Du 5 décembre 2014 au 27 avril 2015, dans le cadre des commémorations de 14-18, le Musée de l’Histoire du fer présente Le fer en guerre, armement et équipement du soldat pendant la Grande Guerre. Au détour d’un parcours dans ses collections, cette exposition retrace l’épopée du matériau fer dans cette première grande course aux armements que fut le premier conflit mondial.

Canon 75 Place Stanislas Août 14Car l’Homme est un loup pour l’Homme, parmi les usages du fer, de la fonte et de l’acier, l’artillerie constitue une préoccupation majeure depuis des siècles. En pleine ère industrielle, à la fin du XIXème siècle, les progrès fulgurants de la sidérurgie mènent à la production d’aciers innovants qui sont employés pour la fabrication de blindage, d’obus et de canons. Ainsi, dès 1873 en France, l’on produit des canons à tour de bras et, dès 1914, l’industrie de l’armement s’adapte continuellement à la demande, manne pour les uns, instruments de boucherie pour les autres. En France, aux débuts des combats, tout le monde s’accorde à penser que la guerre sera courte mais, alors que les tranchées se creusent à mesure que le conflit s’enlise, on vient à manquer de munitions.

L’industrie de l’armement s’adapte continuellement à la demande, manne pour les uns, instruments de boucherie pour les autres…

L’ingénierie se doit de progresser pour suivre le mouvement : les obus grossissent, les projectiles allongent leur portée, les blindages se durcissent, et peu à peu, l’on perfectionne les techniques de production sidérurgique pour répondre à cette première grande course aux armements du monde. C’est dans ce contexte incroyable que l’on se met à produire dans les usines françaises le « glorieux soixante-quinze », la « terreur des Boches » selon la propagande de l’époque, dont la cadence de tir, qui peut aller jusqu’à 28 coups par minute, en fait la plus efficace, donc la plus mortelle des armes de campagne. C’est à cette hallucinante évolution à laquelle a donné lieu la guerre de 14-18, que se consacre l’exposition du Musée de l’Histoire du fer. Au-delà de ces stratégies sidérurgiques de l’armement, ce sont tous les développements qui sont évoqués, des modifications de l’uniforme, initialement garance puis bleu horizon, jusqu’aux manœuvres en passant par des témoignages photographiques et écrits, les bardas successifs dont on accoutrait les soldats, les échantillons de blindages et les machines-outils. Ainsi, au travers d’objets métalliques et de toute une précieuse iconographie, le Musée de l’Histoire du fer parvient-il à restituer avec force, au travers de ses collections permanentes, cette mortelle épopée qui bouleversa l’industrie, les frontières, les reliefs et surtout bien des vies.


DIRES ET FER

Modèle 1897 d'un canon 75 (© DR)

Modèle 1897 d’un canon 75 (© DR)

Le Musée de l’Histoire du fer de Jarville-la-Malgrange présente une collection permanente retraçant l’évolution sur 4000 ans des techniques de production du fer, de la fonte et de l’acier dans leurs contextes économiques, sociaux et culturels. Ainsi, de l’âge du fer jusqu’au XXème siècle, quatre millénaires d’utilisation d’un matériau qui a fondé nos civilisations sont-ils représentés chronologiquement, de l’outil rudimentaire à l’arme de guerre en passant par l’architecture et même la mode. Maquettes, objets originaux, plans, iconographie, et depuis peu, éléments de construction du génie Jean Prouvé, à qui est dédié d’ailleurs un espace spécifique, agrémentent une compilation prompte à mettre en exergue la diversité d’utilisation du fer et son implication dans nos vies quotidiennes depuis sa maîtrise originelle jusqu’à l’ère industrielle. Et car comprendre l’Histoire sous l’angle de ce matériau ne saurait se concevoir sans une mise en perspective vivante, parallèlement à l’exposition dédiée à la Grande Guerre, les 12 et 13 décembre, le musée propose un spectacle son et lumière où se mêlent musique contemporaine, danses, récits de poilus et soldats des régiments d’Afrique. Des ateliers pédagogiques et des animations sont en outre régulièrement proposés aux enfants.

Musée de l’Histoire du Fer, Avenue du Général de Gaulle à Jarville-la-Malgrange(54).
Ouvert du lundi au vendredi de 14 h à 18h et les week-end et jours fériés de 10h à 12h et de 14h à 18h. Fermé le mardi.