Corinne Cahen © gouvernement.lu

Le maire de Metz et celui de Trèves, en Allemagne, ont écrit à Emmanuel Macron et à Angela Merkel afin que le duo intervienne auprès du Luxembourg pour obtenir de sa part une compensation financière. Le Grand-duché a déjà répondu : « non ».

Le Luxembourg verse une compensation financière à la Belgique depuis 2002 (30 millions d’euros par an). Genève en verse une à la France. ldem entre le Danemark et la Suède… Alors pourquoi le Luxembourg n’en verserait-elle pas une aux régions de France et d’Allemagne dans lesquelles résident les frontaliers du Grand-Duché ? C’est en substance l’objet du courrier adressé par le maire de Metz, Dominique Gros, Wolfram Leibe, le maire de Trèves, Günther Schartz, Landrat de Trier-Saarburg et Joachim Streit, Landrat de Bitburg-Prüm, à Emmanuel Macron et Angela Merkel. L’ambition est de les informer de la situation mais également de leur demander de se saisir de ce dossier afin qu’une compensation financière du Luxembourg, au profit des territoires frontaliers allemand et français, soit mise en place. Dans leur courrier les signataires rappellent notamment que plus de 100 000 frontaliers habitent le nord lorrain et Metz. « Conformément à la réglementation fiscale applicable aux travailleurs frontaliers, les recettes fiscales (et les cotisations sociales) perçues sur les salaires profitent actuellement au seul Luxembourg, alors, qu’à l’inverse, les services publics (écoles, routes, etc..) sont utilisés par les travailleurs frontaliers essentiellement dans les zones de résidences » écrivent-ils. Conséquence : les frontaliers sont toujours plus nombreux à utiliser ces services mais de moins en moins à contribuer à leur financement. Bref, ça coince et certaines communes sont confrontées à de grosses difficultés financières. Metz et Trèves réclament 200 millions d’euros, par an. Le Luxembourg a toujours refusé de mettre la main à la poche prétextant, entre autres, que cet argent n’ira jamais aux communes. Le gouvernement luxembourgeois, par la voix de sa ministre de la Grande Région, Corinne Cahen a réaffirmé son refus, dès qu’il a pris connaissance de cette lettre. Le duo franco-allemand, ragaillardi dans le cadre du Traité d’Aix-la-Chapelle, a-t-il envie ou la possibilité d’y changer quelque chose… L’avenir le dira.