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Suite et fin, la nouvelle école d’ingénieurs de Metz ne verra pas le jour. MISTA est enterrée.

« MISTA n’aboutira pas car tout a été monté dans le mauvais sens » ! » a indiqué Pierre Mutzenhard, le président de l’Université de Lorraine dans les colonnes du RL, daté du 14 juillet dernier. Voilà qui est clair. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas ces derniers mois. Loin s’en faut. Mais c’est sacrément inquiétant aussi… Ce qui ne ferait pas mentir l’adage qui prétend que lorsque l’on veut noyer son chat, il convient de l’accuser de la rage.

Souvenons-nous. Les premières discussions et travaux sur ce projet auquel adhère toute une équipe, alors pilotée par le Professeur Nidhal Rezg, remonte à 5 ans déjà. Cela fait près de 3 ans que la création d’une nouvelle école d’ingénieurs à Metz a été votée, à l’unanimité, par le collégium L-INP (en novembre 2016). Il y a un an encore, en novembre 2018, alors que des voix s’élèvent (notamment celles des élus messins et mosellans) pour dénoncer le fait que le projet MISTA n’avance pas, le conseil d’administration de l’Université, présidé par Pierre Mutzenhardt, dévoile une feuille de route laissant entendre que MISTA allait bel et bien se faire. Une nouvelle date d’ouverture est même précisée : 2021. Et, stupéfaction, le président de l’Université se rend aujourd’hui compte que le projet est mal monté ! Cinq ans pour constater soudainement que le projet ne tient pas la route ! Fichtre. Le goéland avait du plomb dans l’aile et personne n’aurait rien vu… Comment est-ce devenu possible ? Comment un projet salué à de multiples reprises, par les élus, les industriels, les universitaires et même Pierre Mutzenhardt en personne, peut-il finalement s’avérer bancal, après toutes ces années de travail ? Curieux. Très curieux même. En tout cas, cette annonce, faite la veille des vacances d’été, confirme que Metz et la Moselle ne pèsent pas bien lourd au sein de l’Université de Lorraine. Une situation que ne manquent pas de dénoncer plusieurs élus messins et mosellans de tout bord. Et cela avec d’autant plus de vigueur que les élections approchent…

Il n’empêche, la Moselle industrielle affiche de vrais besoins en matière de formation des ingénieurs. Il va bien falloir pourtant y répondre ! Et beaucoup plus sérieusement.