En décrivant sa relation avec le FC Metz, liée à l’enfance et à l’histoire de sa région, le journaliste Stéphane Duchêne capture l’essence même de ce qui fait un supporter dans Metz que un club.

Stéphane Duchêne est grenat et il le restera. Même s’il vit loin de sa terre natale, la Vallée des anges,  et de son équipe de football, le lyonnais d’adoption est fidèle au FC Metz. Au cours de cette histoire d’amour qui dure toujours, les saisons en demi-teinte voire catastrophiques dominent, mais qu’importe. Parce qu’il est tombé dans la marmite un soir d’octobre 1984, radio collée à l’oreille, lorsque le FC Metz bat le FC Barcelone au cours d’un match qui est pour lui « peut-être la mère des remontada en Coupe d’Europe ». Et que c’est cette image-là, celle de onze outsiders combatifs qui sont quasiment ses voisins, qui restera imprimée en lui.

Le FC Metz serait donc « plus qu’un club », comme le laisse entendre le titre de ce court essai, malicieusement emprunté à la devise du géant catalan ? Ou « juste un club » ? Un peu des deux, en fait. Ni plus ni moins que Sochaux, l’OM ou Liverpool, en toutcas. Car lorsque c’est un enfant qui l’adopte, à une époque où les vignettes Panini et les résumés de Téléfoot remplaçaient les multiplexes, la flamme ne s’éteint jamais. Avec une écriture joueuse, volontiers imagée et une bonne dose d’ironie douce-amère, Stéphane Duchêne nous plonge dans sa relation personnelle avec le club de Saint-Symphorien. Il ravive le souvenir d’une poignée de fines lames et de brassées de seconds couteaux, évoque l’histoire sportive mais aussi politique et sociale. Celle du club de la cité bourgeoise adopté par les prolos, des succès de la fin des années 80 et 90 tandis que la sidérurgie perd du terrain. Souvent drôle, parfois émouvant, Stéphane Duchêne donne tout son sens au verbe « supporter » et à cette vision romantique du football qui procure « la joie de rejouer sans cesse son enfance ».

Metz que un club, de Stéphane Duchêne
Ed. Mediapop
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