C’est « un rêve de gosse » que réalise Thierry Murat en adaptant chez Futuropolis le roman Le Vieil homme et la mer d’Hemingway. Il y donne vie et couleurs à l’océan, au ciel, autour du combat homérique de l’homme contre la nature. Paru chez Futuropolis.

Le vieil homme et la merÀ l’image du vieux, héros du roman écrit par Ernest Hemingway, récompensé par le Prix Nobel de Littérature en 1954, l’auteur Thierry Murat s’est confronté à un monstre, un monument qui constitue pour de nombreux lecteurs une œuvre dense et cosmique malgré le nombre réduit de ses pages. Il a choisi d’en faire une adaptation libre, revendiquée, y intégrant un changement de point de vue : plus de narrateur omniscient, mais la voix de Manolin, le jeune garçon cubain du roman qui accompagnait le vieux à la pêche avant que celui-ci ne soit frappé par la malchance. Au début de l’album, « le gamin » est attablé face à un homme blanc, solide et barbu, à qui il conte l’histoire de ce marin obstiné avec lequel il évoque souvenirs d’Afrique et matches de baseball. On retrouvera l’homme dans les dernières pages, face à sa machine à écrire… 
Lorsque la barque du vieux s’éloigne vers le large, au début de son 85ème jour sans prise et après les trente premières pages de l’album, l’océan envahit chaque case. La lutte entre le pêcheur et l’énorme poisson qui finit par mordre à sa ligne, et qui l’entraîne toujours plus loin vers l’horizon, est dès lors commentée à voix haute par le vieil homme, gagné par le respect pour son formidable adversaire, chacun mettant toute son expérience et sa vigueur dans la lutte. Pour Murat, c’est l’occasion de réécrire quelques dialogues pour donner vie à « son » vieux, et, grâce aux journées et aux nuits qui s’enchaînent, de peindre le ciel et l’océan, la nuit noire, la surface de l’eau, les levers et couchers de soleils, répandant couleurs chaudes et froides. Une autre façon de rendre hommage au combat digne et fier entre le vieux et l’esprit de la nature, qui s’agite au bout de sa ligne et jusque dans son cœur et son âme.