Suite au vote du 26 avril dernier du conseil du Collégium des Écoles d’Ingénieurs de l’Université de Lorraine en défaveur du projet MISTA, Nidhal Rezg, cheville ouvrière de MISTA, a tenu à faire part de sa réaction.

«  Je tenais d’abord à rappeler que le projet projet MISTA a été confirmé par trois délibérations en 2016, par un avis favorable pour son opportunité par  la délibération 32-2016 du 16 juin 2016, la délibération 84-2016 du 2 novembre 2016 en faveur du projet de création de l’école d’ingénieurs MISTA sur Metz et la délibération du 3-2017 du 18 janvier 2017 entérinant le calendrier de déploiement du projet MISTA.

Le décret et le règlement intérieur de L’UL sont clairs ! Ce sont les Collegiums et les pôles qui décident la création ou la suppression d’une structure ! Le Président Mutzenhardt n’a pas voulu créer Mista suite au vote du 2 novembre 2016 pour le projet de création de l’école d’ingénieurs MISTA sur Metz, pour des raisons politiques ou plutôt électorales dues aux élections de 2017 de l’UL. Si le conseil administration de l’UL avait statué sur la délibération 84-2016 par un “oui” ou par un “non”, nous n’en serions pas là. Il était nécessaire que le conseil administration de l’UL donne un avis sur la création de MISTA et ses conséquences sur l’écosystème des sciences à Metz, ce qui conduit nécessairement à une feuille de route similaire à l’actuelle (adoptée 2 ans plus-tard) avec l’engagement fort en 2016 du Collégium LINP gravé dans le marbre par le CA de la délibération 84-2016.

Que vaut ce nouveau vote d’un point de vue juridique ? On vote et on revote jusqu’à obtenir le bon vote qui convienne à Nancy ! Il faut savoir que le CA de l’UL n’a pas encore statué sur la délibération 84-2016 ! Tout ceci n’est donc pas sérieux, dans cette université où la politique entrave le développement des sites au service des étudiants sachant que, bientôt, notre site messin souffrira de la baisse effective du nombre des étudiants étrangers.
Tout récemment, on a revoté en catimini sans que le président ne soit au courant ? J’ai un grand doute ! C’est, selon moi, un « foutage de gueule » car je n’y crois plus du tout ! Pour ce faire, toutes les pirouettes ont été formulées dans ce dossier comme par exemple : “ MISTA à l’année N+1”, avec N inconnu ! En réalité, nous assistons à un enterrement de première classe du dossier d’école d’ingénieurs MISTA sur Metz par Nancy. J’ai cru en l’université de Lorraine à travers MISTA, mais en réalité, concernant son enseignement supérieur et sa recherche, Metz est condamné à rester petit.
J’ai été stupéfait quand j’ai lu les écrits du président de l’UL adressés au Collegium LINP, “… je regrette…”, “et si je peux également comprendre que les premières années de développement de ce projet ne se sont pas déroulées dans des conditions satisfaisantes…” ! C’est inadmissible et c’est humiliant pour tous les collègues et pour moi-même qui avons contribué au projet durant ces quatre dernières années, car le travail a été mené dans de très bonnes conditions, avec sérieux et respect des procédures du CLINP en 2016.

En effet, c’est fort de la délibération du 2 novembre 2016 que le comité a continué à travailler pour présenter un projet cohérent, innovant et répondant aux besoins de former plus d’ingénieurs quantitativement et qualitativement. Le mode de recrutement et les orientations proposées ont été discutés dans le cadre d’un groupe de travail composé de certains directeurs et le directeur actuel du Collegium de LINP en faisait partie. Nous avons été salués à cette époque au sujet de l’originalité de nos orientations et de ses complémentarités à rapport à l’existant. Le CLINP a approuvé MISTA dans le cadre de sa stratégie pour augmenter le nombre d’ingénieurs formés au sein de l’UL, en recherchant de nouveaux canaux de recrutement ainsi que des moyens supplémentaires pour le développement du Collegium. Ces objectifs restent toujours d’actualités pour le CLINP et pour l’UL.

Le génie Civil est la spécificité de l’UFR MIM et son originalité au sein de l’Université de Lorraine et l’ancien directeur de l’ENSG était un grand souteneur de MISTA aussi pour cette orientation qui ne concurrençait pas son école. On apprend aujourd’hui que cette orientation est devenue une faiblesse du dossier MISTA ! C’est incroyable mais c’est normal car, lorsque l’on veut tuer son chien, l’on dit qu’il est enragé…

La manœuvre est claire. On veut laisser encore subsister l’espoir que MISTA verra peut-être le jour et ce, jusqu’aux élections municipales. Passé ce délai, le dossier sera “incinéré”. Nous serons alors encore plus humiliés et ridiculisés !

Il est temps maintenant de tirer toutes les conclusions et les leçons de cette affaire pour Metz et l’apport de cette université dite “Lorraine” pour nous, enseignants chercheurs à Metz. »