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Michel Hirtz a voué une grande partie de sa carrière aux oiseaux du Domaine de Lindre, près de Dieuze dans le sud de la Moselle. Retraité depuis 2016, l’ornithologue n’a pas décroché sa longue vue pour autant.

Michel Hirtz et le Domaine de Lindre, on peut dire que c’est une longue histoire. S’il y a bien une personne capable de vous en parler en long en large et en travers, c’est lui. Durant près de 30 ans, il a veillé sur ce site remarquable et son étang de 600 hectares, classé zone humide d’intérêt international, en assurant le suivi des espèces ornithologiques qui y nichent ou le fréquentent. Celui qui se destinait à une carrière dans l’imprimerie au sein de l’Est Républicain, où son père œuvra en tant que dessinateur, aura finalement consacré une bonne partie de sa vie professionnelle à l’avifaune. D’abord attaché à la pisciculture, plus précisément la reproduction des brochets, le natif de Nancy viscéralement attiré par les oiseaux a commencé à les comptabiliser dès 1992 pour le compte du Conseil départemental de la Moselle, qui gère ce domaine depuis la fin des années 70.

Au cours de sa carrière nourrie par le terrain, l’ancien chargé des suivis environnementaux aura notamment participé à la réintroduction de la cigogne dans le département, avec l’aide d’un spécialiste alsacien. « Il n’y en avait presque plus en France en 1978, aujourd’hui on compte plus de 250 couples en Moselle », se réjouit-il sans fanfaronner. Même satisfaction dans la voix lorsqu’il évoque la réapparition du balbuzard pêcheur ou du pygargue à queue blanche sur le Domaine. Des nouvelles réjouissantes qui jurent avec le contexte actuel, plutôt morose en ce qui a trait à la population volatile, en déclin, en particulier chez les oiseaux domestiques comme l’alouette ou l’hirondelle. « Ça met un peu de baume au cœur de savoir qu’on aura quand même pu faire quelque chose pour préserver la nature », glisse-t-il.

Retraité depuis 2016, Michel Hirtz continue d’entretenir sa passion, en tant qu’auto-entrepreneur, en réalisant des inventaires pour des bureaux d’études. Pour ce résident de Lindre-Basse, le lien reste fort avec l’étang de Lindre, qui lui rappelle l’enfant qu’il a été lorsqu’il a commencé à se passionner pour le peuple ailé. Avec toujours la même fascination pour la migration des oiseaux, « qui garde une part de mystère ». Pas demain la veille que sa longue vue prendra la poussière !