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Co-développement, initiative, innovation… Ce sont les mots-clés qui caractérisent la stratégie du Département de la Moselle, en matière de mobilité transfrontalière. 

Le Département de la Moselle n’a plus la compétence « transport » depuis le transfert de compétences opéré dans le cadre de loi NOTRe, en direction des Régions. Pour autant, l’investissement de la collectivité au service de la mobilité va bien au-delà de l’entretien et de l’aménagement du réseau routier secondaire qui relève de sa responsabilité. Les multiples projets que le Département de la Moselle, porte ou accompagne afin d’optimiser les déplacements des Mosellans, en Moselle et dans l’espace transfrontalier, le confirment. 

Au registre de l’innovation, le Département s’implique dans MMUST (Modèle MUltimodal et Scénarios de mobilité Transfrontaliers), aux côtés de nombreux acteurs de la Grande Région. MMUST est un outil de simulation et d’aide aux prises de décisions en faveur de la mobilité qui doit permettre de répondre concrètement et efficacement aux problèmes rencontrés sur le territoire (embouteillages, trains bondés, etc.).

Avec TERMINAL, le Département est également engagé, aux côtés de partenaires luxembourgeois et allemands, dans une expérimentation de bus autonomes et électriques transfrontaliers qui pourrait avoir des applications concrètes dans une dizaine d’années. Ce projet s’inscrit dans la continuité d’ELEC’TRA qui portait sur l’électromobilité et le co-voiturage. S’il est aujourd’hui facile de se déplacer au sein de la Grande Région, il n’est pas inutile de rappeler que c’est le Département de la Moselle qui a été à l’initiative de TICKETING, 1er projet de billettique transfrontalière dans la Grande Région transféré à la Région Grand Est en 2017, qui permet aux usagers des transports en commun, aujourd’hui encore, de circuler au-delà des frontières avec un seul et unique titre de transport.

L’actualité du Département en matière de mobilité transfrontalière, elle est également du côté de la Moselle Est avec un ambitieux projet visant à développer une liaison ferroviaire entre la Sarre et le Luxembourg via la Moselle. Et cela en procédant à la réhabilitation de voies de chemin de fer existantes, sur la ligne Dillingen-Bouzonville. « L’ambition est de permettre aux Sarrois et Mosellans de pouvoir se rendre plus aisément au Luxembourg, en train (pour l’heure il faut passer par Metz ou utiliser des bus) pour y travailler, mais également d’agir concrètement en faveur du développement de ce territoire », explique le président du Département de la Moselle « les besoins en mobilité sont réels quand on sait que  l’ancien arrondissement de Boulay a enregistré une des plus fortes progressions du nombre de travailleurs frontaliers vers le Luxembourg (sur la période 2008/2013 +33%) ». Sur ce dossier, le Président indique avoir saisi l’État et la Région pour que le projet d’une ligne Dillingen-Bouzonville-Thionville-Luxembourg soit inscrit au prochain contrat de plan État-Région (CPER). Pour rappel, le Département de la Moselle, en lien étroit avec ses partenaires rhénan-palatins, était déjà intervenu pour renforcer, avec succès, la ligne Metz/Trèves.

Au registre des dossiers à venir, le président du Département confie suivre de près le projet luxembourgeois visant à développer un tram rapide entre Luxembourg-ville et Esch-sur-Alzette d’ici 2028. Avec là encore pour ambition d’étudier, avec le Grand-duché, les opportunités de lui faire franchir la frontière au bénéfice des territoires du nord mosellans et des nombreux frontaliers qui y vivent. « La crise a également favorisé l’émergence d’un nouveau phénomène : le télétravail. Cette forme d’organisation du travail, basée sur les technologies de l’information et de la communication, a des impacts sur l’aménagement du territoire. Le Département a pour atout de disposer d’un réseau fibre optique, particulièrement performant. Mais nous devons mener une réflexion approfondie et transfrontalière sur le télétravail afin de bien identifier les nouveaux enjeux qui se dessinent et d’apporter des solutions pertinentes aux Mosellans et à nos territoires », conclut le Président.


Gommer les barrières linguistiques

Favoriser la mobilité transfrontalière, c’est aussi agir pour permettre à tous les citoyens de la Grande Région de communiquer, d’échanger, de se comprendre et de mieux se connaître. Le Département de la Moselle est très investi dans ce domaine comme le confirment trois grands projets. 

  • SESAM

SESAM’GR est le premier programme transfrontalier éducatif à réunir, auprès du Département de la Moselle, 22 partenaires de tous les versants de la Grande Région (Lorraine, Sarre, Rhénanie- Palatinat, Wallonie, Ostbelgien, Luxembourg), incluant non seulement les ministère de l’éducation de chaque versant, mais également des structures de statut divers : collectivités, institutions, associations, universités…

Initié et piloté par le Département de la Moselle, ce programme, soutenu par l’UE dans le cadre du programme Interreg VA GR bénéficie d’un budget  global de plus de 8.7 M€ sur 5,5 ans. Il s’adresse aux jeunes et aux pédagogues et a pour objectif de former le citoyen de demain et de favoriser l’apprentissage des langues et cultures des voisins.  

Dédié au plurilinguisme, à l’interculturalité/citoyenneté européenne et à la préparation des jeunes aux perspectives professionnelles dans la Grande Région, il offre aux jeunes, en temps et hors temps scolaire, des réponses pour vivre, évoluer, et travailler dans un espace régional transfrontalier attractif et compétitif.

Ce programme d’accompagnement axé sur la mobilité des jeunes et des pédagogues au travers d’échanges et de rencontres thématiques, de projets communs (assistants de langue, guide des stages en Grande Région, développement de jeux numériques sur la découverte de la Grande Région, et sur la citoyenneté européenne, conférence d’experts…) a déjà impliqué pour le 90 000 jeunes de 3 à 18 ans et 4 000 pédagogues. 

  • EDUCO

C’est un projet cofinancé par l’Union Européenne via le programme Interreg VA GR qui rassemble  auprès du département de la Moselle, des partenaires du monde éducatif français (Région Grand Est, Département de la Meurthe et Moselle, Rectorat de l’académie Nancy Metz et GECT Alzette Belval)) luxembourgeois et sarrois. L’ambition est de parvenir à mobiliser les partenaires autour de la conception  d’une offre scolaire franco-luxembourgeoise adaptée au march du travail et de la construction d’un  collège franco-luxembourgeois en Moselle. Le Département et l’ensemble de ses partenaires travaillent actuellement à la finalisation de cette proposition. 

  • LA MAISON NUMÉRIQUE DES LANGUES

Également initiée par le Département, elle verra le jour dans le courant de l’année. Si SESAM Gr s’adresse tout particulièrement aux jeunes scolarisés, la Maison Numérique Des Langues est destinée aux adultes. Elle se présente comme une plateforme de conseils et d’orientation vers une formation personnalisée d’apprentissage des langues telles que le français,  l’allemand, le luxembourgeois ou encore l’anglais. Un sérieux atout pour doper son « employabilité transfrontalière » !