stable. »

www.di-egidio.com

Odyssée familiale

© Altrans

© Altrans

Fondé à Hambach en 1974 par Jean-Paul Jung, le groupe mosellan Altrans compte aujourd’hui 700 collaborateurs et 350 véhicules répartis au sein de neuf agences, dont la dernière a ouvert ses portes à Blois, en région parisienne, il y a trois ans. Le groupe compte une douzaine d’entreprises cumulant un chiffre d’affaires de 67 millions d’euros. Le transport, la logistique pour des clients tiers mais aussi le conseil font partie de ses activités principales. La branche logistique du groupe, baptisée Eurologistique, très développée sur Sarreguemines et sa région, propose plus de 40 000 m² de surface de stockage. « Nous avons acquis une dimension nationale mais aussi internationale via les solutions que nous pouvons proposer à travers notre réseau de prestataires » indique Christophe Hoffmann, directeur général.

En 2008, Paul-Antoine Jung reprend les rênes de l’entreprise familiale ; le dirigeant de 37 ans est à la tête d’un groupe qui insiste toujours sur son identité familiale et à taille humaine, bien qu’Altrans ait accompli beaucoup de chemin depuis ses débuts avec deux véhicules. « Cela a beaucoup rassuré nos collaborateurs que la succession soit assurée de cette façon, et avec un dirigeant jeune, note Christophe Hoffmann. Nous sommes une entreprise qui a conservé l’état d’esprit des débuts, avec une chaîne de décisions courte. Notre ancrage local reste fort : 130 de nos collaborateurs travaillent à Hambach. » Connaissant un développement régulier depuis sa fondation, Altrans est, à l’heure actuelle, en passe de franchir un cap en termes de volume et d’activité. Mais la progression se fait avec prudence. « Il est important de se développer, pour le bien de tous ceux qui travaillent au sein du groupe, même si ce n’est pas une fin en soi, explique le directeur général. Nous avons conscience que lorsque l’on avance pas, on recule, mais il s’agit de le faire intelligemment. »

www.altrans.fr

Main dans la main

© Transalliance

© Transalliance

Voici presque deux ans jour pour jour que le groupe norvégien de matériel agricole Kverneland a inauguré son centre logistique mondial de distribution de pièces détachées sur la zone de Metzange-Buchel, à Thionville. Abritant quelque 65 000 références sur 25 000 m², celui-ci assure le réapprovisionnement en pièces pour toute l’Europe et pour le monde entier pour certaines pièces. Kverneland, auparavant implanté à Ennery, souhaitait investir de nouveaux bâtiments tout en restant sur le territoire, et a également choisi des couleurs locales pour assurer la préparation des commandes : le lorrain Transalliance a déployé sur place cinquante salariés qui travaillent main dans la main avec une dizaine d’employés du groupe norvégien. « La situation sur ce site est assez rare dans notre métier, car notre client, qui assure le transport de ses produits, est présent physiquement sur place, explique Hervé Hollander, directeur des opérations logistiques pour Transalliance. Il y a une symbiose, chacun est parfaitement au fait de la façon de travailler de l’autre. »

la proximité de l’équipe dirigeante de Transalliance, ainsi que sa taille, comparable à celle de Kverneland, ont également constitué d’autres arguments en faveur du groupe lorrain. Une culture d’entreprise commune donc, entretenue dès la phase de réhabilitation des bâtiments, qui a duré trois mois, ceux-ci ayant été repensés par les ingénieurs de Transalliance aux côtés de son client. « Nous avons pour principe de faire du sur-mesure, de nous adapter aux besoins de nos clients, de ne pas les faire entrer dans un schéma unique, précise Hervé Hollander. Nous sommes un groupe européen mais nous avons conservé la mentalité d’un groupe local, familial. »

Actuellement, la plate-forme gère plus de 500 000 commandes par an en direction de 75 pays.

www.transalliance.eu/fr