Mussolini a été un bon dictateur et le fascisme aurait de bons côtés. C’est en tout cas ce que laissent entendre certains nationalistes. L’historien Francesco Filippi a démêlé le vrai, du faux.

Le fascisme aurait inventé la retraite pour tous et donné un toit à chaque Italien. Mussolini aurait également redressé l’économie de l’Italie. Défenseur de la justice, il a combattu la mafia. Il était aussi un féministe dans l’âme ! Avec lui, même les trains étaient à l’heure ! Bref, Mussolini aurait finalement été un grand dirigeant. Il n’avait pas que des qualités, certes, mais il fut un « bon » dictateur, quasi humaniste. Comme quoi le fascisme a également de bons côtés, finalement. C’est en tout cas, ce que laissent entendre les nostalgiques de Mussolini, les nationalistes et autres adeptes du fascisme qui s’attachent à propager la bonne parole dans la presse, des livres, aujourd’hui les réseaux sociaux. Une information en chasse une autre, alors peu importe que ce soit vrai ou pas. « Un mensonge répété cent, mille, un million de fois, deviendra vérité », dirait Goebbels, le ministre nazi de la propagande. Avec ce livre, Francesco Filippi entend rétablir la vérité. L’auteur s’est replongé dans les lois de l’époque, il a décortiqué les affirmations, les informations et les manipulations de l’histoire, il s’est attaqué aux mythes entourant le fascisme et à la propagande. Le résultat ? Un salutaire manuel d’autodéfense politique pour en finir avec un passé fantasmé qui crédite le fascisme de réalisations sociales et économiques bénéfiques alors qu’il n’en est rien. Et il importe de le faire savoir à l’heure où le populisme gagne du terrain partout en Europe. Historien italien, Francesco Filippi est un spécialiste de l’histoire des mentalités.

Y-a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini, une amnésie historique de Francesco Filippi, Éd. La librairie Vuibert