(© Metz Métropole David Hourt)
C’était loin d’être gagné d’avance mais la communauté d’agglomération de Metz Métropole bénéficie désormais du statut de métropole comme 21 autres territoires, à travers toute la France. Président de Metz Métropole, Jean-Luc Bohl ne boude pas son plaisir. Metz va gagner en visibilité et en dynamisme économique. C’est en tout cas l’ambition.

« Nous avions la dimension économique, la population… Nous avions également le nom sans en avoir la fonction et le statut juridique. C’est aujourd’hui chose faite. L’Assemblée Nationale, en séance solennelle, a décidé la création de 7 nouvelles métropoles en plus des 15 déjà existantes, ont été créées. Et Metz en fait partie », a souligné Jean-Luc Bohl, président de communauté d’agglomération de Metz-Métropole, lors d’une conférence de presse visant à annoncer cette « bonne nouvelle ».

Metz, comme Tours, Orléans, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Toulon et Dijon, se hisse au rang de métropole. Et la satisfaction est d’autant plus grande que la partie était loin d’être gagnée d’avance. « L’interstice était très étroit », confie Jean-Luc Bohl « je crois qu’il aurait été suicidaire de ne pas y aller. C’est une chance historique pour notre territoire car le train ne passera pas deux fois. Fallait absolument le prendre en marche. L’ensemble des maires et d’autres personnes autour de nous se sont mobilisés et ont porté avec beaucoup de conviction cette perspective qui va conforter notre place sur le plan stratégique et économique », « C’est une chance historique pour notre territoire car le train ne passera pas deux fois. »a souligné le Président Bohl qui n’a pas manqué de citer le maire de Metz, Dominique Gros, comme « élément moteur dans ce processus ».

Initiées dans le cadre de la réforme territoriale, les métropoles sont des intercommunalités qui se sont vu confier des compétences nouvelles (et importantes) en matière d’habitat, de politique de la ville, d’aménagement de l’espace, par exemple. Mais aussi, et surtout, dans le domaine économique. « Les compétences sont stratégiques », a précisé le Président citant notamment la participation de la métropole au pilotage des pôles de compétitivité et au capital des sociétés d’accélération du transfert de technologie. De quoi reprendre un peu de muscle alors que Metz (et son agglomération) a dû composer avec la perte de son statut de capitale régionale, dans le cadre de la création de la région Grand Est. L’occasion, aussi, de gagner en visibilité et de se poser en interlocuteur privilégié de la Région (Jean-Luc Bohl est également 1er vice-président de la région Grand Est), à l’égale des deux métropoles du Grand Est, Nancy et Strasbourg.

Concrètement, ce nouveau statut s’accompagne aussi d’un peu plus de latitude sur le plan financier, la dotation par habitant passant de 39,85 euros à 60 euros. « Sur le plan financier, les finances publiques sont compliquées pour les territoires et les collectivités territoriales. Nous n’échappons pas à la règle. Je reste prudent en la matière car nous sommes à une période particulière, avec des échéances électorales. Nous allons entrer en phase de travail avec l’État pour évoquer tout cela. L’accès à des fonds spécifiques est aussi envisageable puisque Nancy a bénéficié de 3,5 millions lors de son passage en métropole. Je dois prochainement rencontrer le Premier ministre avec les présidents des 22 métropoles. Nous aurons des précisions à ce sujet. Pour l’heure, je suis comme Saint Thomas, j’attends de voir », a précisé Jean-Luc Bohl.

En ce qui concerne le calendrier, l’ambition est de devenir une métropole dès janvier 2018. L’agenda peut sembler un peu court pour monter un véritable projet mais la communauté d’agglomération ne part pas de zéro puisqu’elle planchait, depuis des mois, sur sa possible transformation en communauté urbaine (dont la forme est proche de celle de la métropole).

Les prochains mois seront également mis à profit pour rassurer les maires des petites communes qui, pour certains, s’interrogent sur leur devenir au sein de la nouvelle entité (les 44 maires devront aussi confirmer leur accord même si un vote symbolique a été déjà réalisé). Pour discuter aussi, avec les autres collectivités territoriales locales. Pour négocier aussi, notamment avec Patrick Weiten, le président du Département (en tant que député, il n’a pas voté en faveur de la loi) puisque la métropole va se voir confier trois compétences du Conseil départemental. Enfin, il va aussi falloir communiquer en direction de la population pour lui expliquer ce que cette nouvelle métropole compte faire pour elle. Puis, agir.


AVANCER ENSEMBLE

Lors de son intervention, Jean-Luc Bohl a notamment rappelé qu’avec 6 autres EPCI (Sud Messin, Rives de Moselle, Orne Moselle, Portes de France-Thionville, Val de Fensch et Pays Haut Val d’Alzette), Metz Métropole a planché sur la dimension transfrontalière du territoire, dans le cadre du Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internationalisation. Il a pris cet exemple pour souligner la volonté des différentes collectivités locales à vouloir construire ensemble. Cette contribution a d’ailleurs permis de préciser les enjeux et d’avancer des préconisations partagées. Ces relations avec les autres territoires, Jean-Luc Bohl entend les conforter. Le passage de la communauté d’agglo en métropole ne doit pas être perçu comme une menace ou une source d’inquiétude par les autres collectivités, notamment proches. « Il n’est pas question d’opposer les territoires ou de se montrer expansionniste ou impérialiste », précise Jean-Luc Bohl « je suis sur une logique de projets. On doit avancer, ensemble, pas à pas et faire preuve de pragmatisme ».