Gallmeister nous régale avec la réédition de romans cultes. Au menu ce mois-ci : le picaresque Bikini de diamants de Charles Williams, chef d’œuvre d’invraisemblance et de remise en cause de l’ordre établi. Une bouffée d’oxygène.
Le bikini de diamants Charles Williams

Vous le connaissez peut-être mieux sous le nom de Fantasia chez les Ploucs. Il est paru pour la première fois sous ce titre en 1957. Les cinéphiles se rappellent l’adaptation aussi décalée que le texte signée Gérard Pirès qui mettait en scène les éternellement regrettés Jean Yanne, Lino Ventura et Mireille Darc. Cette nouvelle édition offre une première traduction intégrale du monument de l’écrivain texan Charles Williams.

Parieur impénitent, Pop est complètement fauché. Il part vivre avec son fils Billy chez son frère Sagamore Noonan. Le trio vit une existence tranquille dans la ferme paumée de l’oncle Sagamore, entre distillerie clandestine et coups fourrés pour se marrer aux dépend du shérif et de ses adjoints jusqu’à l’arrivée de Choo-Choo Caroline et son garde du corps. Strip-teaseuse de son état, la belle plante, témoin d’un meurtre, s’est sauvée avec un bikini paré de diamants. Pour passer ses journées, elle apprend à nager au petit Billy (vêtement du fameux maillot de bain) dans le lac jusqu’à ce que les mafieux qui la poursuivent ne retrouvent sa trace.

S’en suit une formidable chasse à la femme dont Sagamore décide de profiter à fond. Il organise une gigantesque fête foraine pour accueillir toutes les bonnes volontés qui souhaitent aider les forces de police à récupérer Choo-Choo. Le scénario est tout aussi improbable que les personnages, les dialogues et les combines de Sagamore qui a fait sien ce proverbe : « plus c’est gros, plus ça passe ».

Au fil des pages, on se prend d’affection pour ce personnage qui a décidé de prouver par l’absurde l’inanité du système. On oublie tout souci de vraisemblance pour s’immerger avec un bonheur inégalable dans le monde loufoque des Noonan.