Est-il vraiment utile de vanter les qualités littéraires des romans d’Ian Manook ? Le succès de Yeruldelgger et Les temps nomades parle de lui-même. Et La mort nomade est bien évidemment dans la même veine : taillé à la serpe, incisif, sans concession avec le monde, sans traitement de faveur pour la Mongolie qu’il aime tant. Les romans se suivent, Yeruldelgger est toujours aussi intraitable, les meurtres aussi gore, l’ambiance aussi glauque et l’écriture aussi poétique. Pourtant notre flic incorruptible en avait sa claque d’Oulan-Bator et avait planté sa yourte au fin fond du désert de Gobi sinon pour une retraite paisible, au moins pour arrêter de lutter inutilement de lutter contre le crime. Mais chasser le naturel, il revient au galop, au sens propre comme au figuré.