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Si vous doutiez encore de la classe à l’italienne, Milan saura vous faire changer d’avis. La patrie de Bugatti et Visconti a la mode chevillée au corps, et bien d’autres dessous affriolants à dévoiler aux visiteurs. Culturelle, vivante et moderne, cette ville d’un Nord choyé par les beautés vous fera perdre la tête.

Le nord de l’Italie a de quoi vous faire tourner la tête. Venise, Florence, Pise, les célèbres Cinque Terre, Rome bien sûr, comptent parmi ses joyaux les plus étourdissants. Sans oublier Milan. Elle, c’est la classe, et ce n’est pas Aldo Maccione qui le dit. Car la capitale lombarde, et ce n’est un secret pour personne, en pince grave pour la mode. Une simple déambulation dans la Via Monte Napoleone suffit à s’en convaincre. L’épicentre du luxe, avec ses boutiques griffées et ses bijouteries. Le Milan des grandes marques, symbole de cette haute couture conçue pour éblouir. Mais celle qui a vu naître, entre autres, Luchino Visconti, Ettore Bugatti ou encore le sulfureux Berlusconi, ne se limite pas à ses safaris shopping, ni à ce doigt tendu qui a tant fait jaser devant le siège de la bourse italienne – œuvre de l’irrévérencieux sculpteur Maurizio Cattelan -, qui ferait presque offense à l’élégance de cette cité transalpine.

C’est aussi une ville où il fait bon manger (nous sommes en Italie après tout), gastronome jusqu’aux bouts des ongles. Gourmande aussi. On pourrait à ce titre citer l’emblématique Panettone, dessert maison consommé habituellement à Noël, dont la silhouette dodue est à elle seule une incitation au café, son compagnon idéal. Cette épicurienne moderne et vivante aime varier les plaisirs et les styles, à l’image des gratte-ciels futuristes de la zone Garibaldi, qui tranchent avec le visage plus classique du cœur historique, abreuvé de trésors et de culture. Ça commence bien évidemment avec sa cathédrale, le fameux Dôme, icône éclatante dont le marbre blanc et la silhouette crénelée agrippent le regard. L’accouchement aura été difficile (6 siècles) mais la souffrance a laissé place à l’admiration. Cerise sur le gâteau : le panorama offert de ses terrasses, avec, par beau temps, la perspective de distinguer la cime des Alpes à l’horizon.

Une visite à Milan passe nécessairement par l’église Santa Maria delle Grazie, qui veille religieusement sur la Cène, célèbre fresque de Leonard de Vinci. Mais aussi la Scala, théâtre d’opéras prestigieux habitué aux superlatifs. Ou encore, non loin de là, la galerie cruciforme Vittorio Emanuele II, resplendissante du haut de ses 152 ans, avec son impressionnante verrière. Le lieu aussi d’un drôle de rituel qui consiste à placer son talon droit sur les testicules d’un taureau en mosaïques, et de faire trois fois le tour sur soi-même, ce qui porte chance, paraît-il. Pour profiter de la douceur de vivre à l’italienne, et faire de belles photos, on ne pourra que conseiller le quartier du Navigli, où les maisons se reflètent dans l’eau des canaux. Autrefois industriel, ce secteur plein de charme exhale une atmosphère bohème et artistique. Un cadre idéal pour profiter des couchers de soleil, ou de l’aperitivo, tradition milanaise incontournable qui permet de s’imprégner de l’ambiance locale.

Pour se détendre, le parc Sempione fera l’affaire. Cette oasis d’une cinquantaine d’hectares abrite notamment un aquarium et l’Arena Civica, inauguré en 1806 par Napoléon, et accueille aujourd’hui des compétitions d’athlétisme et des concerts. On pourra aussi aller déambuler dans les allées du monumental cimetière de Milan, qui n’a rien de glauque. Un véritable musée à ciel ouvert où l’art funéraire prend bien des formes, et qui compte parmi ses nombreuses œuvres une réplique à petite échelle de la célèbre colonne Trajane de Rome.


Des pianos dans la ville

 

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Amoureux du piano, ce festival devrait éveiller votre curiosité. Depuis sa création en 2012, Piano City n’a cessé de prendre de l’ampleur dans la capitale lombarde, au point de dépasser son équivalent berlinois (lancé en 2010 sous l’impulsion du pianiste Andreas Kern), dont il s’est inspiré. Trois jours durant, la Mecque du design et de la mode se transforme en une immense salle de concert en investissant aussi bien des espaces publics que privés. Cet événement visant à diffuser la culture auprès de tous – à l’instar de la Photo Week (juin), la Movie Week (septembre) ou encore Book City (novembre) – a été introduit à Milan par le célèbre pianiste et compositeur Ludovico Einaudi. Ce dernier avait d’ailleurs pris part à la soirée d’ouverture de la première édition, en compagnie d’autres pianistes de renom comme le Montréalais Chilly Gonzales ou le Britannique Michael Nyman.

Chaque année, le mois de mai donne lieu à une multitude de prestations à travers la ville, parfois dans des lieux insolites (parcs, cours d’immeubles privées, bibliothèques, tram…). Certaines demeures prestigieuses, habituellement fermées au public, font une exception à cette occasion. En 2018, 470 concerts avaient été donnés gratuitement, pour un total de 50 heures de musique.

Piano City doit son succès à sa programmation riche et variée, mélange de jeunes prodiges et d’artistes mondialement connus. Pour ceux que ça intéresse, la prochaine édition se déroulera du 17 au 19 mai.