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Cela fait plus d’un an que Mista, le projet visant à créer une école d’ingénieurs, pédale dans la choucroute. Depuis, Metz a eu droit aux cacahuètes, à la ratatouille et aux salades. À l’heure du dessert, cerise sur le gâteau, l’Université de Lorraine ferme la cantine.   

Initié il y a 4 ans, la création d’une école d’ingénieurs à Metz, est alors saluée de toutes parts. Mista est un projet aux petits oignons ! La preuve : le 2 novembre 2016, la création d’une deuxième école d’ingénieurs à Metz émanant de l’Université de Lorraine était adoptée, à l’unanimité, au conseil du Collégium des écoles d’ingénieurs de L-INP de l’Université de Lorraine. Le 18 janvier 2017 encore, le Collégium adopte, toujours à l’unanimité, l’ouverture de Mista pour la rentrée 2018-2019 !

Mais depuis, on s’agite du côté des cuisines. Alors que Mista mijotait gentiment, tout est parti en vrille depuis 12 mois. Les uns ont jeté de l’huile sur le feu en remettant en cause les votes pourtant unanimes visant à créer l’école. D’autres ont voulu faire évoluer le contenu du projet expliquant qu’il manquait de saveurs. Le chef Pierre Mutzenhardt, président de l’Université de Lorraine (UL), s’est également retrouvé sur le grill, le 25 février 2019, du côté de Metz Métropole, afin d’expliquer aux élus messins pourquoi Mista se faisait attendre.

À Metz, il y a une école d’ingénieurs et plus d’une dizaine à Nancy. Alors forcément, les élus s’interrogent, s’inquiètent, s’énervent surtout que les cuisines ont beau être fermées de l’intérieur, cela Il aura donc fallu curieusement 2 ou 3 ans pour se rendre compte que le projet qui s’inscrit, bien évidemment dans un cadre, une procédure, ne serait pas bon, indigeste ?vire à la ratatouille ! Et de surcroît, celaa sent bel et bien le brûlé !  Le fameux « Mista se fera N+1 » du président, sans même préciser à quoi correspond ce N, vaut à lui seul  son pesant de cacahuètes.

Le 26 avril marque l’arrivée d’un énième cheveu dans la soupe. Le conseil du Collégium des Écoles d’Ingénieurs de l’Université de Lorraine se prononce en défaveur du projet Mista. Tant pis si ce vote ne figurait pas au menu du jour : « le conseil de Collégium L-INP nonobstant la nécessité d’augmenter le nombre d’ingénieurs formés au sein de l’Université de Lorraine, après avoir pris connaissance de l’ensemble des éléments d’analyse élaborés en concertation avec le comité Mista, les avoir étudiés, constate un fort recouvrement avec les formations existantes et juge qu’il n’est pas opportun de créer une nouvelle école d’ingénieurs Mista au sein de Lorraine INP à l’UL ».

Il aura donc fallu curieusement 2 ou 3 ans pour se rendre compte que le projet qui s’inscrit, bien évidemment, dans un cadre, une procédure, ne serait pas bon, indigeste ?

Pierre Mutzenhardt s’est empressé de réagir. « L’expression du conseil de collégium n’était pas prévue dans le cadre de ce conseil et je regrette vivement cette prise de position sur la base d’un dossier encore en cours de travail », indique-t-il dans un communiqué avant de souligner : « je ne renonce pas pour autant à développer une nouvelle formation d’ingénieurs à Metz ». Pierre « J’ai cru en l’Université de Lorraine à travers Mista, mais en réalité, concernant son enseignement supérieur et sa recherche, Metz est condamné à rester petit »Chevrier, le directeur de l’Enim à Metz (et membre du collégium) est plus catégorique : « Le projet Mista est définitivement arrêté. Mais cela ne veut pas dire que nous avons cessé de discuter d’une nouvelle formation d’ingénieur à Metz ».

Mais pas d’école, pas de Mista. Après avoir pédalé dans la choucroute pendant plus d’un an, pour des raisons qui restent obscures, le projet est abandonné. Rideau. 

« Cette délibération votée en catimini et non inscrite à l’ordre du jour du conseil du Collégium du 26 avril 2019, est juste contre Mista, contre Metz et contre la Moselle. En réalité, nous assistons à un enterrement de première classe du dossier d’école d’ingénieurs Mista, sur Metz, par Nancy. J’ai cru en l’Université de Lorraine à travers Mista, mais en réalité, concernant son enseignement supérieur et sa recherche, Metz est condamné à rester petit » a réagi Nidhal Rezg, professeur des Universités, directeur du LGIPM, cheville ouvrière de Mista qui, se faisant, souffle, à son tour, sur les braises.

Il n’ignore pas qu’à Metz, alors qu’approchent les élections municipales, il n’est pas question de se voir priver d’une nouvelle école d’ingénieurs, surtout qu’elle répond à la nécessité de former davantage d’ingénieurs. « Il faut, a minima, réviser la gouvernance de l’UL, assurer une représentation minimale messine au CA et partager équitablement les responsabilités exécutives », tonnait déjà François Grosdidier, sénateur de la Moselle et conseiller métropolitain de Metz-Métropole dans un communiqué de presse, en avril. Jusqu’à provoquer la colère de Patrick Weiten, président du Département de la Moselle : « Ce qu’on vit est scandaleux. On ne peut avoir un président de l’Université qui dit « le projet Mista est intéressant, il mérite d’être bonifié » et de l’autre un collégium qui vote contre et élimine presque définitivement le projet. Je ne peux pas l’accepter. Je pose la question: a-t-on une vraie volonté de développement à Metz de l’Université de Lorraine ? »

Après les cacahuètes, la ratatouille et les salades, place, donc, à la distribution de marrons.