Vestige©Tingting Wei

Des étudiants de l’École Supérieure D’Art de Lorraine portent un regard décalé sur l’archéologie avec l’exposition photographique Archéologie imaginée au Musée de la Cour d’or : l’histoire d’un dialogue entre deux pratiques.

Xavier Margarit et Renata Dupond, respectivement conservateur régional adjoint de l’archéologie de la DRAC du Grand Est et responsable du pôle Archéologie Préventive de Metz Métropole, utilisent fréquemment la photographie pour un usage documentaire. Désireux de lui donner une autre dimension, ils ont sollicité un regard extérieur : celui de dix-sept étudiants en troisième année à l’École Supérieure d’Art de Lorraine. « Nous percevions un aspect artistique dans cette pratique de la photographie dans l’archéologie, expliquent les archéologues. Nous avons transmis aux étudiants notre vision de la discipline, puis les avons laissé se l’approprier ». Discussions, visites de chantiers de fouille, de lieux tels que la Maison de l’Archéologie Préventive ou le Centre de conservation et d’étude de Lorraine ainsi que du Musée de la Cour d’or ont été organisées au cours de l’année scolaire pour inspirer les créations à venir.

Cinq thématiques ont été proposées : vestige, réserve, palimpseste, musée, hypothèse. « Cette collaboration a ouvert des perspectives aux étudiants, que l’on a encouragé à produire immédiatement, et à ne surtout pas être dans une approche documentaire » indiquent Constance Nouvel et Agnès Geoffray, enseignantes à l’ESAL. Les 80 œuvres finalement retenues pour être exposées dans le hall du Musée de la Cour ont donc pris des chemins de traverse. Le résultat, volontiers poétique et habité par une certaine esthétique de la ruine, évoque la relation au temps, la notion de fragment ou encore d’empreinte. « Nous avons souvent été surpris, mais nous n’en attendions pas moins, commentent les archéologues. Ces œuvres, à la croisée des disciplines, ont quelque chose d’universel. »

Du 16 octobre au 5 janvier au Musée de la Cour d’or
musee.metzmetropole.fr