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Face aux attaques racistes, sexistes, islamophobes, antisémites, Marianne mérite mieux qu’une lâche résignation. Ne laissons pas les loups dévorer les agneaux au nom de l’identité nationale. Voilà ce que rappelle Fatou Diome dans son ouvrage Marianne porte plainte chez Flammarion.

« Contre ceux qui disent défendre son identité mais, en réalité, se servent grossièrement d’elle pour asseoir leur funeste dessein, Marianne porte plainte ! Contre les indifférents, les fatalistes inconscients, qui laissent une clique de petits Français, indignes des grands d’hier, démolir les valeurs de la République et s’accaparer l’identité de la France, Marianne porte plainte ! Qu’auraient dit Clémenceau, de Gaulle, Jaurès, Blum et Mendès-France ? Seuls les lâches et les complices laisseront les loups déposséder Marianne de sa dignité, sans livrer bataille ! Marianne porte plainte ! ».

Fatou Diome n’est ni lâche, ni complice. Alors, munie de sa « sagaie sérère », sa « plume », elle entend faire « craquer quelques souches ». L’auteur s’interroge sur le concept d’identité nationale, sur la place qu’elle occupe dans le débat politique, sur les excès de ses défenseurs, mais aussi sur l’instrumentalisation de la laïcité. Elle propose aussi, notamment, de mettre en avant l’éducation, pilier crucial pour la construction d’une nouvelle identité nationale. « Contre la segmentation de la communauté nationale, apprenons à mieux nous connaître les uns les autres. Le goût du couscous ne suffit pas comme idée du Maghreb et le Thiéboudjène sénégalais, bien que savoureux, n’a jamais révélé à personne la teneur d’un poème de Birago Diop ni ce que Les Contes d’Amadou Coumba divulguent de la culture africaine », écrit-elle.

Fatou Diome est née au Sénégal. Elle arrive en France en 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles La Préférence nationale (2001) ainsi que deux romans Le Ventre de l’Atlantique (2003) et Kétala (2006).